Axe 2 : Préserver et restaurer la biodiversité

Restaurer la biodiversité partout où c’est possible en mettant l’accent sur la renaturation et la résilience face au changement climatique, et en visant les écosystèmes les plus dégradés.

La préservation et la restauration de la biodiversité constituent un enjeu majeur face aux pressions croissantes exercées sur les écosystèmes dans un contexte de changement climatique. Plusieurs démarches sont portées sur le territoire régional : le déploiement des plans nationaux d’action (mesure 23), la végétalisation et désimperméablisation en ville (mesure 17), le renforcement des continuités écologiques (mesure 16) notamment par la plantation de haies (mesure 19) ou encore le maintien de milieux humides et de prairies (mesures 21 et 20). Les actions présentées ci-dessous illustrent quelques exemples relevant de l’axe 2 ; elles ne constituent pas une liste exhaustive. L’ensemble des actions est détaillé dans la feuille de route régionale.

Tableau des actions de l’axe 2 de la Stratégie Régionale Biodiversité 2030 :
Tableau des actions de l'axe 2 de la Stratégie Régionale Biodiversité 2030 :

Ramener de la nature en ville et renforcer les actions en faveur des trames écologiques dans les Hauts-de-France (Mesure 16 et 17) :

L’urbanisation croissante et l’artificialisation des sols rendent les villes particulièrement vulnérables au changement climatique (îlots de chaleur) et aux risques naturels (inondations). En parallèle, de nombreux obstacles perturbent la circulation des espèces et le fonctionnement des écosystèmes.

Pour y remédier, le développement de la nature en ville, à travers la désimperméabilisation des sols, la végétalisation, la création d’espaces verts et une meilleure infiltration de l’eau constituent une priorité pour des villes plus résilientes :

  • Les Agences de l’eau Artois‑Picardie et Seine‑Normandie financent des études et travaux, tout en accompagnant les acteurs locaux dans le but de ramener de la nature en ville. Pour exemple, à Villeneuve-Saint-Georges (94), dans le quartier Belleplace-Blandin, régulièrement touché par les crues de la Seine et de l’Yerres, 11 hectares de terrains urbanisés vont être renaturés grâce au financement de l’Agence de l’eau Seine-Normandie pour renforcer la résilience face aux inondations et préserver la biodiversité.

De même, la politique Trames Vertes et Bleues vise à rétablir les continuités écologiques par la création de passages à faune (éco-ponts, passes à poissons), la plantation de haies, etc.

  • Des démarches visant à prendre en compte la biodiversité nocturne se mettent en place en région. Le CEREMA soutient les collectivités pour une prise en compte des trames noires, en leur apportant expertise technique, notamment à travers des diagnostics et l’élaboration de plans d’actions. La commune de Courset a par exemple entrepris la rénovation de son éclairage public pour protéger la biodiversité nocturne. De même, le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale a réalisé un mini-guide intitulé « La nuit, pleine de nature et de vie ! » pour accompagner et guider les collectivités dans leurs démarches de restauration des trames noires.

Les milieux artificialisés sont deux fois plus présents en région qu’à l’échelle nationales.

Maintenir et restaurer les prairies (Mesure 20) :

Les prairies naturelles, et notamment les prairies permanentes implantées depuis au moins 5 ans, jouent un rôle environnemental majeur dans les espaces cultivés des Hauts-de-France. Ces espaces, qui sont propices au maintien d’une agriculture diversifiée, abritent des habitats riches de biodiversité, jouent un rôle de filtration contribuant à la préservation de la qualité de l’eau et permettent le stockage du carbone.

Les prairies occupent 10 % de la surface régionale

Face à la diminution progressive de la surface de prairies depuis une dizaine d’année, la feuille de route régionale cherche à encourager le maintien et la création de prairies permanentes à travers différentes actions :

  • La Mesures agro-environnementales et climatique (MAEC) de la PAC (Politique Agricole Commune) « création de prairie » permet de rémunérer les agriculteurs pour la mise en place d’un couvert herbacé diversifié et son maintien pendant au moins 5 ans.
  • Pour 2025, le Conservatoire botanique national de Bailleul met en œuvre un programme, financé par le Fonds vert, articulé en trois actions : développer des outils de suivi de la qualité des prairies, former les agents partenaires à leur utilisation et identifier les moyens pour restaurer les prairies à haute valeur environnementale.
  • La feuille de route vise également à appliquer de façon coordonnée les réglementations encadrant la conversion des prairies permanentes afin d’en préserver les nombreux bénéfices écologiques. Le Plan d’action régional nitrates (PAR) interdit ou limite la conversion de ces prairies dans certains zonages sensibles tels que les zones humides, les aires d’alimentation de captage, les pentes fortes ou les sites Natura 2000. Le lancement d’un GT de concertation annuel sur les prairies est en cours, avec pour objectif de réunir administrations et acteurs de terrain. Pour un meilleur partage autour des enjeux, une « journée prairie »sera organisée en mai par l’Autorité Environnementale (l’AE).

