Un déploiement de l’urbanisation très important

Dernier ajout : 7 octobre 2013.

Les évolutions conjointes des modes de vie, de production et de consommation sont à l’origine d’une artificialisation des sols très forte : plus de 25 % en 20 ans.
L’habitat, les activités économiques (commerces et services, industries dont agroalimentaire…), les infrastructures de transports et les équipements des collectivités consomment tous du foncier d’origine agricole ou naturel.

Le Nord Pas-de-Calais est la deuxième région française la plus artificialisée, avec un taux d’urbanisation près de deux fois plus important qu’en moyenne nationale (17,2 % en région, contre 9,3 % au niveau national). Avec 324 hab/km², c’est aussi la deuxième région en termes de densité de population après l’île de France.

Entre 1998 et 2009, les espaces urbains ont augmenté au rythme de 1 800 ha/an. Les espaces agricoles ont, eux, diminué de 2 500 ha/an tandis que les espaces naturels ont crû de 700 ha/an en particulier les espaces boisés (+ 16 %).

L’extension des espaces artificialisés concerne la quasi-totalité des types de surface. Ainsi, au cours de la dernière décennie, on estime que les surfaces dévolues exclusivement aux activités économiques ont augmenté de + 15 %, celles liées à l’habitat de + 8 %.
L’évolution de la consommation foncière des infrastructures, de l’urbain non bâti et de l’urbain mixte n’est pas mesurée. On estime que leur contribution à l’artificialisation demeure constante dans le temps [1].

Une analyse détaillée montre que la Surface Toujours en Herbe (STH?), principalement liée aux élevages en milieux bocagers, a fortement diminué depuis 1990 (moins 23 % entre 1989 et 2010 alors que la SAU? a perdu 7 %).
Le foncier d’entreprise et les zones d’activités augmentent d’environ 300 ha/an sur la période 2000-2010.

La population régionale n’augmente que légèrement chaque année (+ 0,1 % par an en moyenne de 2006 à 2012, Source : INSEE?). Cela n’explique donc pas l’augmentation des surfaces artificialisées par l’habitat (voir illustrations ci-contre). Cette augmentation, essentiellement péri-urbaine, est due notamment :
- À la forte croissance du nombre de ménages induite par des changements de modes de vie (voir explications dans le chapitre « Ménages et société civile » et dans le chapitre « Bâtiments et construction) » ;
- À la croissance du nombre d’emplois de service nécessitant des bureaux ;
- Aux activités économiques commerciales et logistiques très consommatrices d’espaces ;
- Aux prix élevés, à la faible disponibilité du foncier dans les villes et inversement à leur plus grande disponibilité dans les campagnes.

[1Source occupation de sols, DREAL 2013

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Qu’entend-on par "Espaces Urbains" ?
L’habitat (type et densité variable) mais aussi les commerces (ZAC?, diffus), les services (plus ou moins diffus), les espaces logistiques (ZAC - ZI), industriels (ZI), et les infrastructures et parkings. Carrières et chantiers sont également comptabilisés.

Qu’entend-on par "Espaces naturels et boisés" ?
Les milieux naturels (avec des niveaux de protection variable), les milieux renaturés (anciennes carrières ou chantiers par exemple), les délaissés d’infrastructures, les boisements plantés pour exploitation, les plans d’eau et cours d’eau naturels.

Qu’entend-on par "Espaces agricoles" ?
Les champs, les cultures, les prairies temporaires, ou permanentes, les jachères, les secteurs de maraîchage, les serres et les vergers.

  • La région est la deuxième région la plus artificialisée de France

    Part des espaces artificialisés par département en 2006 et évolution des surfaces artificialisées depuis 2000. Source UE-SOeS, CLC 2006).

  • 25 % d’artificialisation en plus en 20 ans, en lien avec l’augmentation du nombre des ménages et les emplois

    Variations des surfaces régionales consacrées aux espaces urbains, naturels et agricoles au regard de l’évolution des emplois et ménages. Source Terruti lucas

  • La part dévolue aux activités augmente

    En 2009, les surfaces artificialisées annuellement pour l’habitat, l’activité et les infrastructures ont atteint 508 m2 par habitant alors qu’elles représentaient 457 m2 en 1990.