Énergie, climat, air, logement et aménagement

Filière bois construction

, par Anne-lise Demeulenaere


Le matériau bois, des ressources variées et adaptables


Dans les années 80, la notoriété de construction bois se résumait à la charpente traditionnelle et aux constructions en bois lamellé-collé. De nombreux équipements sportifs, dont le stade couvert de Liévin (62), témoignent de cette époque.
Si une tentative de promotion de la construction de maisons individuelles en bois avait été lancée alors, cette action ne s’était pas inscrite dans la durée.

Depuis plus de vingt ans, la filière bois régionale s’est organisée pour promouvoir l’utilisation du bois principalement dans la construction, et grâce à la sensibilisation et à la formation des concepteurs, des projets bois ont rapidement commencé à voir le jour.
Au début des années 2000, la demande pour des constructions bois est allée croissante du fait de la demande des architectes, mais aussi de la commande publique poussée par les critères écologiques de la « Haute Qualité Environnementale ». Les projets de construction étant de plus en plus conséquents, les entreprises existantes ont dû se renforcer et de nouvelles entités ont vu le jour.

Un indicateur du formidable développement de la construction bois a été l’apparition sur le marché français de nouveaux produits jusque là pratiquement inconnus des professionnels. De nombreux industriels européens ont profité de la dynamique bois pour proposer des produits déjà bien rodés chez eux : le LVL pour les scandinaves, les bois aboutés KVH® et les CLT pour l’Allemagne et l’Autriche. Ces composants encore peu produits en France sont aujourd’hui connus de tous et disponibles dans certains négoces (KVH® et LVL) ou en direct auprès des industriels. L’offre produit est devenue européenne.
Outre la commande publique, le bois s’est bien développé sur d’autres secteurs : les logements collectifs , l’immobilier d’entreprise.

Aujourd’hui, les exigences de la réglementation thermique ont permis au bois de démontrer ses énormes capacités de réponses techniques variées et adaptables à de nombreuses situations. Les éléments de façades comprenant isolation, menuiseries, parement intérieurs et extérieurs peuvent être entièrement fabriqués en usine. L’intervention sur chantier se résume alors à une simple pose d’éléments finis sans nuisances sonores ni d’encombrement de voirie comme cela peut être le cas avec d’autres modes constructifs.
Cependant, la part de construction bois pour la maison individuelle est relativement décevante alors que c’est un secteur à grand potentiel. Des études marketing avancent que la maison préférée des français est en bois. Les entreprises ont démontré leur savoir faire et les différents systèmes constructifs, leur capacité à répondre sans artifices techniques aux critères exigeants du label « Passivhauss ».

Pourtant la part de marché de ce secteur n’est que de 9,3% pour les quatre régions Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute et Basse Normandie, alors qu’il frôle les 20% dans l’Est ou chez nos voisins belges. La raison vient a priori du nombre insuffisant d’entreprises qualifiées « Constructeur de Maison Individuelle »
(UNCMI), mais aussi, contrairement à ce qui se passe en Belgique, de la non obligation du recours à l’architecte quelle que soit la surface construite. En effet, faire appel à un architecte (en tant que prescripteur) favorise l’utilisation du bois dans la construction. Certains verront, pour expliquer la faiblesse du marché régional, les contraintes esthétiques liées au bois ou son inadéquation aux clauses de « PLU » préconisant la brique.

Une maison bois performante n’a pas forcément une apparence bois, tous les revêtements de façades peuvent y être appliqués.

Rémy Delécluse, CNDB

Source : la lettre de la qualité de la construction n°14 de décembre 2013