DREAL HAUTS-DE-FRANCE

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Paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes

Ambiances paysagères

jeudi 9 juin 2011

Souterrain de Riqueval Canal

Le canal

Il faut un effort
d’imagination pour
habiller le silencieux
cours de l’Escaut des
cris qui l’accompagnaient
hier encore, au XIXème
et au début du XXème
siècle. Tout le long des
rives vivait le peuple
du canal : bateliers,
éclusiers, commerçants,
réparateurs,
entrepreneurs, etc…

Ancêtre du chemin
de fer, le canal fut
longtemps le meilleur
moyen de déverser sur
Paris l’or noir des mines
du Nord.

Vagues labourées
Le Cambrésis et l’Artois au Sud d’Arras sont sans conteste
le royaume des grands plateaux, le lieu ou leur amplitude
est la plus spectaculaire car empreinte de démesure et
d’infinitude. Le plateau est sans doute le paysage terrestre
qui se rapproche le plus de la mer, ridé de houle, à la fois
monotone et infiniment renouvelé, miroir du ciel et plage
interminable d’un océan, passé ou à venir. Les cieux y ont,
du fait de la planéité du relief, une présence implacable. Dans
ces paysages, d’abord météoriques, l’observateur est livré à
l’impression que la langue terreuse est très peu épaisse tant
les cieux prennent le dessus, écrasant sans pitié jusqu’aux
ridelles des labours.

La solitude fait donc partie intégrante de ces paysages
vécus, l’homme qui se dresse ou qui édifie sur ces plateaux,
comme celui qui y travaille la terre tel un sculpteur de
vagues, apparaissent comme des « axes du monde ». Aussi, il
ne faut pas s–étonner que le moindre obstacle vertical prenne
dans ces immensités l’allure d’un symbole démesurément
chargé de sens, tant son impact visuel est important.
Clochers de brique ou de pierre, fermes isolées ou immense
silhouette d’un hangar agricole, d’un château d’eau, petits
bois isolés, buissons abritant des postes de nourrissage
du gibier, ou alignements de peupliers d’Italie forment des
repères essentiels à l’humanisation de ces paysages. Il faut
tenter l’expérience d’une panne de voiture sur un chemin de
terre au milieu des labours pour laisser affluer les questions :
comment l’homme habitait-il cette étendue avant l’ère de la
mécanisation ? Le caractère groupé des villages s’explique-il
par le besoin non seulement d’un travail en commun, mais
également d’une « résistance » commune ?

Cavées

Les cavées

Les cavées sont ces
chemins creux, parfois
devenus des routes,
qui permettent de
passer en douceur et
en beauté des hauteurs
des plateaux aux
profondeurs relatives
des vallées ou des
riots. La pente du
chemin est plus forte
que celle du plateau
et l’on a l’impression
de s’enfoncer en terre,
de se « planter ». Les
cavées annoncent très
à l’avance que l’on
s’apprête à quitter un
univers pour un autre.
Elles accompagnent et
guident le regard dans
une sorte d’entonnoir
herbeux, véritable
antichambre paysagère.

La peur peut-
elle gagner dans l’un des paysages les plus maîtrisés par la
main de l’homme et ce depuis la nuit des temps, puisque les
romains déjà cultivaient ces terres ?

On ne prend la mesure de l’amplitude des plateaux
cambrésiens et artésiens que grâce à la vitesse à laquelle
on le parcourt. Le TGV permet de les voir comme une
transition entre le bassin parisien et le Nord - Pas-de-Calais,
l’automobile permet de les lire avec plus de finesse, d’en
ressentir les ondulations, les variations, et le tracteur permet
d’en percevoir la dimension artisanale, indéfiniment répétée.
L’homme à pied est définitivement « impertinent » dans ces
immensités ; seuls les chasseurs tutoient en piétons ces
labours ou l’état des cultures donne le tempo des saisons
successives.

L’intimité de la majorité des hommes avec ce Grand paysage
est donc plus mentale que réelle ; les villages apparaissant
comme des « oasis » au-delà desquelles on ne s’aventure
que pour se déplacer… à grande vitesse. La charge mystique
de ces étendues est encore renforcée par des images de
« l’inconscient collectif ». Celle, héritée du XIXème siècle, ou
les famines pouvaient encore ravager les campagnes, de
la terre nourricière et fertile, recouverte de blés généreux
dispersant leur blondeur dans le vent. Celle des grandes
batailles aussi, ou le sang des soldats « abreuvait les sillons »
pour fertiliser la terre.

Un élément vient pourtant faire le pendant réconfortant à
cette vision du grandiose et de la démesure, comme pour
en renforcer l’ampleur. Il s’agit de la vallée de l’Escaut, seul
grand sillon verdoyant dans ces vastes plateaux. Une vallée
comme toutes les vallées : verdoyante, fourmillante d’activités
et de diversité. Une vallée si radicalement opposée à ses
alentours, qu’elle se charge d’une grâce sereine, comme les
eaux de son canal…

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