Enjeu 2 : gestion économe de la ressource en eau

Dernier ajout : 30 septembre 2015.

Eso2La gestion économe des eaux souterraines est un enjeu afin de répondre aux besoins de tous les usagers.

Les prélèvements dans les eaux souterraines diminuent depuis 2003. Néanmoins, la répartition inégale de la zone de productivité de la nappe de la craie implique des transferts d’eau entre territoires pour garantir un accès à l’eau pour tous. Les fermetures de captages complexifient la situation. Il est donc nécessaire de maintenir la vigilance sur la gestion quantitative de la ressource en eau souterraine et assurer
une gouvernance adaptée à cet enjeu interdépartemental.

Si la nappe de la craie présente un bon niveau quantitatif à surveiller, ce n’est pas le cas de la nappe des calcaires Carbonifère de Roubaix-Tourcoing qui a fait l’objet de prélèvements excessifs en région lilloise et en Belgique par le passé, au regard de sa capacité de rechargement (la nappe se recharge grâce à l’eau de pluie qui s’infiltre, en cas de prélèvements plus importants que la recharge, la nappe se vide petit à petit). Depuis 2004, les actions menées ont permis de stabiliser son niveau.

Par ailleurs, le développement de l’artificialisation des sols et de certaines pratiques agricoles a augmenté le ruissellement des eaux pluviales vers les cours d’eau au dépend de l’infiltration et du rechargement des nappes.

Enfin, le changement climatique pourrait se traduire par une augmentation des périodes de sécheresse au cours du siècle (voir description des pressions). Il demeure toutefois difficile de prévoir quelles seront ses conséquences sur le rechargement des aquifères et sur les prélèvements en eau. Cet aspect constitue par ailleurs un enjeu de connaissance.

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Les marges de progrès

- 1.1 : Encourager toutes les mesures dédiées à la limitation des consommations d’eau en favorisant par exemple la vente d’appareils ménagers sobres, ou en modifiant les comportements (eau de lavage des voitures, jardins, etc.).

- 1.2 : Promouvoir les doubles circuits d’eau notamment dans les habitations individuelles.

Éviter les fuites dans les réseaux apparait une priorité incontournable dans le cadre des responsabilités des gestionnaires de la distribution d’eau potable.

Indicateur : Le rendement des réseaux d’alimentation en eau potable Artois-Picardie au 31/12/2009 est de 77 %, soit de 1 % supérieur au rendement moyen national [1].

- 3.1 - Limitation de l’imperméabilisation.
Indicateur : évolution des surfaces imperméabilisées.

- 3.2 - Amélioration de l’infiltration des eaux dans les terres agricoles.

Voir le facteur de progrès « Prévention du ruissellement et de l’érosion sur les terres agricoles » dans le chapitre eaux superficielles.

(disponibilité en eau potable, protection des aires d’alimentation des captages, etc.).

Cet indicateur est très difficile à suivre et ne porte que sur les Plans Locaux d’Urbanisme revus ou adoptés : on en comptait 13 sur 19 en 2011 dans le Nord et 6 sur 31 dans le Pas-de-Calais.

en s’appuyant sur les schémas départementaux d’Alimentation en Eau Potable (AEP), en ajoutant une analyse interdépartementale et de bassin, ainsi qu’un volet prospectif.

[1Tableau de bord SDAGE AEAP

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Schémas départementaux d’Alimentation en Eau Potable (AEP)

Le département du Pas-de-Calais s’est doté en 2008 d’un schéma directeur départemental pour l’eau potable. Celui-ci se divise en 3 phases : l’état des lieux (ressources, consommation, patrimoine, niveaux de connaissance,…), le diagnostic de la situation actuelle et à court terme, une proposition de programme d’actions dont le but est de favoriser un développement cohérent des moyens d’alimentation à l’échelle du département. Les actions proposées sont priorisées et les territoires où les déséquilibres ressource/besoins sont (et/ou risquent d’être) les plus forts sont ciblés. Les solutions portent notamment sur la recherche de nouvelles ressources, la réalisation d’interconnexions entre collectivités (mise en lien des territoires déficitaires en eau avec des territoires où le potentiel en ressource est important) ou l’amélioration du patrimoine et de son suivi (augmentation des rendements).

Dans le département du Nord, il n’existe pas de schéma équivalent. Cela s’explique en partie par le fait que la compétence eau potable est gérée par un nombre beaucoup moins important de collectivités que dans le Pas-de-Calais, où les services sont très fragmentés. De fait, ces grandes collectivités (groupement de communes, syndicats…) occupent des territoires suffisamment vastes pour avoir une vision d’ensemble des problématiques de déséquilibre ressources/besoins et peuvent mettre en œuvre, à leur échelle, une gestion spatialisée de la ressource avec plus d’efficacité.

  • Des territoires dépendants pour leur alimentation en eau potable
  • La nappe du calcaire carbonifère est très sollicitée

    Degré de sollicitation des nappes

  • Des prélévements à maîtriser