DREAL HAUTS-DE-FRANCE

Donner votre avis

Si vous souhaitez partager votre opinion, émettre des suggestions ... sur cet article, vous êtes inviter à participer à l'Atlas citoyen

Flandre intérieure

dimanche 3 juillet 2011

La Flandre ou l’évolution récente d’un paysage

La Flandre intérieure est certainement, en dehors de
l’agglomération de Lille et de sa périphérie, la région naturelle du
Nord – Pas-de-Calais qui a subi le plus de transformations au
cours des dernières décennies et ce, à l’échelle du grand paysage
tout entier. En effet, juste après la Seconde Guerre mondiale, les
Monts de Flandre possédaient encore un bocage assez dense
composé d’une mosaïque de prairies et de petites cultures.
Les exploitations agricoles avaient une taille moyenne
autour de 20 hectares. La polyculture, associée à l’élevage,
constituait le modèle de base d’exploitations familiales qui se
transmettaient de génération en génération.

Plusieurs phénomènes ont concouru à une transformation
en profondeur de la structure des paysages. Tout d’abord, le
passage rapide et massif à une agriculture spécialisée, de type
industriel, vouée à l’élevage hors- sol. De plus, une péri-urbanisation non maîtrisée a fait de cette belle région une banlieue éloignée de la métropole lilloise.

En matière de boisements, on a assisté en l’espace d’un siècle à un retournement de situation : au début du XXème siècle les sommets des monts des Flandres étaient encore régulièrement pâturés par des troupeaux ovins et bovins.

Ils constituaient des parcours collectifs et étaient donc très ouverts (prairies et landes ouvertes). Avec le temps, la disparition de cette forme d’élevage extensif a rapidement conduit à un boisement spontané de ces buttes sableuses et gréseuses, aux sols trop pauvres et aux pentes trop raides pour l’agriculture moderne. Après le Seconde Guerre mondiale, le reboisement spontané ou planté a repris et forme à présent des couronnes denses sur ces buttes témoins. Dans le même temps, les flancs des monts qui étaient autrefois recouverts par un bocage très dense se sont progressivement déboisés.

Il s’agit d’une mosaïque au grain essentiellement fin à l’échelle de travail.

La matrice essentiellement agricole s’est développée très fortement au détriment des taches bocagères au cours des 50 dernières années. La matrice essentiellement agricole s’est développée très fortement au détriment des taches
bocagères au cours des 50 dernières années. La matrice actuelle est dominée par les paysages de grandes cultures ouvertes (openfield de manière très uniforme)

Les taches sont très nombreuses, de nature, de taille et de structure générale très homogènes. La trame des taches est double : un premier réseau de taille petite à moyenne, est constitué des villages, souvent isolés et répartis de
façon régulière dans le paysage. Les surfaces prairiales constituent le second réseau très homogène de taches de petite taille. Elles sont également régulièrement réparties dans la matrice et forment un damier aux cellules isolées
résultant du retournement accéléré des prairies. Il n’y a aucun phénomène d’agglomération de ces prairies relictuelles.

La trame boisée est particulièrement indigente, notamment pour un pays autrefois appelé « pays au bois » (houtland). Cette structure très régulière du paysage contraste un peu avec la topographie de cette région, qui est l’une des plus marquées du bas pays.

Les corridors biologiques sont quasiment absents à cette échelle de travail. Même si à l’échelle locale, les monts de Flandres constituent encore un réseau relativement bien connecté de liaisons biologiques, à l’échelle régionale,
ils n’offrent plus qu’une structure discontinue en gué et fonctionnent comme des îles boisées dans un océan de plaines agricoles.

Seul, le bassin de l’Yser constitue, grâce à des efforts
transfrontaliers récents, un corridor assez continu de prairies humides.Ce n’est bien entendu pas suffisant pour défragmenter la matrice et un réseau de taches très isolées.

La fragmentation est très sensible dans l’ensemble des collines de Flandre intérieure. Outre les barrières majeures que sont l’autoroute A25 et la LGV Lille-Calais, de multiples coupures existent tant liées à l’agriculture intensive qu’à l’urbanisation ou au réseau de communication très dense.

L’urbanisation en étoile est très marquée même à cette échelle de travail et le mitage linéaire le long des principaux axes de communication est flagrant. Cela constitue d’ores et déjà une contrainte majeure dans ce paysage
très morcelé ; ce phénomène va « naturellement » se poursuivre si rien n’est entrepris par les collectivités territoriales pour le freiner.

C’est un paysage très homogène à grande échelle.
Les habitats naturels sont quasiment absents et seuls les
sommets des monts et la vallée de l’Yser présentent un
certain caractère de naturalité.

DREAL Nord - Pas-de-Calais 44, rue de Tournai - BP 259 - 59019 LILLE Cedex | Tel : 03 20 13 48 48 | Fax : 03 20 13 48 78

Approche générale et culturelle

Les grands paysages régionaux

Carte des paysages Paysages du Val d'Authie Paysages du Val d'Authie Paysages avenois Paysages boulonnais Paysages des coteaux calaisiens et du pays de Licques Paysages du ternois Paysages montreuillois Paysages des hauts plateaux artésiens Paysages de la plaine de la Lys Paysages du pays d'Aires Paysages des grands plateaux artésiens et cambrésiens Paysages hennuyers Paysages des belvédères d'Artois et des vallées de Scarpe et de Sensée Paysages miniers Paysages de la Pévèle et de la plaine la de Scarpe Paysages métropolitains Paysages Audomarois Paysages du Houtland Paysages de la plaine maritime Paysages des dunes et estuaires d'Opale Paysages des falaises d'Opales Paysages des dunes de mer du Nord