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Blessures et guérisons narcissiques

dimanche 3 juillet 2011

« Vues d’avion les plaines picardes font apparaître le tracé de villas gallo-romaines noyées sous la glaise des champs et sur le même territoire se superpose le réseau
des tranchées de la Première Guerre mondiale. Étranges croisements d’une Histoire dont la terre digère mal les siècles d’alternance entre calme et violence. »

Jean Orizet - Dits d’un monde en miettes, XXème siècle

« Paysage-histoire : pays dont les traits expressifs ne sont
apparus vraiment qu’à la faveur d’un événement historique. »

Julien Gracq - entretien, XXème siècle

« La destruction des places d’Arras, durant la Première Guerre mondiale, fut et avec celle de la bibliothèque de Louvain et de la cathédrale de Reims, la plus tragique pour l’histoire culturelle et artistique mondiale. La construction avait été décidée vers 1460 et achevée en 1554.
Totalement anéanti dans le bombardement d’octobre 1914, l’ensemble fut reconstruit presqu’à l’identique. »

Étaples en 1944

« Le 20 mai, les Allemands sont à la mer du Nord : les armées alliées sont prises à revers, coupées de leurs bases logistiques, encerclées. La situation est catastrophique. Le 16, Gamelin donne l’ordre de retraite. Le lendemain, Bruxelles est occupée, et le 25. le front tenu par l’armée belge s’effondre. Molinié et Juin se replient sur Lille avec 40 000 hommes, encerclés dès le lendemain par six divisions allemandes. Il s’agit dès lors, de défendre la ville qui est devenue le verrou principal de la poche de Dunkerque. »

Textes anonymes, XXIème siècle

Usinor

Le paysage ne sera plus guère centre de préoccupations artistiques lorsque, après la seconde guerre mondiale et ses destructions, il faudra reconstruire la France. Les reconstructions ne sont d’ailleurs pas celles de la première guerre mondiale. La bataille du charbon est l’objectif premier, il sera atteint. Le choc de la fin de la mine est sans doute proportionnel à l’effort consenti dans la dernière ligne droite.

Le premier motif paysager minier, apparu finalement assez tôt sous la plume des précurseurs que sont parfois les poètes, est le terril. La « montagne » devient le symbole du labeur des mineurs. Ce sont d’ailleurs des poètes mineurs qui évoquent le mieux l’attachement à ces lieux de mémoire. Le terril, peut-être aussi parce qu’il s’agit d’un espace « à côté » de l’exploitation, va émerger comme porteur de l’identité minière. Entre le texte de Mousseron et les premières mesures de protection… un peu plus d’un demi-siècle se sera écoulé…

Longtemps la reconquête paysagère a privilégié l’arbre. Il s’agissait de nettoyer la plaie, parfois au risque de l’oubli. Il semble aujourd’hui possible de retrouver
la mémoire des chevalements, des carreaux de fosses, des cavaliers…
Des œuvres cinématographiques comme Germinal naissent dans
ce contexte de réappropriation historique.

L’exemple du Bassin minier

« Vers la droite, le terri barrait la rue, colossal comme une
barricade de géants, déjà couvert d’herbe dans sa partie
ancienne, consommée à l’autre bout par un feu intérieur
qui brûlait depuis un an, avec une fumée épaisse, en laissant à la surface, au milieu du gris blafard des schistes et
des grès, de longues traînées de souille sanglante. »

Emile Zola (1840-1902) - Germinal

« A ch’t’heure, près des mués d’blé formés d’blondés javelles
Les terris, comm’d’autr’s mué’s, gigantesqués mamelles
Drêch’nt leus poit’s in offrande à nos biaux ciels wallons. »

Jules Mousseron (1868-1943) - Les terrils d’Ostrevant, 1927

Gare d’Abscon
Terril

« Partout, dans quelque direction que se portent les
yeux, des terrils. Ils sont nombreux, bien plus nombreux
que les puits. Quand un de ceux-ci est épuisé, il disparaît ; on le comble, on abat les bâtiments ; il ne reste bientôt qu’un amas de décombres qui, peu à peu, en se
nivelant, se confond avec le sol.

Le terril, lui, reste imposant. Il démontre, bien mieux que
tout ce qu’on pourrait dire ou écrire, l’œuvre collective, le
travail opiniâtre des mineurs.

Il y en a de bien vieux ; avec le temps, ils se sont couverts
d’herbe, des arbres y ont pris racine (…).
Pauvres vieux terrils, on a pour vous que des regards indifférents ; pourtant comme les plus beaux monuments des
villes, vous illustrez l’histoire du travail des hommes. »

Constant Malva (1903-1969)

Éléments de paysage utilisés sur les couvertures des publications « itinéraires de promenades et de randonnées » du Conseil général du Nord

- 17 Campagnes et villages
- 12 Bocage et prairies
- 11 Polyculture
- 11 Eaux (canaux, étangs, rivières)
- 5 Faune et flore
- 3 Grandes cultures
- 2 Mine
- 1 Littoral
- 1 Ancienne carrière

DREAL Nord - Pas-de-Calais 44, rue de Tournai - BP 259 - 59019 LILLE Cedex | Tel : 03 20 13 48 48 | Fax : 03 20 13 48 78

Approche générale et culturelle

Les grands paysages régionaux

Carte des paysages Paysages du Val d'Authie Paysages du Val d'Authie Paysages avenois Paysages boulonnais Paysages des coteaux calaisiens et du pays de Licques Paysages du ternois Paysages montreuillois Paysages des hauts plateaux artésiens Paysages de la plaine de la Lys Paysages du pays d'Aires Paysages des grands plateaux artésiens et cambrésiens Paysages hennuyers Paysages des belvédères d'Artois et des vallées de Scarpe et de Sensée Paysages miniers Paysages de la Pévèle et de la plaine la de Scarpe Paysages métropolitains Paysages Audomarois Paysages du Houtland Paysages de la plaine maritime Paysages des dunes et estuaires d'Opale Paysages des falaises d'Opales Paysages des dunes de mer du Nord