Des pressions significatives sur les eaux liées aux rejets

Dernier ajout : 26 juin 2014.

En zone d’assainissement collectif, malgré l’existence de stations d’épuration, les rejets résiduels directs qui se déversent dans le milieu naturel sans traitement, constituent l’essentiel des pollutions dans l’eau dues aux ménages.

En 2012, 3 750 000 personnes habitent un logement situé en zonage d’assainissement collectif (raccordement à une station d’épuration).
Les mesures réalisées au niveau des stations d’épuration montrent une amélioration des traitements tout particulièrement ces 5 dernières années pour l’azote et le phosphore, avec des rendements épuratoires en 2012 de 75 % pour l’azote et de 96 % en moyenne pour l’ensemble des matières oxydables analysé à travers la DBO5 (Demande Biologique en Oxygène sur 5 jours).

Toutefois, si les stations d’épurations sont devenues globalement performantes, les pertes significatives d’eaux usées sur les réseaux d’assainissement ont lieu :
- En amont, 10 à 15 % des effluents n’arrivent pas dans les réseaux d’assainissement du fait de problèmes tels qu’une desserte non réalisée, un défaut de raccordement sur le réseau, un défaut de canalisation (cassure de tuyau) ou des déversements complémentaires non identifiés à ce jour ;
- Ou au niveau des déversoirs d’orage vers le milieu naturel (10 à 15 % des flux destinés à être traités en station d’épuration). Dans les réseaux, très majoritairement non séparés des eaux pluviales et insuffisamment dimensionnés en cas de fortes pluies, de nombreuses surverses ont lieu dans le milieu naturel.

La part de logements non raccordés à un réseau et sans assainissement est estimée à 5,8 % en 2008, pour une moyenne en France métropolitaine de 1,8 %.
Ainsi 300 000 personnes habitent un logement situé en zonage d’assainissement non collectif, ils pratiquent donc l’assainissement individuel et ne sont pas raccordés à une station d’épuration. De l’ordre de 80 % de ces logements ont une installation défectueuse ou absente. (Source : SOeS? - SSP, Enquête Eau 2008).
Enfin, il est à noter que, au niveau du bassin Artois-Picardie, 94 % des rejets en matières organiques et 85 % des rejets en phosphore sont liés à l’activité domestique (AEAP).
Une autre pollution des eaux, mal quantifiée, provient des traitements phyto-sanitaires dans les jardins.

Enfin, les ménages contribuent indirectement à la pollution de l’eau par leurs émissions dans l’air de HAP? (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) issus par exemple de la combustion de chauffages au bois ou au charbon peu performants et autres fumées. Ils se redéposent dans les eaux.

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Micropolluants et perturbateurs endocriniens…
Les effluents urbains sont composés d’une grande diversité de composés chimiques. Certains de ces composés possèdent des effets perturbateurs endocriniens (Source : INSERM), notamment :
- Des phtalates (issus de plastiques et de cosmétiques) ;
- Des résidus médicamenteux (médicaments, pilules, etc.) ;
- Des dérivés phénoliques (issus de désinfectants, de cosmétiques, de plastiques) ;
Micropolluants et perturbateurs endocriniens…
- Des pesticides utilisés sur les voiries ;
- Des alkylphénols (issus de détergents, de plastiques).
Les stations d’épuration ne sont pas conçues pour traiter efficacement ces substances, il est donc nécessaire de traiter ou supprimer ces rejets à la source avant qu’ils n’arrivent dans les réseaux.

  • Une pollution domestique des eaux de surface, due essentiellement aux défauts de raccordement et débordement en cas d’orage.

    Exemple du flux en DBO5 dans le milieu en tonnes par jour
    Source : DREAL 2012

  • Le Nord Pas-de-Calais fait partie des quatres régions de France métropolitaine dont la part de logements sans assainissement est la plus forte

    Part des logements non raccordés à un réseau et sans assainissement individuel performant, en 2008
    Source : SOes-SSP, enquête « eau -
    assainissement » - 2008

  • Des prélèvements en eau potable effectués essentiellement dans les eaux souterraines, avec un tendance à la baisse

    Les prélèvements en eau potable se situent à 66 m3/hab en 2009, pour une moyenne française de 89 m3/hab. Pour la consommation domestique régionale, la région est la plus économe de France métropolitaine, avec 39,8 m3 par an (soit 109 l/j/hab).
    La différence entre les prélèvements et les consommations domestiques s’explique par les usages non domestiques et les pertes (le rendement de la distribution régionale est estimé à 76% (Onema 2012)).
    Les usages dits « domestiques » recouvrent les consommations des ménages, mais également celles d‘autres types d’utilisateurs (commerces, services…).
    Source : AEAP (2011)

  • 109 litres d’eau consommés par habitant et par jour contre 151 litres en moyenne nationale

    Données 2008