Promotion de la transition écologique et solidaire

Économie verte

, par Eléonore Drouet

La limite rencontrée par les économies occidentales impose de construire un nouveau modèle de développement, qui soit productif tout en respectant les grands équilibres naturels et sociaux : l’économie verte est un des nouveaux modèles économiques existants.

L’économie verte se caractérise par des investissements et des dispositions techniques qui visent à éviter, à réduire ou à supprimer les pollutions et, en particulier, les émissions de dioxyde de carbone, tout en utilisant au mieux les ressources énergétiques disponibles. L’économie verte regroupe ainsi deux types d’activités :

  • des activités classiques réalisées avec des procédés moins polluants et/ou moins consommateurs d’énergie,
  • et les éco-activités dont la finalité est la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles.

L’essor de l’économie verte est possible d’une part grâce à l’engagement des entreprises dans cette démarche avec le développement de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ; et d’autre part grâce à l’évolution des métiers vers des « emplois verts ».

La responsabilité sociétale d’une entreprise ou RSE correspond à sa contribution aux objectifs du développement durable. Adopter une stratégie RSE pour une entreprise signifie l’intégration volontaire au quotidien des préoccupations sociales, environnementales, et économiques et de gouvernance dans toutes ses activités et ses interactions avec leurs parties prenantes. Toutes les entreprises, quels que soient le secteur d’activité ou la taille de l’entreprise, peuvent être concernées.

Par ailleurs, la transition vers un modèle économique plus sobre et plus durable suppose la transformation de nombreuses filières et donc l’évolution des métiers qui y sont liés. Ces métiers en évolution sont qualifiés « d’emplois verts », définis comme des métiers existants ou nouveaux, dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser et corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement. On parle d’emplois « verdissants » pour les métiers dont la finalité n’est pas environnementale mais qui intègrent de nouvelles compétences pour prendre tout de même en compte la dimension environnementale.

En France, l’État se mobilise pour encourager le développement de l’économie verte. Le Ministère de la Transition Écologique pilote le plan national de mobilisation pour les emplois et les métiers de l’économie verte. Dans cette démarche, la participation des territoires est essentielle afin de faire émerger des solutions adaptées à chacun, notamment lorsqu’il s’agit de transition des emplois.

Marquée par un développement industriel historiquement non durable qui a laissé des traces, et plus concernée que d’autres sans doute par certains enjeux liés au changement climatique, la région Hauts-de-France a un besoin fort de développer son économie verte. Depuis plusieurs années en Hauts-de-France, de nombreuses initiatives ont vu le jour et évoluent, faisant de l’économie verte un secteur de plus en plus dynamique et des Hauts-de-France une région porteuse d’innovations.


La DREAL s’est engagée dans une meilleure connaissance de l’économie verte en région. Pour cela, elle a entamé des démarches afin d’accumuler de la connaissance sur les filières à promouvoir, et sur l’adaptation de l’emploi.

Concernant les filières porteuses de l’économie verte en région, une première étude avait été menée en 2012 à l’aide du Cd2e, « État des lieux et analyse des besoins en matière de formation des actifs en région Nord-Pas-de-Calais » (étude antérieure à la fusion des régions). Cette étude avait mis en avant trois filières porteuses de l’économie verte en région : les énergies renouvelables, l’éco-construction, et le recyclage.
En 2017, suite à la fusion des régions, cette étude a été complétée par le « diagnostic territorial de l’économie verte et du développement durable en Picardie », mené par Katalyse-Airele. Celui-ci a permis d’identifier les secteurs prioritaires de l’économie verte en Picardie, soit ceux à fort potentiel de création de valeur ajoutée et d’emploi : agriculture durable, chimie du végétal, éco-rénovation, filières bois, fret vert, génie écologique, méthanisation, recyclage et valorisation matières. Il a aussi permis d’élaborer un plan d’action concerté des services de l’État pour favoriser le développement des segments porteurs.

