DREAL HAUTS-DE-FRANCE

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Paysages des hauts plateaux artésiens

Thématiques transversales

Énergie, éoliennes et paysages

jeudi 9 juin 2011

Objets dressés

Les paysages du Haut
Artois ne voient pas
les éoliennes comme
des « premières ». Les
châteaux d’eau, les
antennes, les pylônes
des lignes à haute et
très haute tension sont
autant de précurseurs
dans la verticalité.

Cependant, les
pylônes sont les seuls
à se présenter certes
groupés, mais alignés.
Échappant aux logiques
du territoire qu’elles
traversent, ces grandes
silhouettes préservent
un sens : celui de leur
origine et celui de leur
destination. Contempler
une ligne à haute
tension relève d’une
méditation sur les villes
grosses consommatrices
d’électricité. En ce sens,
les éoliennes proposent
une nouvelle version
des liens de réciprocité
entre la ville et la
campagne.

Grande éolienne
Grande éolienne
39 petites éoliennes
39 petites éoliennes

Le Haut Artois, élevé et venté, constitue un terrain attractif
pour l’implantation de parcs d’éoliennes. La thématique est
transversale pour qui se penche sur cette question à l’échelle
régionale, puisque tout le territoire régional se prête peu ou
prou au développement de l’énergie éolienne. Les éoliennes
étant devenues, si l’on en croit le développement des sites
Internet qui y sont consacrés, une véritable question de
société portant essentiellement sur la préservation des
paysages. Pourtant, ces installations en elles-mêmes ont
pour elles une certaine esthétique liée à tout ce qui a trait à
la « mécanique du vent » : voilures et voiliers, ailes et avions.
De surcroît, elles ajoutent dans le paysage un élément qui
a été maintes fois évoqué comme un point essentiel dans
la région : les verticales. priori donc, il n’y a pas de
raison de rejeter par principe les éoliennes alors qu’on a
pu par ailleurs louer la sauvegarde des chevalements de
mines. D’ou viennent donc les querelles autour de ces
« dames blanches » ? Peut-être simplement d’un manque
de méthode, voire de mesure, laissant à penser que les
hautes silhouettes allaient conquérir l’espace régional au
mépris des possibilités spatiales tout autant que sociales à
les accepter. En se limitant aux questions paysagères, trois
paramètres semblent à retenir :
- le paramètre de l’échelle : quelles tailles pour les
éoliennes par rapport au relief environnant,
- le paramètre de l’implantation : quel « jeu » entre le
ou les parcs d’éoliennes et les lignes de forces des
paysages d’implantation,
- et enfin, le paramètre du nombre : combien dans un
paysage embrassé d’un seul regard trouvera-t-on de ces
objets tournants ?

Malheureusement pour qui chercherait une méthode
simple, ces trois points ne peuvent être examinés l’un
après l’autre, car ils interagissent les uns sur les autres
comme en témoignent les photomontages ci-contre
réalisés en Suisse, et doivent donc être abordés de
manière itérative. Malgré la diversité des combinaisons,
quelques règles de base peuvent cependant être édictées.
Si le relief est modeste dans son ampleur et très chahuté
dans ses formes, il faut être parcimonieux car ce paysage
sera sans doute sujet à « l’écrasement ». Si, au contraire, le
paysage est ample (un vaste plateau par exemple), alors il
devrait être moins sensible. Dans tous les cas, il apparaît
souhaitable d’accompagner les lignes de force du relief
et d’organiser plutôt que de saupoudrer. Un ensemble
d’éoliennes organisé offre un certain apaisement par
rapport à une disposition hasardeuse. La quantité même
peu prendre un sens intéressant quand elle est associée
à ce degré d’organisation. Ces paysages réinventés par le
vent ne commenceront leur vie de paysages au sens plein
du terme, c’est-à-dire au sens également culturel, qu’à
la condition de s’ancrer dans l’imaginaire. Les éoliennes
ont la fluidité de l’énergie électrique, mais elles sont avant
tout des objets paysagers. Si ces objets ne parviennent
pas à dialoguer avec les paysages au sein desquels ils
s’insèrent, ces derniers - par la voix de leurs habitants
- finiront par les rejeter… Ceci d’autant plus que ces
installations qui « tournent toutes seules » ne créent guère
d’emplois, et moins encore de lien social ou de sentiment
d’appartenance. L’enjeu est d’importance dans ce Haut
Artois à l’écart des grands flux économiques. Mais il faut
garder en mémoire l’attachement français aux paysages,
comme en témoigne la loi de 1930, relative à la protection
des sites, née « contre » les pylônes électriques !

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Approche générale et culturelle

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