DREAL HAUTS-DE-FRANCE

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Paysages de la plaine de la Lys

Ambiances paysagères

jeudi 9 juin 2011


Histoire d’amour ?

La valeur de l’eau
interroge. Est-elle
un atout ou une
contrainte ? Participe-
t-elle pleinement
à caractériser ces
paysages ?

La plaine de la Lys incarne un paysage archétypal du
Nord de la France, ce paysage volontiers décrit comme
morne par ceux qui le traversent : plat, labouré, très habité,
ponctuellement industriel… Comme la plaine de la Scarpe
avec laquelle les affinités sont évidentes, la plaine de la
Lys est un condensé d’une certaine « nordicité » rurale et
sinueuse qui pourrait se baser sur le triptyque suivant :
- une agriculture performante qui est parvenue à faire
littéralement émerger un espace agricole,
- une imbrication intime entre ruralité et industrialisation,
entre habitat rural dispersé et habitat ouvrier
périurbain,
- une certaine autonomie de penser et d’agir, ici
fortement développée, qui trouve à se lire jusque dans
les paysages.


Concordances, discordances

La route suit l’eau…
qui suit l’invisible ! La
platitude des sols de la
plaine de la Lys est une
illusion d’optique. La
réalité est beaucoup plus
complexe et explique
sans doute le plaisir
répété que prennent les
watergangs à changer
sans cesse de direction.
Les déplacements dans la
plaine ont ainsi quelque
chose d’absurde : au
plat pays, la route droite
n’existe pas.

Ces caractéristiques morphologico-politiques conduisent
à des paysages étonnamment homogènes avec une très
grande force de révélation, qui n’interdit pas une certaine
diversité. La plaine a le souffle et l’élan pour imposer son
modèle un peu hégémonique, sa monotonie sans doute,
mais également son étrange fonctionnement au sein
duquel les repères s’affolent, l’orientation se dissout… En
effet, pour qui prend le temps d’y pénétrer, la plaine est
un paysage de la perte, de l’errance. C’est un labyrinthe
sinueux et un peu magicien, ou le chemin tout d’un coup
s’arrête pour obliquer à angle droit sans raison apparente.
Contrairement à la plaine de la Scarpe, qui décidément
s’impose comme un référentiel comparatif, il n’y a pas ici
de gradient : dès les bordures et jusqu’au coeur canalisé,
la plaine déroule ses labours sillonnés d’eau et de routes.
On ne pénètre pas lentement dans l’humide, on ne joue
pas à cache-cache avec des marais, on ne découvre pas
des trésors d’isolement grouillants de vie… La plaine est
unique et monolithique, paraissant complètement maîtrisée
et épanouie. Ses ambiances doivent beaucoup à la relation
entre les infrastructures et l’habitat, entre l’habitat et la
campagne. La Lys est une terre d’habitat linéaire. La route
apparaît en première lecture comme une ligne de vie sur
laquelle s’accrochent les maisons. Un regard approfondi
révèle que l’eau canalisée a précédé la route, cette
dernière s’établissant sans doute sur le bourrelet de terre
dégagé de la rivière. La ferme profitait également de ces
quelques centimètres au-dessus des eaux. Mais avec la
proximité de la Métropole lilloise, la Lys est aujourd’hui une
terre néo-urbaine en expansion, à coup de constructions
individuelles elles aussi principalement réparties le long des
voies existantes. Malgré tout, la plaine parvient aujourd’hui
encore à préserver son mystérieux pouvoir de fascination,
en grande partie lié à la répétition infinie d’un unique motif.
La diversité se réfugie dans le cours de la Lys canalisée,
avec son chapelet de villes et d’industries ou encore aux
abords du vaste massif de la forêt de Nieppe.

Le paradoxe de ces paysages est qu’ils sont sans doute
parmi les plus regardés, mais également les plus méconnus
de la région ! D’importantes voies de circulation donnent à
voir les paysages de la plaine : la RN 42 les surplombe, l’A
25 les traverse. Mais ces perceptions à grande vitesse ne
parviennent pas à toucher l’âme paysagère de ces lieux.
Quiconque se donne le temps par une journée couverte de
prendre librement à droite et à gauche au hasard à la sortie
d’une commune ou d’une autre sera perdu en dix minutes
sans plus savoir s’orienter ! Heureusement, des vues
lointaines offrent de loin en loin des cadrages salvateurs :
les monts de Flandre au Nord, des terrils au Sud.

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