La question de l’emploi a quant à elle fait l’objet de deux études menées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en partenariat avec la DREAL.
La première, intitulée « L’emploi vert en Nord-Pas-de-Calais : un essor lié au recyclage et aux nouvelles normes  » a été publiée en juin 2013. Elle désignait le Nord-Pas-de-Calais comme étant la 4e région verte de France, avec plus de 9 000 emplois directement liés à l’économie verte et près de 224 000 emplois liés aux savoir-faire influencés par la dimension environnementale. L’étude mettait en avant l’importance des secteurs d’activités liés au recyclage et au traitement des déchets, une particularité régionale.
La seconde, « Des effectifs salariés en légère hausse dans les activités vertes », a été publiée en 2017, et portait cette fois-ci sur l’ensemble de la région Hauts-de-France. Elle a permis d’établir qu’en 2014, 66 000 salariés étaient employés dans les activités vertes, avec une forte concentration dans les activités liées à la construction et à la gestion des déchets, et un fort dynamisme de ce secteur à Lille, Valencienne et Dunkerque.

Par ailleurs, en 2013, le Centre régional de ressources pédagogiques (C2RP) a également conduit une étude sur l’adaptation de l’emploi en Nord-Pas-de-Calais : "Étude sur les gisements et mutations d’emplois liés à l’économie verte en Nord-Pas-de-Calais". Ce travail propose une vision prospective à l’horizon 2020 de la création et la mutation des emplois dans le domaine de la performance énergétique des bâtiments, du recyclage et de valorisation matière, ainsi que des énergies renouvelables.


Les acteurs des Hauts-de-France proposent également des regards intéressants sur l’économie verte et les emplois associés, notamment le CD2E et le C2RP.

Fondé en 2002,le CD2E (Centre de Développement des Eco-Entreprises), basé à Loos-en-Gohelle, Lille et Amiens est une association qui a pour vocation de faciliter les transitions énergétiques et écologiques de l’économie régionale des Hauts-de-France. Pour cela, le CD2E soutient, conseille et forme les entreprises et les territoires sur les secteurs du bâtiments durable, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire. Grâce à l’expertise et l’ingénierie acquises dans ces trois domaines, le CD2E est aujourd’hui un centre de formation et d’innovation, un lieu de développement de réseaux et d’affaires, un tremplin pour les porteurs de projets et un espace de partage d’expériences.

Créé en 1997, le C2RP est un groupement d’intérêt public qui accompagne l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’orientation, de la formation et de l’emploi. Il est au service des acteurs publics (État, Région, partenaires sociaux) et des professionnels.


Initiés en 2004 grâce à une politique nationale, les pôles de compétitivité rassemblent sur un territoire donné des entreprises de toutes tailles, des acteurs de la recherche et des établissements de formation pour développer des synergies et des coopérations autour d’une thématique commune. Cette union de toutes les énergies au service de l’innovation permet aux entreprises engagées dans ces partenariats de prendre une position de premier plan sur leurs marchés, en France et à l’international. Les pôles de compétitivité jouent un rôle clef pour dynamiser l’économie verte, en formant un écosystèmes de clusters dédiés à l’innovation collaborative.

L’État s’attache à promouvoir un environnement global favorable aux entreprises et à l’innovation et à soutenir l’effort de recherche et de développement déployé au sein des pôles de compétitivité. Ainsi, aux niveaux national ou régional, il accompagne leurs développements avec les collectivités territoriales.
En 2019, la France compte 55 pôles de compétitivité dont 7 sont situés en région Hauts-de-France :

dernière mise à jour : 15/12/2020

Pour en savoir plus

Site du Ministère de la Transition Écologique : "Économie verte"
Site Minsitère de l’Économie, des finances et de la relance : "Qu’est-ce que l’économie verte ?"
Site du Ministère de la Transition Écologique : "La responsabilité sociétale des entreprises"
Plateforme des Pôles de compétitivité
Site du Ministère de la Transition Écologique : "Pôles de compétitivités"
Site du Cd2E
Site du C2RP

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