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Action « perchloroéthylène » autour des pressings

, par Administrateur EN

En France, le perchloroéthylène est utilisé dans près de 95 % des pressings. Il s’agit d’un solvant chloré employé comme détachant pour les tissus qui peut s’avérer nocif par inhalation à partir d’une certaine concentration dans l’air ambiant. Malgré un renforcement de la réglementation, les pressings peuvent parfois générer des concentrations de perchloroéthylène élevées dans les locaux voisins. C’est pourquoi les riverains habitant un logement contigu à un pressing peuvent demander la réalisation de mesures gratuites dans leur logement.

Qu’est-ce que le perchloroéthylène ?

Le perchloroéthylène est un solvant qui est principalement utilisé comme détachant pour les tissus, les vêtements ou le dégraissage des métaux. On le rencontre fréquemment dans les pressings pour les opérations de nettoyage à sec. En France, le perchloroéthylène est ainsi utilisé dans près de 95 % des machines de nettoyage à sec. C’est une substance qui a une odeur âcre et qui s’évapore très facilement. A cause de cette propriété, des émanations peuvent se retrouver dans les bâtiments ou logements situés à proximité de l’activité utilisatrice. Dans ces locaux, un risque sanitaire lié à la présence de cette substance peut donc potentiellement exister.

Quel impact sur la santé ?

Ce risque sanitaire est consécutif aux différents types d’effets sur la santé que peut avoir le perchloroéthylène. On distingue deux types d’effets :
les effets aigus lors d’exposition courte à forte dose. Lors d’une exposition de courte durée, la substance est irritante pour les yeux, la peau et les voies respiratoires. Elle peut également avoir des effets sur le système nerveux central occasionnant des maux de tête, des vertiges, etc. L’exposition à des concentrations élevées peut entraîner une perte de conscience.

les effets chroniques lors d’exposition de longue durée. Un contact répété ou prolongé peut avoir des effets sur le foie et les reins. Par ailleurs, d’après le Centre International de le Recherche sur le Cancer, le perchloroéthylène est probablement cancérogène pour l’homme.

L’odeur de la substance n’est pas un signal fiable pour savoir si le niveau de concentration dans l’air ambiant risque d’avoir des effets sur la santé. Le seuil olfactif, c’est-à-dire la concentration à laquelle la substance va commencer à être sentie, est supérieur à la concentration pouvant donner lieu à des effets chroniques.

Que prévoit la réglementation ?

L’activité de nettoyage à sec est encadrée par la réglementation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Elle a été progressivement renforcée en matière de conception et d’exploitation des pressings. Malgré cela, des concentrations parfois préoccupantes de perchloroéthylène dans l’air ambiant des logements riverains des pressings sont régulièrement constatées.

Le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a en conséquence élaboré un programme d’actions. Ce programme comporte des actions qui touchent les exploitants de pressings comme les tiers. Il vise à organiser le retrait progressif du perchloroéthylène ainsi qu’à détecter et supprimer les situations sanitaires non satisfaisantes.

Dans cet objectif, l’arrêté ministériel du 31 août 2009 a été modifié par l’arrêté du 5 décembre 2012 pour interdire l’implantation de nouvelles machines fonctionnant au perchloroéthylène dans les pressings contigus à des locaux occupés par des tiers. Les machines existantes devront quant à elles être remplacées progressivement par des machines n’utilisant pas ce solvant. Plus la machine est ancienne, plus elle devra être remplacée rapidement selon l’échéancier fixé par l’arrêté.

