Diagnostic

Exploitation du sous-sol

Dernier ajout : 30 juin 2016.

Contextes géologiques

La plaine picarde appartient au bord occidental du Bassin parisien qui s’étend du Cotentin à la Belgique, avec des formations géologiques du primaire dans l’Aisne, mais surtout du secondaire (calcaires du Jurassique et du crétacé) et du tertiaire dans les 3 départements. La région est recouverte de limons des plateaux et d’alluvions du quaternaire à la faveur du surcreusement des vallées.

Ces formations ont modelé le relief, avec :

  • au nord, des plateaux uniformes modelés dans la craie,
  • au sud, une succession de plateaux calcaires étagés pouvant dépasser 200 m d’altitude, avec un réseau hydrographique encaissé et qui se différencie suivant la nature et l’inégale épaisseur du substrat calcaire (Soissonnais, Valois, calcaire de Brie),
  • l’anticlinal du Pays de Bray.

Besoins en granulats

Les besoins en granulats pour la construction de bâtiments et d’infrastructures restent stables selon les estimations pour les années à venir : 10 800 kilotonnes environ en 2007 [1]. Les besoins sont localisés en majorité dans les centres urbains (et notamment exportation des granulats vers l’Ile de France) et sont liés au développement de la construction et des infrastructures.

Productions de granulats

Fin 2009, la Picardie compte 180 carrières : 73 dans l’Aisne, 56 dans l’Oise et 51 dans la Somme [2].

En 2007, ont été produits environ 8 770 kt de granulats en Picardie [3].

Les matériaux produits ne répondent qu’en partie aux besoins régionaux (quantité/nature) [4], avec par exemple :

  • importation de 3 800 kt de roches calcaires en 2007, principalement du Nord Pas-de-Calais (84 % des importations),
  • exportation de 1 300 kt environ d’alluvionnaires vers l’Ile de France, le Nord Pas-de-Calais et la Champagne-Ardenne (53 % des exportations).
Besoins en matériaux constatés en Picardie [5]
2007ProductionExportationsImportationsBesoins
Picardie 8 770 kt 2 510 kt 4 520 kt 10 780 kt

Après le pic important en 1990, les extractions sont largement à la baisse jusqu’en 2000 puis stables, avec environ -40 % de matériaux extraits, notamment de granulats alluvionnaires.

Les principaux gisements exploités sont :

  • les granulats de roche meuble (principalement alluvionnaires), extraits dans les vallées principales (Somme, Bresle, Thérain, Oise, Aisne, Vesle, Marne, Serre) et aux alentours de la baie de Somme, destinés aux bâtiments et aux travaux publics. Ils sont l’enjeu majeur sur toute la région,
  • les galets de la Baie de Somme, utilisés comme agent de broyage ou pour l’obtention de la cristobalite par exemple,
  • les sables quartzeux, destinés à l’industrie du verre et aux fonderies (Aisne et Oise),
  • le calcaire, le plus noble étant utilisé pour la confection de pierre de taille (environ 20 % du gisement), le reste étant valorisé en travaux publics et bâtiment (sous-couche, fabrication de parpaings, par exemple),
  • les argiles utilisées en tuileries et briqueteries ou pour l’imperméabilisation de terrains,
  • les sablons destinés aux travaux de voirie,
  • la craie utilisée essentiellement pour les amendements agricoles.

La Picardie dispose d’une ressource géologique encore bien présente, même dans les granulats alluvionnaires (encore plus de 70 % de la ressource initiale en moyenne dans les principaux gisements en vallée : Oise, Somme, Aisne, Oise, Marne, Serre, Vesle). Toutefois, quelques secteurs (vallée de l’Oise en aval de la Fère ou dans la région de Compiègne) exercent une forte demande sur les granulats alluvionnaires, de même que sur les sables, galets et foraines présents aux alentours de la Baie de Somme [6].

La Manche présente un fort potentiel d’approvisionnement avec les granulats marins pour l’approvisionnement du bassin parisien, notamment par la Seine-Maritime. Aucun site d’exploitation et/ou de traitement de ces granulats n’est autorisé en Picardie.

Schéma départemental des carrières

Les schémas départementaux des carrières (SDC*) (Aisne : 01/12/2003, Oise : 27/04/1999, Somme : 28/04/2000) permettent de prendre en compte la gestion économe de la ressource et l’évitement des impacts liés à l’exploitation et au transport notamment. Ils sont en cours de révision dans le cadre d’une démarche régionale et sont prévus pour 2012.

La région Picardie est actuellement concernée par trois zones « article 109 du Code minier », définies pour garantir les besoins des consommateurs, préserver l’économie générale du pays ou celle de la région : la zone des argiles réfractaires (60-76, décret 22/04/1960), celle des sables et graviers d’alluvions (02, 60, décret 11/04/1969), celle de la silice (60, décret 23/12/1992). Une zone pour les galets de silex à l’étude.

Utilisation économe et rationnelle des matériaux

Afin de garantir la pérennité des ressources, il est nécessaire de continuer dans le développement de méthodes de substitution et dans le recyclage. Les méthodes évoluent, avec notamment l’utilisation des produits recyclés issus des déchets du BTP (par ex. retraitement/recyclage d’enrobés, mâchefer d’UIOM*), le traitement in situ des matériaux argilo-limoneux de couverture et de la craie.

De même, sont recherchées des solutions économes en ressources dans la construction et privilégiés les produits les plus nobles pour des usages où à ce jour il n’existe pas de substitution connue ou validée.

Sont mis en œuvre des schémas locaux de transport pour les sites de carrières et l’intégration de critères économiques et environnementaux du transport des matériaux dans les grands chantiers de construction.

Pollutions et nuisances potentielles risquant d’être la cause de difficultés lors de l’ouverture et l’exploitation de carrières

Les principales nuisances susceptibles d’être associées aux carrières, outre le bruit, la poussière et le trafic liés à l’exploitation, résident dans l’intégration paysagère et les perturbations, voire destructions, susceptibles d’être occasionnées à l’eau, à la faune et la flore, durant et après exploitation. Une attention particulière est donc portée sur ces aspects lors de l’instruction des demandes d’autorisation et notamment quant au réaménagement et actions de réhabilitation de sites dégradés. Une réhabilitation de carrière bien conduite peut rendre à un site une valeur écologique certaine, bien que les milieux créés soient rarement comparables aux milieux d’origine.

Cas des hydrocarbures non conventionnels

Le sud-est de l’Oise et le sud de l’Aisne présentent un gisement potentiel pour l’exploitation des gaz et huiles de schiste.

Une concession a été accordée en 2010 (permis de Château-Thierry) et maintenue suite à la loi du 13/07/11. Une déclaration d’ouverture de travaux miniers a été déposée en 2010 sur ce périmètre, mais aucune activité d’exploitation n’est actuellement envisagée sur ces sites. Seules des études au titre des recherches seront effectuées.

[1UNICEM, 2009

[2DREAL inspections classées (2010)

[3UNICEM, 2009

[4UNICEM, 2009

[5Source : UNICEM, 2009 in documents préparatoires aux SDC P 2012 - Producteur : UNICEM

[6Pannet P. et Colin S., 2009

  • Production de granulats en Picardie

    Source : UNPG, UNICEM, 2010 / Producteur : UNICEM

  • Carte des zones d’extractions de matériaux actuelles ou passées

    Note pour la lecture : représentation schématique non représentative en taille
    Sources : DREAL, 2011