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Paysages de la Pévèle et de la Scarpe

Regards portés par les arts

jeudi 9 juin 2011

La tour de Saint-Amand

Pont à bascule
La tour de Saint-Amand

L’histoire de ce bâtiment
ancre la ville et la plaine
dans celle des abbayes, qui
ont largement contribué
à son aménagement.
Avec sa verticalité, elle
constitue un repère dans
la plaine. Enfin, sa pierre
sculptée lui confère une
vibration étonnante,
l’associant au vivant, au
végétal…

La plaine Silencieuse

C’est l’eau qui semble inspirer le plus régulièrement les
artistes posant leur regard sur ces paysages. Cette eau,
qui fascine comme l’âme secrète de ce Grand paysage,
éclipse la plaine comme sujet d’inspiration. L’immensité
vibrante de la plaine, y compris dans ce qu’elle peut avoir
de démesure, est à peu près complètement ignorée des
artistes au profit des objets ou des attributs qui l’habitent.
Pas de représentation d’une immensité trop grande pour
l’âme donc, mais une volonté de domestiquer la glaise,
de capter des objets à l’échelle humaine - une écluse, un
ruisseau, un bosquet d’arbres - qui restituent et donnent à
voir l’humanité paisible d’un pays conquis, « mouvement de
l’homme immobile » comme le disait Gaston Bachelard.

Bataille à Mons-en-Pévèle en 1304
L’ancienne église de Nivelle

Vive les sommets

La plaine ne retient guère
les pinceaux ! Pourquoi
un tel oubli ? Comment
ne pas reprocher aux
artistes de n’avoir pas
sû représenter l’ivresse
que procure l’immersion
dans ces paysages si
profondément humains.
Les quelques points
hauts bénéficient de
plus d’attention : Mons-
en-Pévèle ou les buttes
sableuses de Nivelle, du
Fort de Maulde, etc…

C’est donc l’eau qui domine, malgré ses jeux de cache-
cache, ses fuites, son tempérament insaisissable et
polymorphe. Cependant, chaque époque la met en scène
différemment, au gré des besoins ou des humeurs du
temps. La domestication de l’onde par l’homme est tout
d’abord un sujet intarissable, illustré par des vues de
moulins, d’ouvrages d’art et de canaux souvent mêlés
aux grands domaines des abbayes et des villages.

Dans ces vues, l’eau n’est pas l’élément essentiel, mais elle
occupe une place privilégiée dans l’ordre général du
dessin : elle témoigne de la maîtrise de l’espace, de son
aménagement. Elle est également le support d’un nombre
important d’activités comme le soulignent les bateaux et
autres pêcheurs. Du XVIème au XVIIIème, les images
associent comme à l’évidence l’architecture et l’eau ; l’eau
n’est pas cachée, elle appartient à la vie de ce territoire,
elle le sert. Le XIXème siècle affectionne également l’eau
des canaux. Ces derniers, avant le chemin de fer et le
pavage des grandes voies, sont le sang de la plaine qu’ils
irriguent. Les gravures montrent des eaux calmes ou
s’ébrouent lentement des péniches hâlées au rythme de
l’animal. Ce siècle est également celui qui se lance dans
la représentation bucolique de l’eau rurale et dans celle
un peu plus inquiétante des marais, ces eaux immobiles
« miroir de l’âme » ou se reflètent les cieux infiniment riches
ou la densité d’une végétation dense. Ce dernier type de
représentations semble plus rare en Pévèle et dans la
plaine de la Scarpe, ou, il est vrai, la maîtrise de l’eau est
telle en ce siècle qu’il faut attendre les inondations annuelles
pour retrouver l’eau affleurante dans la plaine. Finalement,
les oeuvres de ce siècle, picturales, photographiques ou
gravées, représentent des eaux paisibles, immobiles,
dégageant une impression de calme et de sérénité
absolues. Au XXème siècle, la plaine - enfin ! - se révèle
comme espace pictural ou photographique et l’eau trouve
une tonalité nouvelle, un rien plus sauvage, plus libre. Peut-
être, la fascination pour l’eau entre-t-elle en résonance
avec le sentiment de son abandon, voire de son rejet. La
représentation ci-contre, d’un peintre d’aujourd’hui, propose
toute la quiétude de la plaine inondée, comme elle le fut si
régulièrement au cours des siècles. Elle pourrait aisément
être associée aux images champêtres du siècle précédent.

Pourtant, la lutte contre les inondations demeure un axe
majeur dans l’aménagement de ces espaces. Il existe ainsi
une certaine rupture entre le regard de l’artiste et celui de
l’ingénieur. De même, lorsque des photographes ou des
peintres représentent les courants ou les modestes fossés
qui sillonnent le territoire font-ils oeuvre ethnologique en
témoignant d’une réalité cachée ? L’eau n’est plus cette
évidence vécue, travaillée, partagée par le plus grand
nombre, elle est une gêne, une contrainte, une limite à
remettre dans les mains de quelques techniciens…

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