Une autre mesure importante introduite par l’arrêté du 5 décembre 2012 est la fixation de valeurs de concentrations en perchloroéthylène dans l’air intérieur des locaux voisins. Deux seuils ont été retenus par le HCSP : une valeur d’action rapide (1250 µg/m3) et une valeur repère de qualité d’air (250 µg/m3). Cela signifie que si une concentration supérieure à 1250 µg/m3 est mesurée, le pressing sera contraint de mettre en œuvre sous 6 mois toutes les actions de mise en conformité nécessaires pour diminuer ses émissions à un niveau aussi faible que possible. L’exploitant devra également faire surveiller régulièrement les concentrations atteintes. La valeur de 250 µg/m3 est une valeur guide protégeant des effets non cancérogènes à long terme. Avant juin 2015, les pressings ne devront pas être à l’origine de concentration supérieure à cette valeur. En cas de présence de personnes sensibles (femme enceinte, enfant, etc.) dans les logements attenants, des mesures d’urgence, comme l’évacuation des stocks de perchloroéthylène, peuvent être prises.

Comment solliciter la réalisation de mesures dans son logement ?

Pour s’assurer du respect des seuils fixés par l’arrêté et détecter les situations sanitaires non satisfaisantes, une campagne de mesures est actuellement en cours. Les personnes habitant au-dessus d’un pressing ou directement à côté ont reçu, ou recevront, par courrier une proposition de réalisation de mesures de perchloroéthylène dans l’air intérieur de leur logement. Ces mesures sont financées par le ministère de l’écologie et du développement durable et donc gratuites pour ces personnes. Au-delà de cette proposition du ministère, les personnes vivant à proximité immédiate d’un pressing utilisant du perchloroéthylène peuvent demander des informations ou solliciter la réalisation de mesures dans leur logement auprès de la DREAL :

- par courriel à l’adresse suivante : action-perchlo.dreal-npdc@developpement-durable.gouv.fr
- par téléphone au : 03 20 40 54 13

Comme l’odeur n’est pas un signal fiable, l’absence d’odeur de solvant dans un logement ne signifie pas qu’il bénéficie d’une qualité d’air satisfaisante et une campagne de mesures peut tout de même s’avérer utile.

Ces mesures ne sont pas contraignantes pour les personnes occupant le logement puisqu’elles sont réalisées à l’aide de tubes passifs, c’est-à-dire qui n’ont pas recours à une quelconque pompe de prélèvement ou d’aspiration et sont donc totalement silencieux. Ils sont également peu encombrants. Les mesures se déroulent sur une semaine par l’intermédiaire d’un laboratoire privé sélectionné par le ministère du développement durable. Il vient déposer les tubes dans les différentes pièces du logement et les reprendre quelques jours plus tard. Les résultats sont alors généralement disponibles dans un délai de 3 semaines. L’administration transmettra au riverain les résultats consignés dans un rapport d’intervention. Ces résultats seront aussi accessibles par toute personne qui en fait la demande. Bien entendu, les données transmises le seront dans le respect de la vie privée.

En fonction des résultats et de l’ampleur des éventuels dépassements des seuils cités plus haut, des actions seront engagées auprès du pressing concerné.

Quelques conseils de prévention

D’une façon générale, aérer et ventiler permettent de diluer la présence de substances chimiques dans l’air intérieur d’un logement. Les systèmes de ventilation (naturelle par des bouches d’aération ou mécanique avec une VMC) renouvellent l’air en assurant une circulation générale et permanente. Si le logement dispose d’un système de ventilation : il ne faut pas boucher les entrées d’air, ni les grilles ou bouches d’extraction ; ni les cacher derrière un meuble ou un revêtement. Un entretien consistant à les dépoussiérer ou à les nettoyer tous les ans est nécessaire. Tous les trois ans, une vérification du système de ventilation par un spécialiste peut être effectuée.

Cependant, la ventilation à elle seule ne suffit pas. L’INPES recommande d’aérer 10 minutes par jour, hiver comme été, en ouvrant les fenêtres (et d’aérer davantage lorsque vous bricolez, cuisinez, faites le ménage, faites sécher du linge à l’intérieur, ou après une douche ou un bain). Cela permet de renouveler l’air intérieur et de réduire la concentration des polluants.

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