Des modifications du régime d’écoulement des eaux aux incidences importantes

Dernier ajout : 12 décembre 2013.

Le fonctionnement hydraulique naturel du territoire est profondément modifié par l’urbanisation qui segmente, déplace et concentre les écoulements de l’eau.

Les inondations, la pollution des cours d’eau et les atteintes à la biodiversité s’en trouvent aggravées.

L’imperméabilisation des bassins versants liée à l’artificialisation entraîne une accélération et une concentration des flux qui génèrent du ruissellement supplémentaire, des difficultés d’évacuation et aggravent les phénomènes d’inondations.

Ces flux peuvent toutefois être limités par des techniques de gestion des eaux pluviales favorisant leur infiltration ou leur rétention.

L’urbanisation en zone inondable
, qui est aujourd’hui réglementée par les documents d’urbanisme (SCoT?, PLU?) à jour, génère et augmente les risques d’inondation (voir le chapitre « Bâtis et constructions » - en région, on estime à 1,74 million de m² la surface des constructions de plain-pied concernées par une inondation centennale). Plusieurs facteurs contribuent à ces inondations.

Le pouvoir tampon naturel des zones humides et marais profondément modifiés par l’activité humaine, a été très affaibli. Historiquement, les zones humides et marais situés dans les plaines basses ont été drainés via des réseaux de fossés et canaux afin de pouvoir les cultiver et y habiter.
Dans les wateringues, l’homme est allé au-delà, gagnant du terrain sur la mer : à partir du VIème siècle, les moines ont asséché les marais et construit des digues pour protéger les terres de la mer.

Les cours d’eau ont été artificialisés (endiguements, enrochements de berges, rectifications du lit…), avec des conséquences sur :
- Leurs fonctionnements hydrologiques (les hausses de débits sont plus fortes et plus fréquentes) et leur capacité d’auto-épuration ;
- Les habitats et les cycles de reproduction des espèces abritées ;
- L’emplacement et la superficie des zones inondables et des zones humides.

Par ailleurs, la progression continue de la surface des zones imperméabilisées entraîne une moindre infiltration des eaux de surface dans le sol et une modification de la répartition spatiale de l’infiltration, principale source de recharge des nappes phréatiques.

Zoom1

La biodiversité des milieux aquatiques est malmenée.

La présence d’obstacles sur les cours d’eau et la baisse de qualité des milieux (eaux et berges) impactent les populations de certaines espèces pour l’accomplissement de leurs migrations et de leur cycle de vie. Elles peuvent entrainer le déplacement de leurs aires de répartition.
La carte ci-jointe présente les éléments fragmentant pour le milieu aquatique.

  • De nombreux éléments fragmentant* les cours d’eau du Nord Pas-de-Calais

    * Élément fragmentant : élément constituant un obstacle au déplacement de la faune
    (ici aquatique) ou à la dissémination des végétaux

  • Le lit majeur des cours d’eau peut être inondé lors des fortes crues. L’intensité est aggravée par l’imperméabilisation des bassins versants, les constructions et remblais dans le lit majeur.

    Notion de lit majeur, source DDTM Nord
    La connaissance des lits majeurs est essentielle pour éviter les constructions dans ces secteurs potentiellement inondables

  • Aa à Blendecques en 2000, présentant un taux de matières en suspension élevé
  • Inondations dans le béthunois, source journalistique
  • Inondation d’une route dans le Pas-de-Calais, source Voix du Nord