DREAL HAUTS-DE-FRANCE

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Paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes

Paysages de campagne

jeudi 9 juin 2011

Photo aérienne d’une villa gallo-romaine

Juste à fleur de terre…

« Vues d’avion les plaines
picardes font apparaître
le tracé de villas gallo-
romaines noyées sous
la glaise des champs et
sur le même territoire
se superpose le réseau
des tranchées de la
Première Guerre
mondiale. Etranges
croisements d’une
Histoire dont la terre
digère mal les siècles
d’alternance entre calme
et violence. »

Jean Orizet
Dits d’un monde en
miettes

La campagne des Grands plateaux est vouée aux sillons,
aux couleurs successives des bruns de la terre nue, du
vert tendre des semis et enfin des jaunes céréaliers ou des
verts profonds des betteraves ou des pommes de terre.
Le parcellaire ample dessine une immense marqueterie,
qui épouse en souplesse une topographie doucement
ondulante. S’ajoute à cette variété des nuances formelles
le contact visuel permanent avec la matérialité de la terre,
comme si le paysage d’ici était écorché vif, sans oripeaux,
livré impudiquement aux regards. C’est également la
richesse et la fertilité du sol qui sont ainsi rendues visibles.

Des bois, le plus souvent modestes, ponctuent encore
l’immensité cultivée. Ils sont beaucoup plus importants, en
nombre et en surface, à l’Est du Grand paysage régional, à
l’approche des paysages hennuyers, dans la partie Est de
l’arrondissement de Cambrai. Les connaissances historiques
démontrent que les bois étaient encore plus nombreux
avant l’introduction de la betterave à sucre ; cette dernière
« déchaîna partout l’appétit de la terre » (A. Demangeon).

Dans les années 1840-1850, dans toute la plaine d’Artois,
« il n’est point d’années qui n’aient vu sacrifier quelque bois ».
Ces masses sombres sur le plateau, petits havres clos et
frais, contribuent à « humaniser » l’horizon immense.
Les arbres alignés ne dominent plus guère aujourd’hui les
paysages des routes qui traversent les plateaux, souvent
en des lignes rigoureuses de droiture. Des plantations
relativement récentes ont été réalisées dans le Pas-de-
Calais ainsi que chez les voisins picards. Vigies verticales au
pays de l’horizon, chaque arbre, chaque alignement apaise
le regard, lui donnant l’échelle de l’instant et du lointain.

Vue aérienne de Sombrin

D’auréoles en vallées…

Le bocage persistant
autour du village
accompagne la
polyculture-élevage qui
domine sur ces terres.
Ne disait-on pas, avant
le développement des
engrais : « si tu veux
du blé, fais du boeuf ».
Lorsque le village
s’inscrit dans une
vallée, modeste riot ou
vallée plus importante,
le bocage s’étire,
accompagne les fonds,
souligne le relief.

Quant à la trame des villages, elle est essentiellement
faite d’îlots qui apparaissent comme de petites oasis
architecturales perdues au milieu des labours. ce
regroupement des constructions préside une raison
principale : la profondeur des nappes phréatiques impose
parfois de creuser à plus de quatre-vingt mètres pour
trouver de l’eau. Les puits sont donc relativement difficiles à
réaliser et servent de point de ralliement pour les hommes.
L’habitat isolé n’est pas de mise ici, bien que quelques
fermes contredisent le fait commun en se risquant en pleine
solitude. Elles profitent le plus souvent d’un repli argileux
dans la vague terreuse ou nicher une mare et se contenter
d’eau de pluie !

mesure que l’on progresse vers l’Ouest, les limites entre
les villages et les plateaux gagnent en épaisseur et en
complexité grâce aux auréoles bocagères qui les entourent
de manière de plus en plus insistante. l’Est, bien souvent,
le dernier jardin de la dernière maison ouvre sur le plateau !
Puis lentement, selon des nuances qui relèvent davantage
de l’analyse cartographique ou de l’intimité profonde avec
ses paysages, des parcelles de prairies bordées d’arbres
encerclent les villages, les protègent. D’abord limitées aux
abords immédiats des villages, elles donnent ensuite de
plus en plus nettement l’impression que les villages s’étalent
dans les arbres, que les clochers jouent à cache-cache avec
les noyers, les chênes ou les saules.

Le seuil de Bapaume et les Grands plateaux artésiens et
cambrésiens, avec leurs parcelles immenses et leur simplicité
paysagère, appartiennent aux « terres de remembrement ».
Ravagés par les guerres, traversés par tant et tant
d’infrastructures (autoroutes, LGV, lignes électriques…), ces
paysages ont sans cesse été « redessinés », jusqu’à l’épure.
Les chemins, les talus, les arbres alignés ou les bois, les
rares fermes isolées acquièrent ici une densité à la mesure
de l’espace ouvert qui les révèle.

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