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Emissions de CO2 liées aux déplacements quotidiens des actifs et des étudiants en Nord-Pas-de-Calais Une étude de l’INSEE, en partenariat avec la DREAL et la Région Nord - Pas-de-Calais

, par Ségolène Goubet

Pour lutter contre le réchauffement climatique et le contenir à un niveau d’élévation de 2° C, le Grenelle de l’environnement, consacrant les objectifs fixés par le Conseil Européen et le protocole de Kyoto, a fixé un objectif de réduction par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 par rapport à leur niveau de 1990, et plus particulièrement un objectif de réduction des émissions du secteur des transports de 20% d’ici 2020.

L’Insee, en partenariat avec la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement et la Région Nord - Pas-de-Calais, présente une étude visant à connaître le niveau des émissions liées aux déplacements quotidiens en Nord-Pas-de-Calais ainsi qu’à évaluer l’impact des différents leviers de politiques publiques en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les nordistes émettent plus de CO2 qu’en moyenne de province uniquement du fait de trajets plus longs

En 2007, 1,6 million d’actifs ou d’étudiants résidant en Nord-Pas-de-Calais effectuent une navette quotidienne pour se rendre sur leur lieu de travail ou leur lieu d’études. Ainsi, chaque année, les navetteurs nordistes parcourent près de 34 millions de kilomètres et émettent 1 116 000 tonnes de CO2. La région émet ainsi plus de CO2 que son poids démographique ne le laisse présager, chaque navetteur émettant en moyenne 697 kilogrammes de CO2 pour ses déplacements domicile-travail ou domicile-étude, soit 4% de plus qu’en France de province.

Ce surplus d’émissions s’explique par le fait que les actifs nordistes effectuent des parcours en moyenne plus longs. La distance moyenne aller-retour des trajets des actifs et étudiants nordistes s’établit en effet à 21 km, près d’un kilomètre de plus qu’en moyenne de Province.

Une structuration de l’espace qui favorise des déplacements plus longs

Le volume d’émission du Nord-Pas-de-Calais, région fortement urbanisée, est paradoxal dans la mesure où la très grande majorité des régions urbanisées ont des émissions en dessous de la moyenne. La région se distingue toutefois par la structuration de l’espace, où un système multipolaire comprenant de nombreuses agglomérations de taille importante favorise les navettes inter-agglomérations, contribue à allonger les trajets et participe de fait aux sur-émissions de la région.

Des émissions importantes pour les habitants des Flandres et du Douaisis

Au niveau des zones d’emploi, les résidents de Flandre-Lys sont ceux qui émettent le plus de CO2 avec 870 kilogrammes de CO2 par an. Ces sur-émissions se retrouvent dans d’autres territoires à vocation résidentielle (Douai, Béthune-Bruay, Maubeuge, Berck-Montreuil). A l’inverse, les résidents de Lille et Roubaix-Tourcoing émettent respectivement 560 et 540 kilogrammes. Ces écarts s’expliquent d’une part par les différences constatées au niveau des distances parcourues et d’autre part selon le recours aux transports en commun. Ces deux facteurs sont liés à l’organisation spatiale et fonctionnelle de la région, dont le système de déplacements domicile-travail est fortement structuré autour de la zone d’emploi de Lille.

Pour en savoir plus : accéder au site de l’INSEE

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