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Assises nationales de la mobilité : les ateliers territoriaux en Hauts-de-France

, par Claire Rigaud


Dans le cadre des Assises de la Mobilité dans les Hauts-de-France, voici un récapitulatif des ateliers territoriaux qui se sont déroulés dans la région.


Le 7 novembre, Nogent-sur-Oise accueillait le premier atelier territorial organisé en Hauts-de-France. Organisé sous l’égide de Francis Cloris, sous-préfet de Senlis, et Jean-François Dardenne, maire de Nogent-sur-Oise, cet atelier a permis à la soixantaine de participants d’échanger sur la mobilité dans le bassin Creillois et vers l’Ile-de-France.

Des enjeux de déplacements locaux et à longue distance de « grands mobiles »

Dans le département de l’Oise, la mobilité domicile-travail y est une des plus importantes de France. Le territoire se caractérise par une part importante de déplacements quotidiens d’actifs vers les pôles d’emplois de l’Ile-de-France, avec des distances et des durées de déplacements domicile-travail bien supérieurs aux moyennes nationales. Le territoire est doté de nombreuses infrastructures routières et ferroviaires constituant un atout pour la mobilité des actifs. Les attentes fortes de la réalisation du barreau ferroviaire Roissy-Picardie qui permettra un accès direct à la zone d’emplois de l’aéroport Charles-de-Gaulle ont été exprimés par de nombreux acteurs, ce projet répondant aux enjeux de déplacements propres et intermodaux du quotidien.

Les trois thématiques abordées lors de cet atelier, des mobilités plus propres, plus solidaires et plus intermodales ont permis aux participants de souligner les expériences déjà menées sur le territoire comme l’harmonisation des tarifs des transports interurbains à l’échelle du département ou les initiatives de covoiturage.

Construire les services de transports avec les usagers

Ils ont aussi permis d’identifier des freins à l’intermodalité et l’usage des transports en commun tels que l’absence de parkings à vélos sécurisés dans les lieux de vie ou une articulation et une amplitude des horaires perfectibles entre les lignes d’un même réseau. Ils souhaiteraient que soient développés sur leur territoire les services de transports à la demande, une billettique unique avec l’Île-de-France tenant compte des revenus de chacun et des systèmes d’informations multimodaux au plus près de l’usager, par exemple dans les entreprises, collèges, universités, centres commerciaux.

Les participants ont apprécié l’opportunité qui leur a été offerte de s’exprimer sur les mobilités et souhaitent pouvoir être associer à l’avenir aux réflexions que pourraient mener les acteurs locaux et les autorités organisatrices de transport sur le territoire.


Le second atelier territorial des Hauts-de-France s’est déroulé le 8 novembre 2017 à Poix-de-Picardie, berceau de la création en 2012 de la plateforme de mobilité "TISOA" (Transport Intercommunal du Sud-ouest Amiénois). Au mois de juin 2017, la Communauté de Communes Somme Sud-Ouest (CC2SO) née de la fusion de 3 intercommunalités a lancé le projet de définition d’un plan de mobilité rurale à l’échelle de son territoire élargi. La quarantaine de personnes présentes a été répartie en 6 ateliers et a pu échanger sur les différentes thématiques des assises.

Des enjeux spécifiques au milieu rural

Selon un participant "Ici, tant que l’on a une voiture, il n’y a pas de problème de mobilité" : c’est bien le mode de transport privilégié de ce territoire où les flux sont majoritairement orientés sur Amiens, Abbeville et les bourgs-centre de la CC2SO. Les principales raisons identifiées sont : les habitudes, la bonne accessibilité routière, l’offre en transport en commun inadaptée, le manque de services et d’équipements à proximité, les aires de co-voiturage insuffisantes, la typologie du territoire peu adaptée à l’usage des modes actifs…

Les atouts et les propositions pour améliorer la mobilité de tous :

Les atouts du territoire les plus fréquemment cités sont :

  • l’offre de service de transports à la demande (TAD) et le ramassage scolaire organisés par la CC2SO,
  • la solidarité entre voisins…

Les propositions des groupes de travail ont porté sur :

  • le développement de l’offre de TC (en fréquence et en desserte) avec une tarification adaptée aux revenus,
  • l’extension du TAD le week-end et pendant les congés scolaires notamment pour les personnes à mobilité réduite,
  • le développement des aires de co-voiturage et de la mise en relation des automobilistes, la location de vélos électriques dans les bourgs, * la mise en place d’actions en faveur de la sécurisation des déplacements, et notamment, un contrôle des connaissances du code de la route obligatoire et gratuit tous les 10 ans, un contrôle médical de l’aptitude à la conduite obligatoire à 65 ans…
  • l’aide au développement de plans de déplacements pour les entreprises à partir de 50 salariés
  • l’amélioration de l’intermodalité…

Ces actions doivent s’accompagner d’une meilleure communication sur les modes de déplacement disponibles avec des outils adaptés et faciles d’accès (par exemple une application mobile qui renseigne sur tous les modes de déplacement).

Pour optimiser, voire réduire les déplacements, le développement de la dématérialisation des démarches administratives est préconisé ainsi que le développement des services et équipements de proximité.

Enfin, tous les participants ont souligné qu’une acculturation progressive aux nouveaux modes de déplacement sera nécessaire pour réussir les mobilités de demain.


Jeudi 9 novembre à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) s’est tenu l’un des 5 ateliers territoriaux organisés dans les Hauts-de-France dans le cadre des Assises de la Mobilité. La soirée s’est tenue sous la présidence conjointe du Préfet du Pas-de-Calais et de Jean-François Caron, Maire de Loos-en-Gohelle. Une cinquantaine de participants ont répondu présents à leur invitation afin d’échanger sur les enjeux de mobilité dans le Bassin Minier.

