Des pressions sur les ressources en eau significatives mais peu quantifiées

Dernier ajout : 10 juillet 2013.

Les transports exercent différentes formes de pressions sur le milieu aquatique : rejets, modifications des écoulements et prélèvements.

Infrastructures routières :

La traversée de champs captants (territoires où les pluies alimentent les captages utilisés pour l’alimentation en eau potable) par les infrastructures exerce potentiellement des pressions : risque de pollutions (accidentelles ou chroniques) par ruissellement et infiltration de polluants et imperméabilisation de surfaces où s’infiltraient les eaux de pluie avant de rejoindre la nappe.

Les systèmes d’assainissement dont sont dotées les infrastructures récentes permettent de mieux protéger les milieux naturels, en régulant les écoulements et en traitant les eaux récoltées. Cependant, les voiries dépourvues de système d’assainissement (bassins de rétention par exemple) rejettent directement dans le milieu naturel. Ces impacts sont, à ce jour, difficilement quantifiables.

Par ailleurs, la création d’infrastructures modifie plus ou moins localement l’écoulement des eaux de surface et peut fragmenter les cours d’eau. Certains ouvrages entravent la circulation des espèces aquatiques et le transport naturel d’éléments solides (graviers, sable…), ce qui modifie les habitats de la flore et la faune.

Le transport ferroviaire occasionne les mêmes pressions que le transport routier.

Il convient également de noter le risque de pollution des eaux lié à l’usage des herbicides pour l’entretien des voies ferrées et des routes (voir pressions sur les sols page suivante).

Infrastructures fluviales et portuaires :

Afin de garantir la navigation des 681 km de voies d’eau dont 236 km de voies à grand gabarit en région Nord-Pas de Calais, plusieurs rivières et fleuves ont été profondément modifiés au point de perdre parfois leur bon état écologique.

Les prélèvements en eaux superficielles à destination de l’alimentation des canaux représentent environ chaque année 150 millions de m3 (Source : AEAP).

Pour permettre la navigation, les dragages des sédiments sont nécessaires, les pressions induites sont traitées dans le chapitre « déchets ».

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Un trafic maritime conséquent :

Le détroit du Pas-de-Calais est l’une des routes maritimes les plus fréquentées du monde : assez étroit (large de seulement 32 km) et souvent peu profond (20 m par endroit), cet espace maritime accueille 20 % du trafic mondial.

L’augmentation du trafic maritime et les tonnages croissants de substances dangereuses (159 millions de tonnes en 2011, 26% des tonnages transportés) représentent des risques environnementaux élevés. 30 % des navires transitant dans le détroit sont conçus exclusivement pour le transport de matières dangereuses. Malgré le dispositif de séparation du trafic dans le détroit, les risques de collision et de pollution accidentelle y sont particulièrement importants.

Aux risques de pollution accidentelle par les hydrocarbures s’ajoutent les risques liés au transport d’autres substances nocives (minerais, soufre, produits chimiques, glycol, etc.), mais aussi celui des pollutions produites lors des opérations de routine illicites (comme le déballastage et le lavage de citernes).

Le fort trafic maritime et les activités portuaires sont également des sources importantes de pollutions chroniques : rejets de déchets, rejets d’eaux usées, pollution atmosphérique par les gaz d’échappement qui retombent pour partie en mer (bilan de santé OSPAR? 2010).

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La Manche-mer du Nord est très exposée aux accidents maritimes. Elle est très sensible d’un point de vue écologique. Depuis les années 1970, plusieurs accidents majeurs ont eu des impacts très importants. De plus, dans la zone des 30 milles nautiques des côtes, on a relevé plusieurs centaines d’épaves (seconde guerre mondiale ou plus récentes). Les risques que présentent les munitions immergées sont de deux types : le risque d’explosion et le risque de libération de produits toxiques. Il existe de nombreuses zones où des munitions ont été immergées (notamment à Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque et Gravelines). Elles sont proches du littoral et concernent des munitions conventionnelles. Une seule d’entre elles contient des munitions chimiques, c’est la fosse des Casquets qui est une zone à surveiller particulièrement.

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Les lois sur l’eau de 1992 et 2006, reprises dans le Code de l’Environnement, imposent aux maitres d’ouvrages des projets d’infrastructures terrestres d’identifier les impacts de leurs projets sur les milieux aquatiques, de proposer des mesures compensatoires éventuelles et de préciser les modalités d’entretien et d’exploitation.
Cependant, de nombreux réseaux antérieurs à ces lois sont toujours dépourvus de système d’assainissement et rejettent encore leurs eaux de ruissellement directement dans le milieu naturel.

  • Le détroit du Pas-deCalais : une des routes maritimes les plus fréquentées au monde

    Source : Google - Marine Traffic

  • Bassin tampon d’une infrastructure

    En cas de pollution accidentelle, il emprisonne les polluants.

Pour en savoir plus