Les territoires vulnérables au ruissellement en Hauts-de-France  Étude régionale du CEREMA

, par Patrice Caray

La DREAL Hauts-de-France a commandé une étude, réalisée par le CEREMA en 2020 et 2021, visant à cartographier le risque « inondation par ruissellement » à l’échelle de la région.

A quoi servent ces cartes ? Pourquoi ont-elles été produites ?

Les cartes produites dans le cadre de cette étude permettent d’avoir une vision homogène du risque inondation par ruissellement à l’échelle de la région Hauts-de-France et d’identifier les bassins versants les plus menacés au regard de la vulnérabilité des biens et des personnes.
La région Hauts-de-France est en effet sujette à de nombreux épisodes d’inondation par ruissellement, qui peuvent causer des dégâts sur les biens et les personnes, lors de forts orages de printemps ou d’été le plus souvent.
Certains territoires agissent déjà pour lutter contre le ruissellement, cependant il s’agit souvent d’actions d’hydraulique douce visant à réduire l’érosion agricole et à limiter les impacts sur les cours d’eau et les nappes. Ces actions sont bien adaptées pour des épisodes de ruissellement modérés (évènement jusqu’à une pluie décennale environ), mais ne suffisent pas lors d’épisodes plus intenses (pluie trentennale ou plus). Or ceux-ci deviennent plus fréquents avec le changement climatique.
De plus les territoires n’ayant pas (encore) connu d’orage intense n’ont peut-être pas conscience de leur vulnérabilité.

Les cartes de cette étude ont pour vocation d’interpeller les acteurs et les inciter à agir, notamment sur la réduction de la vulnérabilité de leurs territoires et la maîtrise de l’urbanisme.

Comment ont-été produite ces cartes ?

L’étude a été réalisée à partir de la méthode Exzeco (EXtraction des Zones de concentration des ECOulements), qui s’appuie sur une analyse topographique pour déterminer des emprises potentiellement inondables par ruissellement.
Les cartographies résultent d’un croisement, à l’échelle de chaque petit bassin versant de la région Hauts-de-France, entre ces emprises potentiellement inondables et les enjeux qui y sont exposés.

Zonage des estimations d'enjeux en zone potentillement inondable par ruissellement

Quelles cartes peut-on trouver dans cette étude ?

  • Vulnérabilité des petits bassins versants au regard de la surface urbaine en zone potentiellement inondable par ruissellement.
  • Vulnérabilité des petits bassins versants au regard du nombre total de logements en zone potentiellement inondable par ruissellement.
  • Vulnérabilité des petits bassins versant au regard du nombre de logements construits entre 2008 et 2018 en zone potentiellement inondable par ruissellement.
  • Vulnérabilité agrégée par grand bassin versant.
Remarques : Les données SIG relatives aux emprises potentiellement inondables peuvent être mises à disposition des collectivités concernées, à leur demande, lorsqu’elles s’engagent dans la réalisation d’une étude locale.

Quelles sont les limites de ces cartes et données ?

  • La méthode de modélisation « sèche » ne prends pas en compte certains freins ou obstacles aux écoulements, tels que les zones boisées ou les grandes infrastructures routières par exemple.
  • L’évaluation du risque résulte du « nombre » d’enjeux exposés, mais ne reflète pas nécessairement l’intensité de l’aléa (hauteur, vitesse) ni la gravités des impacts d’un évènement.
  • L’effet aggravant ou limitant des réseaux d’assainissement dans les secteurs urbains n’est pas pris en compte
  • Les talwegs drainant de très petits bassins versants (inférieurs à 1 km²) ne sont pas pris en compte, bien qu’ils puissent parfois être identifiés « à risque » dans des études plus fines.
Ces limites invitent à être prudents quant à l’interprétation des cartes. Celles-ci permettent d’attirer l’attention sur les secteurs où il semble nécessaire d’agir, mais ne suffisent pas à conclure sur le niveau de risque ni les mesures à prendre. Une approche locale reste nécessaire, pour affiner la modélisation et définir une stratégie d’action adaptée contexte local et à différentes intensités de pluie, en conjuguant le cas échéant : évolution des pratiques agricoles, hydraulique douce, hydraulique structurante, maîtrise de l’urbanisation, réduction de la vulnérabilité, gestion des eaux pluviales urbaines.

Pour aller plus loin :

  • L’agence de l’Eau Artois-Picardie (AEAP) est en cours d’élaboration d’un modèle de cahier des clauses techniques particulières (CCTP) à destination des maîtres d’ouvrages pour des études et des opérations d’aménagement. Le modèle de CCTP sera disponible prochainement sur le site internet de l’AEAP.

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