Traiter les inégalités sociales et territoriales

Le Bassin Minier est caractérisé par un réseau dense de villes moyennes où la mobilité est marquée par une dépendance importante à la voiture alors même qu’une forte proportion de ménages ne possèdent pas de voiture. Ses habitants sont donc confrontés à des enjeux de précarité énergétique et de vulnérabilité.
Au cours de cette rencontre, les participants (élus, représentants associatifs et citoyens) ont échangé pour faire des propositions plus particulièrement sur les thèmes de mobilités plus solidaires, plus propres et plus intermodales.

Lever les freins pour un meilleur report modal

Les débats ont pointé les freins culturels à l’abandon de l’utilisation de la voiture ou encore le besoin de rééquilibrer l’aménagement des territoires dans l’objectif de réduire le besoin de déplacements et de favoriser les modes actifs.
Les réflexions ont ensuite mis en avant des propositions comme la multiplication des aires de covoiturage, des transports collectifs interopérables et moins chers voire gratuits, mieux communiquer sur ces offres de transports collectifs pour les rendre plus accessibles. Ou encore sécuriser les déplacements en vélo, développer des services de mobilité de proximité et le télétravail.

Le Préfet de conclure que ces assises, et plus particulièrement les ateliers territoriaux, permettent de mettre le citoyen au cœur des débats afin de répondre aux mobilités de demain.


Les ateliers organisés dans le cadre des assises de la mobilité continuent à attirer les citoyens, les élus, les associations et les acteurs de l’aménagement du territoire. Le 15 novembre dernier avait lieu le 4ème atelier mobilité, organisé au Familistère de Guise, dans l’Aisne. Après une introduction de Monsieur Nicolas Basselier, préfet de l’Aisne, la soixantaine de personnes présente s’est répartie en trois ateliers pour traiter les six thématiques liées à la mobilité : plus propre et plus solidaire, plus intermodale et plus connectée et enfin plus sûre et plus soutenable.

Quelles solutions pour un milieu rural ?

Ces trois ateliers ont été organisés pour donner avant tout la parole aux citoyens, pour qu’ils fassent part de leurs expériences de mobilité, des difficultés qu’ils peuvent rencontrer pour se déplacer et proposer des solutions qui puissent améliorer leur mobilité en général. La présence d’élus et d’associations a permis de nourrir les discussions et d’enrichir les débats pendant plus d’une heure. Beaucoup d’idées sont ressorties de ces échanges comme, par exemple, la mise en place de plateformes de mobilité locales pour mutualiser l’information concernant les transports collectifs, améliorer le covoiturage et les services de mobilité en général ou encore accompagner les citoyens pour mieux comprendre le fonctionnement des transports à disposition. Les notions de télétravail, de mobilité électrique, de mobilité douce, de véhicules autonomes ou de réseaux ferrés ont aussi été largement abordés. Les solutions proposées lors de ces ateliers alimenteront la réflexion nationale.

Un service public itinérant en Thiérache

Les ateliers mobilités ont aussi été l’occasion pour la communauté de communes "Thiérache Sambre et Oise" de présenter leur service public itinérant : c’est un camping-car qui dessert 32 communes, quatre jours sur cinq en respectant un planning précis, et qui permet aux communes isolées d’avoir un accès privilégié aux services administratifs de l’État au moins une fois par semaine. En test jusqu’au 31 janvier 2018, cette solution innovante adaptée au milieu rural a déjà permis à plus de 355 personnes d’accéder aux services des partenaires (CPAM, Mission locale, CAF, MSA, CARSAT, Pôle Emploi….)


Les assises de la mobilité ont abordé la question de la mobilité dans une métropole, sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille (MEL) le 16 novembre 2017.

Après les propos d’accueil de M. Régis Cauche, conseiller métropolitain délégué de la MEL et de M. Olivier Jacob, secrétaire général de la Préfecture du Nord, environ 40 participants ont pu travailler en groupe sur 3 thèmes : une mobilité plus propre, plus intermodale et plus connectée.

Des enjeux spécifiques à une métropole

Les débats ont permis de reposer les atouts du territoire, comme : des réseaux de transports denses (TC, fer, routes) avec un hub de grande envergure sous la gare Lille Flandres, une billettique unifiée PASSPASS et une agglomération dense en habitants mais aussi en services, propice aux courtes distances. La MEL présente aussi de nombreux atouts face aux évolutions technologiques.
Plusieurs propositions se sont concentrées sur les besoins de communication et de pédagogie pour encourager les changements de comportement. Développer des "standards" communs pour faciliter l’interopérabilité des solutions de mobilité ou dégager de nouvelles sources de financement pour les mobilités alternatives à l’automobile utilisée "seul" ont notamment été cités.
Les principales attentes des participants en matière de mobilité dans le territoire ont été exprimées : il en ressort notamment une gouvernance accrue sur les différents systèmes avec mise en uniformité et mise en place d’un portail unique et d’un compte mobilité tout mode, une offre complète aux territoires les plus éloignés et une expérimentation territoriale pour trouver des solutions aux freins législatifs.

Un projet innovant de péage positif

La MEL promeut les nouvelles mobilités, un plan vélo ambitieux et des réflexions innovantes. La MEL a organisé en 2016 une consultation publique sur ces thématiques et un "FabMEL" réunissant 150 citoyens et représentants d’associations pour ébaucher des solutions pertinentes face aux usages des citoyens.

Un projet de péage positif pour lisser les pics de trafic aux heures de pointe a fait l’objet d’une présentation spécifique lors de l’atelier.


Pour plus d’information sur les Assises de la mobilité, vous pouvez consulter le site dédié.

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