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Paysages des belvédères d’Artois et des vallées de la Scarpe et de Sensée

Regards portés par les arts

jeudi 9 juin 2011

Chemin près d'Arras Chemin

L’école d’Arras

partir de 1847, Corot
visite son ami Dutilleux,
peintre arrageois. Ils créent
une école de peinture
paysagiste. la fin du
siècle, le photographe
Quentin développe une
carrière artistique liée au
mouvement pictorialiste.
Tous retiennent la campagne
comme le cadre privilégié
de leurs travaux.

Chemin

C’est la ville d’Arras, ville d’art et ville d’histoire, qui
focalise depuis des siècles l’attention des artistes et
doit être considérée comme un véritable foyer pour
les représentations des paysages qui l’entourent. Les
media sont nombreux et variés, tapisseries anciennes,
poésie, architecture et urbanisme et plus récemment
photographie…

Au XIXème siècle, la ville connaît un bouillonnement
artistique qui mêle peinture et photographie. Quelques
hommes, avec le peintre Corot comme emblème, sont à
l’origine de l’« école d’Arras » qui investit les paysages en ville
mais surtout dans les villages alentours à la recherche de
sujets nouveaux, dans l’esprit d’un temps qui se préoccupe
de la modestie des « simples », des beautés de la nature,
des douceurs de la campagne. La variété et la richesse des
sujets et des supports de représentation sont très grands
avec une prédilection marquée pour le genre bucolique.
Fraîcheur des ombrages, brumes sur les cours d’eau,
activités rurales agrémentées de nombreux personnages
en action… Dans ce concert d’images louanges pour le
« bien vivre à la campagne », le chemin est une figure
rhétorique récurrente. L’artiste est marcheur, il se déplace
à pied vers son sujet, fait preuve de curiosité à la recherche
de cette réalité unifiée et apaisante qu’il convoite. Cette
déambulation s’inscrit dans l’oeuvre avec la présence très
fréquente du chemin dans le tableau ou la photographie,
qui prennent volontiers des allures romantiques.

Fete de la Fédération à Arras
Grand' Place d'Arras
Maisons à Arras

Les places d’Arras

Ces places, nées d’un
urbanisme réglementaire
contraignant, sont
le symbole de la
« Grand’place », espace
public essentiel dans la
région.

Il faut imaginer le XIXème siècle, et également le début du
XXème, comme des époques de mouvements incessants.
Certes la grande vitesse n’existe pas, mais la ville doit
être un théâtre perpétuel d’hommes et de machines en
action. La ville grouille et les usines donnent le rythme.
Les peintres, les photographes vivent en ville. Mais ils
ressentent le besoin de produire des oeuvres calmes, ou
le temps semble arrêté. Le chemin guide l’artiste comme
le contemplateur ; il conduit le regard vers une paix plus
profonde encore…

Mais au-delà de l’angélisme, des artistes pointent également
la misère, voire l’appel de la ville toute proche quand la vie
rurale se fait trop dure… Il y a plusieurs manières de peindre
des enfants qui glanent ou des jeunes filles qui ramassent
des pommes de terre ! La même scène porte un message
de ferveur enjouée ou laisse pointer une certaine critique
sociale. Cette critique est essentiellement focalisée sur la
dureté du travail aux champs, la misère de la masure et le
dépouillement des enfants au travail.

Dès que les artistes oublient les hommes pour privilégier
les scènes de « paysage » au sens pictural du terme, c’est
le bucolique qui l’emporte et l’on sent l’odeur de la mousse
froissée sous les pieds. Nombre de représentations
affectionnent la fraîcheur des proximités aquatiques, bien
que les cours d’eau eux-mêmes soient très peu représentés.
Les sous-bois frais au bord de rivières semblent concentrer
le bonheur de vivre, contrastant avec la rudesse des vies
de labeurs, qu’elles fussent des villes ou bien des champs.

Peut-être existe-t-il un lien entre ces images et le grand
engouement pour la vallée de la Sensée au début du
XXème siècle ou encore pour l’importance des pratiques
de pêche dans la région. Dans l’ombrage des vallées, les
hommes trouvent-ils le réconfort ? Expérimentent-ils une
certaine liberté qui leur est refusée « au dehors » ? Pour
vivre heureux, vivons cachés ! Un travail d’ethnologue
viendrait utilement nourrir ce constat de la propension
régionale -le phénomène dépasse la Scarpe et la Sensée,
mais s’y trouve ici magnifiquement illustré- à aimer se
reposer au bord de l’eau.

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