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Paysages du pays d’Aire

Entités paysagères

jeudi 9 juin 2011

Éléments forts de composition

- Des paysages en
gradients du haut vers le
bas pays.
- Des lignes de relief qui
dessinent le paysage en
terrasses successives.
- Des vallées
perpendiculaires qui
« descendent » le grand
escalier de l’Artois
- Des villages qui suivent
les lignes d’eau avant
de s’étaler sur l’ultime
rebord avant la zone
marécageuse de la plaine
de la Lys
- Une richesse
patrimoniale peu mise
en valeur dans et autour
de la ville d’Aire-sur-la-
Lys.
- La présence de
différentes voies de
communication qui
racontent les étapes
successives des
déplacements dans la
région.

Entités paysagères

Haut pays d’Aire

Entités paysagères - Haut Pays d'Aire

Le haut pays d’Aire s’étire de part et d’autre de la route
départementale 341 sur une quinzaine de kilomètres, entre
la sortie du Bassin minier au Sud-Est et la plongée dans
le Val d’Aa au Nord-Ouest. Cette route départementale
- ancienne voie romaine, devenue chaussée Brunehaut
au Moyen-Âge - est marquante sur l’ensemble des cartes
de la région ou du département du Pas-de-Calais par
l’ampleur du geste planificateur qu’elle suppose. D’Arras à
Thérouanne, et un peu au delà, la route traverse le territoire
comme une balafre sur plus de cinquante kilomètres, avant
d’obliquer plein Ouest vers Boulogne-sur-mer. Rigoureuse,
elle ne dévie guère, méprisant les obstacles que constitue
le relief pourtant mouvementé tout au long de son parcours
qui, en longeant l’Artois, coupe régulièrement toutes les
vallées nées sur ses hauteurs. C’est à mi-route, à hauteur
du Bassin minier entre Divion et Calonne-Ricouart, que la
voie dévale l’Artois pour s’engager un peu plus au Nord-
Ouest dans le haut pays d’Aire.
Les paysages délicatement ondulés de cette entité se
composent comme une longue marche, une terrasse, entre
les hauteurs artésiennes et la vaste plaine de la Lys. La
RD341 se positionne exactement au centre de cette longue
marche de huit kilomètres environ, comme la colonne
vertébrale d’une terre rurale paisible, voire oubliée.
Les cartes routières anciennes (des années 1960 par
exemple), qui ne négligent pas sa belle rectitude ne lui
confèrent guère de prestige, misant bien davantage sur la
RN43, dont il sera question dans la description de l’entité
paysagère du bas pays d’Aire. Il faut attendre des cartes
plus récentes pour que la 341 devienne « route principale »,
classée à grande circulation (comme indiqué par exemple
sur la carte Michelin de 1974). Qu’en est-il maintenant que
l’ondulante autoroute A26 vient doubler la voie ancestrale ?
A l’échelle du Pays d’Aire, l’autoroute passe, mais ne
s’arrête guère ; en effet, seul l’échangeur de Lillers s’ouvre
sur le secteur.

Les paysages du haut pays d’Aire appartiennent aux
paysages de plateaux calcaires, ou la roche blanche
apparaît sous le soc de la charrue et aux clochers des
églises, ou la couleur blanche habite même la toponymie
(Estrée-Blanche). Ceci, alors que le bassin minier escalade
le plateau jusqu’à Ferfay ; les terrils, géants sombres,
veillent en surplomb des zones de plaine. Partout, les
sillons organisent les paysages, traçant leurs parallèles
dans toutes les directions de l’espace. Les bois et même
les arbres sont rares, limités aux abords des villages. Dès
lors, la plantation d’alignement qui souligne la RD341 fait
figure de chenal, guidant le voyageur sur l’onde céréalière.
Les villages, plutôt étirés dans le sens des vallées, coupent
la route à la perpendiculaire, ouvrant ainsi de larges
panoramas ou se succèdent maisons, fermes et prairies.

l’évidence, la RD341 constitue la voie royale de
découverte du haut pays d’Aire. Le pays, pris dans ce sens,
ne révèle cependant qu’une part de lui-même : des plateaux
immenses aux horizons plutôt indistincts entrecoupés de
vallées habitées de modestes villages. Il faut descendre
l’une ou l’autre des vallées, la Nave, la Laquette ou encore
la Lys pour découvrir le versant frais de ces paysages.

Bas pays d’Aire

Entités paysagères - Bas Pays d'Aire

Le bas pays d’Aire occupe au Nord-Est du haut pays
d’Aire un territoire aux contours mouvants en « belvédère »
de quelques centimètres sur la plaine de la Lys. Au Nord,
se côtoient trois formes de voies d’eau : la vieille Lys, la
Lys canalisée, et le canal Aire. Ceux-ci engendrent des
contrastes d’ambiance et de rapports à l’eau originaux.
La plaine de la Lys est un paysage « à angles droits », du fait
de la structure des fossés, mais surtout à cause des strates
végétales qui accompagnent les parcelles orthogonales
(alignements de peupliers, de saules ou de phragmites).

Entre Lillers et Heuringhem, des terres hautes encore
s’avancent dans la plaine de la Lys au Sud et dans l’étroit
passage ou se glisse le canal de Neuffossé au Nord. Ces
terres, véritables postes avancés sur les eaux, portent
quelques hauts lieux des pays d’Aire (ville de Lillers, abbaye
de Ham-en-Artois, ville d’Isbergues…). Elles accueillent
également une voie de communication majeure à l’échelle
régionale, la route nationale 43. En effet, entre Béthune
(une autre terre-vigie sur la plaine de la Lys) et Saint-
Omer, la nationale s’applique à se préserver des terres trop
basses qui s’encastrent dans les terres « juste un peu plus
hautes » comme les doigts de deux mains peuvent le faire.

L’union « comme les doigts de deux mains » des terres
basses et des terres hautes est une image forte pour ces
paysages. Et pourtant, comme ces paysages sont difficiles
à voir dans leur complexité, à décrypter dans leur richesse,
à observer dans leur diversité. Les passages entre le haut
et le bas sont si subtils, l’agriculture devenue si unificatrice,
les villes si étalées, les autoroutes si rapides… que le bas
pays peine à livrer son message, à faire entendre sa voix.

Qui connaît encore l’oignon de Busnes, les cressonnières
de la Lys ou de la Laque et d’autres cultures encore
spécifiques de ces terres d’entre-deux ? Comment deviner
le rôle littéral de phare joué par la tour de l’abbaye d’Ham
en passant sans rien voir à 130 km/h sur l’A26 ? Comment
imaginer l’activité intense qui courait sur les canaux et qui
ont fait la richesse de la ville d’Aire et plus récemment
d’Isbergues ?

Le vélo est peut-être le meilleur moyen d’investiguer ces
paysages avec un moyen de transport qui permette de
ressentir physiquement les mouvements légers de la
topographie. Comme pour le haut pays, un seul itinéraire ne
peut rendre compte de la variété interne de ces paysages.
Prendre la RN43 ou longer les canaux, n’offrira qu’une
vision partielle et donc partiale ! Mais, le bas pays n’a pas la
rigueur de son voisin perché, rigoureusement tissé avec un
fil de chaîne routier et des fils de trame hydraulique. Dans le
bas pays, tout s’emmêle : les routes, les villages, les marais
et les monts. L’errance est dès lors bonne conseillère de
vallée en marais, de clocher en ville d’eau… et d’Aire !

DREAL Nord - Pas-de-Calais 44, rue de Tournai - BP 259 - 59019 LILLE Cedex | Tel : 03 20 13 48 48 | Fax : 03 20 13 48 78

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