Restaurer les zones humides (Mesure 21) :

Avec l’accroissement de l’urbanisation, les zones humides ont largement été asséchées et touchées par l’artificialisation des sols. Certaines espèces typiques ont ainsi disparu et les services écosystémiques fournis par ces milieux se sont dégradés. Pour y remédier, la convention internationale RAMSAR et la Directive cadre sur l’Eau de l’Union Européenne encouragent leur protection. Cela se traduit par des actions de préservation, restauration et gestion durable, notamment via des solutions fondées sur la nature :

  • Un tiers des zones à dominantes humides du bassin Artois-Picardie sont occupées par des prairies humides. C’est pourquoi l’Agence de l’eau Artois-Picardie soutient une agriculture durable sur ces sites à travers le programme de maintien de l’agriculture (PMAZH). Déployé depuis 2013, il touche aujourd’hui 6 territoires du bassin. Entre 2019 et 2024, plus de 7 M€ ont été investis avec des partenaires locaux (chambres d’agriculture, parcs naturels, conservatoires, etc.). Pour 2025-2030, le 12e programme prévoit 1,2 M€/an pour poursuivre cette dynamique. L’agence appuie également techniquement les acteurs en réalisant des études et en contribuant aux travaux nationaux.
  • Les deux agences de l’eau contribuent également à la restauration des zones humides : entre 2022 et 2024, 800 hectares par an ont fait l’objet de travaux de restauration sur le bassin Artois-Picardie ; et 550 hectares font l’objet de travaux par an sur le bassin Seine-Normandie. Par exemple, en 2023, la Métropole Européenne de Lille lance la restauration du marais de Santes, vestige des 4 000 hectares de zones humides autour de la Deûle. L’opération, financée à 80 % via le Fonds Vert par l’AEAP vise à redonner à la pâture son rôle écologique, perdu depuis son comblement en 1965, et à favoriser la biodiversité.

Inauguration de la zone humide de la Gîte à Santes :
Axe 2 Inauguration de la zone humide de la Gîte à Santes
Source : Métropole Européenne de Lille

Plus de la moitié des zones humides du territoire national ont disparu entre 1960 et 1990

Renforcer la protection et inverser le déclin des espèces menacées (Mesure 23) :

La région joue un rôle majeur dans la préservation des espèces menacées. Sa position géographique en fait un couloir migratoire essentiel pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de poissons. Pour répondre aux nombreuses pressions qui s’exercent sur les espèces, plusieurs politiques publiques, dont les Plans Nationaux d’Actions (PNA) sont mis en place au niveau régional.

Il existe 11 PNA dans les Hauts-de-France

  • La vipère péliade fait l’objet depuis une dizaine d’années d’un plan régionalporté par le CEN Hauts-de-France. En 2025, dans le cadre de l’axe formation et sensibilisation du plan national, le CEN mène des interventions scolaires autour du projet « Vipère » auprès des écoles d’Ambleteuse et d’Audresselles dans le Pas-de-Calais. Une première action est programmée le vendredi 28 février 2026 après-midi, en partenariat avec le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale (PNR CMO), avec la participation des élèves de deux classes.
  • Les chauves-souris subissent aussi de fortes pressions liées aux activités humaines. Dans les Hauts-de-France, 22 espèces sont recensées, dont 11 considérées comme prioritaires par le Plan d’action régional Chiroptères. Pour 2025, plusieurs actions sont prévues dont l’aménagement de 5 maternités et 8 sites d’hibernation (blockhaus, souterrains, anciennes huttes de chasse…), ainsi qu’un tunnel en partenariat avec SNCF Réseau. Une animation régionale permet de cibler les sites prioritaires et d’accompagner les acteurs locaux (particuliers, collectivités, partenaires) dans des actions concrètes.
  • Les papillons « de jour » et zygènes possèdent eux aussi un PNA dans la région. On en recense un total de 126 espèces, dont 45 espèces sont menacées et 14 ont disparu de la région sur la période 2001-2020. 2 groupes de travail seront réunis le 9 octobre 2025 afin de travailler sur 2 axes du Plan Régional d’Actions : la sensibilisation / formation d’un large public et la gestion conservatoire. Ils auront pour objectifs de créer une dynamique du réseau sur ces thématiques, de mutualiser les ressources et les connaissances et valider un engagement sur des projets ainsi que de développer des partenariats.

Chauve-souris

Chauves-souris

Cuivré commun :

Cuivré commun

Source : DREAL HdF