Diagnostic territorial

Contexte

La SNAP 2030 : Vers un réseau d’aires protégées résilient
Lancée en 2021, la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées (SNAP) fixe un cap ambitieux : protéger 30 % du territoire, dont un tiers sous protection forte. Au-delà de cet objectif quantitatif, elle vise une amélioration qualitative du réseau d’aires protégées. Pour répondre efficacement à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité le réseau doit s’articuler autour de quatre piliers fondamentaux :

  • La représentativité : Le réseau doit constituer un échantillon fidèle de la diversité biologique. Il s’agit de couvrir l’ensemble des écosystèmes, des habitats et des espèces qui composent notre patrimoine naturel.
  • La cohérence : Elle garantit l’adéquation entre la valeur écologique d’un site et les mesures de protection et de gestion face aux menaces qui l’impactent.
  • La réplication : En protégeant plusieurs sites similaires, on assure la résilience globale. Si un milieu est dégradé, les sites "répliqués" permettent la survie et la recolonisation des espèces.
  • La connectivité : C’est le lien vital du réseau. Elle permet aux espèces de se déplacer (alimentation, reproduction, migration climatique) et d’éviter l’appauvrissement génétique. Elle est la clé de la stabilité des écosystèmes sur le long terme.

Le diagnostic territorial comme boussole
L’atteinte d’un tel réseau d’aires repose sur une connaissance fine des territoires. L’élaboration d’un diagnostic territorial des zones à forts intérêt patrimoniaux est l’étape préalable indispensable. Ce travail permet de :

  • Localiser les intérêts : Identifier précisément où se situent les réservoirs de biodiversité les plus précieux à l’échelle régionale.
  • Qualifier la biodiversité : Déterminer la nature des espèces et des habitats pour s’assurer que le réseau est bien représentatif du patrimoine biologique régionale.
  • Évaluer la connectivité : Analyser les liens entre les sites pour garantir un réseau connecté, permettant la libre circulation des espèces face aux changements globaux.

Lancé en 2023 dans le cadre du premier plan d’actions Hauts-de-France de la stratégie aires protégées, ce diagnostic est piloté par la DREAL dans le cadre du programme d’action de l’ARB. Financé en 2023 par le plan de relance, il est financé depuis 2024 par le Fonds vert.

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Une méthode scientifique

Le diagnostic a été scindé en deux volets : un sur les espèces et un sur les habitats. Il a donné l’occasion de définir des méthodes de hiérarchisation des intérêts et d’acquérir une maîtrise technique d’outils de modélisation qui favorisera son actualisation et son amélioration. Enfin, il a permis d’identifier certaines limites et de futurs axes de travail comme le croisement entre les deux volets. Les méthodes d’élaboration des deux volets ont été validés en CSRPN.

Avis du CSRPN

Volet espèces
PNG - 37.5 kioRéalisé par le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) des Hauts-de-France, il se base sur la méthode utilisée au niveau national pour l’identification des points chauds insuffisamment couverts par le réseau d’aires protégées terrestre de métropole (Léonard et al., 2021). La liste des espèces ainsi que leur niveau d’enjeu et les objectifs de préservation ont été cependant revus et adaptés au contexte régional.

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Volet habitats

PNG - 9.1 kioRéalisé par le Conservatoire botanique national (CBN) des Hauts-de-France, il se base sur le programme national de cartographie des habitats naturels et semi-naturel CarHab.

Un outil d’aide à la décision

Le diagnostic constitue un outil de connaissance identifiant des territoires à fort intérêt patrimonial sur lesquels il convient de réduire voire supprimer les pressions, dont l’artificialisation.
L’identification de ces zones est ainsi un outil d’aide à la décision pour les politiques publiques œuvrant en faveur de la biodiversité, que ce soit pour :

  • la connaissance ;
  • la protection via la mise en place d’aires protégées ;
  • la gestion ;
  • la restauration de la nature ;
  • la surveillance de la biodiversité ;
  • la planification écologique et l’application de la séquence Erc ;
  • etc.

Le croisement de ce diagnostic avec d’autres données comme les pressions exercées sur la biodiversité (cf. travaux de Suarez et al., 2023) , peut en outre permettre de prioriser les zones à préserver.

Enfin le croisement de ce diagnostic avec le réseau existant d’aires protégées des Hauts-de-France constitue un des axes d’évaluation de sa pertinence et plus largement des politiques en faveur de la préservation de la biodiversité.

Perspectives

Véritable outil d’aide à la décision, il est essentiel de le mettre à jour en lien avec l’évolution des connaissances. En effet, le diagnostic correspond à une photo des points d’intérêt de la biodiversité à un temps donné en fonction des données disponibles et intégrables, mais aussi des objectifs fixés. Il est à actualiser en permanence par l’intégration de données récentes, de nouveaux groupes taxinomiques et de nouvelles connaissances en matière de biodiversité.

Il est aussi à compléter par d’autres approches et travaux menés par ailleurs afin de prendre en compte la spécificité de certains groupes taxinomiques ou d’habitats mais aussi d’autres paramètres de fonctionnement des écosystèmes.

Réalisé à l’échelle régionale, ce diagnostic est à affiner au niveau infra-régional afin d’intégrer les connaissances, enjeux et problématiques locaux.