Des pressions importantes mais souvent difficiles à évaluer localement

Dernier ajout : 10 juillet 2013.

Les pressions du secteur tertiaire sont particulièrement fortes en matière de consommation d’espace, de consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre.

Toutefois, il est souvent difficile de distinguer la part due aux commerces et aux services au sein des zones urbaines, ou de disposer de données régionales spécifiques. À défaut, les données nationales peuvent aider à mieux cerner ces pressions.

Les pressions sur l’environnement des activités tertiaires sont principalement liées :
- À la consommation d’espaces ;
- Aux besoins énergétiques des bâtiments (pour le chauffage, les équipements, l’eau chaude, la climatisation…) ;
- Aux émissions de polluants dans l’air et dans l’eau ;
- À la production de déchets ;
- Aux flux de transports générés (voir « Transports et logistique »).
Pour mieux appréhender ces pressions, le document regroupe les données nationales ou globales disponibles, puis les données régionales existantes. Enfin trois grands sous-secteurs font l’objet d’une description plus fine : la grande distribution, les bureaux et les services publics.

Quelques données nationales (SOeS?) témoignent de l’importance des pressions exercées par le secteur tertiaire. Celui-ci représente :
- Environ la moitié des surfaces qui ont été artificialisées en France (y compris les réseaux de transport) en 2008, ce qui correspond à une superficie de 2,9 millions d’hectares ;
- Environ 15 % de la consommation d’énergie finale : cette consommation s’élève à 20,6 Mtep en 2007, en augmentation de près de 30 % depuis 1990 ;
- 19 % des émissions de gaz à effet de serre (incluant le transport de marchandises) ;
- 16 % des émissions de cadmium (incinération des ordures ménagères et déchets hospitaliers) et 15,5 % des émissions de mercure en 2007 (incinération des déchets et activités funéraires (crémation)).

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Synthèse des pressions régionales exercées sur les eaux Des pressions mal connues : l’eau prélevée, les rejets dans l’eau, les déchets produits et les impacts potentiels liés aux "nouveaux services".

- Les prélèvements et les rejets dans l’eau ne peuvent à ce jour être comptabilisés spécifiquement car ils sont amalgamés avec les flux urbains (voir "Ménages et société civile" et "Bâti et construction"). L’artificialisation peut induire la rétention de pollutions qui finissent dans les sols et l’eau sans que ces émissions soient mesurées.
- Les Déchets d’Activités Économiques (DAE), hors secteurs de l’agriculture, du BTP et de l’industrie, représentent un gisement important difficilement quantifiable car collecté et assimilé aux déchets municipaux. Une enquête régionale, lancée par la DREAL en 2013, devrait permettre de mieux cerner ces productions de déchets et les conditions de traitement.
- Les "nouveaux" services impliquent des pressions mal connues. Les nanomatériaux en sont un exemple. Les nanomatériaux et les nanostructures naturels sont présents dans notre environnement. Depuis 1999, des produits de consommation contenant des nanotechnologies spécifiques sont mis sur le marché : emballages alimentaires pour allonger la durée de vie des produits, matériaux électroniques, optiques, magnétiques, etc.
Compte-tenu des moyens modernes de la nanotechnologie, des applications multiples et variées sont envisagées. Les risques de dérive sont mal connus. Un projet européen est en cours sur l’analyse de l’opinion publique quant à la perception du future avec les nanotechnologies : Nanopinion.

  • La consommation annuelle d’espaces en France est due à plus de 50 % au secteur tertiaire au cours des deux dernières décennies

    Consommation d’espaces en milliers d’hectares.
    Notes : France métropolitaine (voir définition de la surface au sol consacrée au secteur tertiaire dans la feuille « Données ») ;
    2004-2005 : une rupture de série entre l’enquête Teruti (1992-2003) et l’enquête Teruti-Lucas (à partir de 2005), qui utilisent des nomenclatures et des échantillons différents.
    Sources : SOeS.Teruti Lucas (rupture de méthode entre 2003 et 2005)

  • Une consommation d’énergie finale en hausse de près de 30% depuis 1990 : les services publics, les bureaux et le commerce arrivent en tête

    La consommation d’énergie* du secteur tertiaire par branche en GWh
    Sources : Ceren, SOeS

  • Evolution des surfaces tertiaires autorisées à la construction, en milliers de m² (SOeS)

    Entre 2000 et 2009, 192 millions de m2 de bâtiments tertiaires ont été autorisés à la construction, soit une augmentation de 20 % par rapport à la décennie précédente. Cette surface correspond à 43 % des surfaces totales de locaux autorisées (hors logements). Cette proportion est stable depuis le début de la décennie 1980.
    Entre 1980 et 2009, les Hauts-de-Seine, le Rhône, le Nord enregistrent les surfaces les plus importantes de locaux tertiaires autorisés à la construction, avec plus de 15 millions de m2.

  • Les émissions dans l’air des activités tertiaires et principaux émetteurs

    SOES Citepa

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