L’objectif de la Stratégie nationale biodiversité 2030 est avant tout de répondre aux pressions qui s’exercent sur la biodiversité afin de les réduire au maximum voire de les stopper. La région Hauts-de-France est marquée par une grande artificialisation des sols, une fragmentation des milieux naturels et leur dégradation par diverses formes de pollutions. Ces pressions alliées aux effets du changement climatique rendent notre territoire plus vulnérable face aux risques naturels. La liste des pressions sur la biodiversité est longue, mais les outils pour les réduire aussi. Les actions présentées ci-dessous illustrent quelques exemples relevant de l’axe 1 ; elles ne constituent pas une liste exhaustive. L’ensemble des actions est détaillé dans la feuille de route régionale.
Tableau des actions de l’axe 1 de la Stratégie Régionale Biodiversité 2030 :

Conforter le réseau des aires protégées des Hauts-de-France (Mesure 1) :
Avoir un maillage d’aires protégées sur nos territoires, en utilisant les différents outils existants est essentiel. En Hauts-de-France 18,56 % du territoire est couvert par une protection juridique et administrative à travers les réserves naturelles, les sites classés, les espaces naturels sensibles, les arrêtés préfectoraux de protection, etc. L’objectif de la mesure 1 est de renforcer la protection de la biodiversité en développant un réseau cohérent et bien géré d’aires protégées sur l’ensemble du territoire. Elle vise à atteindre 30 % du territoire national sous statut de protection, dont un tiers en zones de protection forte, tout en améliorant la qualité de la gestion et la gouvernance de ces espaces.
- Le 22 avril 2024 a eu lieu un webinaire régional, réunissant 70 personnes, pour renforcer la dynamique de réseau entre les gestionnaires d’espaces naturels. Au programme ; présentation des actions du PAT SAP sur la région et clarification pour les parties prenantes du rôle et des attentes des pilotes.
- 27 labellisations en zone de protection forte d’espaces du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France sont en cours représentant une surface de 841 ha. D’autres labellisations de sites du CEN HdF sont attendus en 2026 pour une surface estimée à 2000 ha.
- Des projets d’extension de réserves naturelles nationales sont portés sur le territoire, notamment à Vesles-et-Caumont suite à l’implication accrue des communes dans la gestion de la réserve.
Lutter contre les pollutions diffuses (Mesure 4) :
Difficile à identifier et repérer, la contamination des eaux par diverses substances peut persister dans le temps. La directive cadre sur l’eau de 2000 permet le déploiement de politiques publiques de lutte contre ces pollutions diffuses et garantir un approvisionnement en eau pour la consommation humaine :
- Pour accompagner la mise en place des plans de gestion pour la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE) en région, l’ARS a mis en place une communauté PGSSE avec des formations destinées aux agents de collectivités. Ces formations se déclinent en une session d’une journée, organisée les 9 mars 2026 à Amiens et 10 mars 2026 à Lille, ainsi qu’en une session de deux jours, prévue les 4 et 5 mai 2026 à Arras.
- Dans le cadre du programme d’actions régional nitrate (PAR 7), des outils et temps d’échange sont proposés aux acteurs : la chambre de l’agriculture a ainsi rédigé une plaquette PAR 7 ; elle complète des articles en ligne et des réunions sur les réglementations autour des pollutions de l’eau proposées par les DDT-M
30 % des rivières sont considérées en « bon état » écologique
Limiter l’introduction et lutter contre les espèces exotiques envahissantes (Mesure 7) :
Introduites par l’être humain, que ce soit volontairement ou non, en dehors de leur aire de répartition naturelle, les espèces exotiques envahissantes (EEE) ont des impacts négatifs sur les écosystèmes, les espèces indigènes ou la santé humaine. Aujourd’hui, 40 EEE sont réglementées dans les Hauts-de-France. La mesure vise à renforcer la détection précoce, la surveillance et la gestion coordonnée de ces espèces à l’échelle régionale, tout en s’appuyant et s’inscrivant avec les autres politiques environnementales et sanitaires. La mise en œuvre de ces actions s’appuie sur le réseau d’acteurs régional, sous le pilotage conjoint de la DREAL Hauts-de-France et de l’Agence régionale de la biodiversité.
Dans le cadre de la stratégie régionale, de nombreuses actions sont déjà mises en place sur le territoire pour atteindre les objectifs visés :
- EDEN 62 a identifié sur une parcelle propriété du Conservatoire du Littoral et jouxtant la Réserve Naturelle du Platier d’Oye un plan d’eau envahi par une Espèce Exotique Envahissante : la crassule de Helms. Cette espèce asphyxie les berges ainsi que le plan d’eau de la mare, faisant disparaître toute la biodiversité de celle-ci sur son passage. L’espèce a fait l’objet d’une mise en œuvre d’actions rapide après détection afin de limiter voir d’éviter sa propagation sur les zones humides à enjeux de la Réserve naturelle Nationale du Platier d’Oye.
Opération contre la crassule de Helms par Eden 62 :
Source : Réjane LE BRIS / DREAL HdF
- Depuis 2015, la Communauté urbaine d’Arras utilise l’éco-pâturage ovin itinérant pour lutter contre les plantes invasives sur des sites sensibles. Cette méthode écologique, sans pesticide, facilite l’entretien des zones difficiles d’accès.
- Le rat musqué (Ondatra zibethicus) et le ragondin (Myocastor coypus), rongeurs aquatiques envahissants engendrent de nombreuses nuisances aux végétaux, aux infrastructures routières et hydrauliques, aux écosystèmes et à la santé humaine et animale (transmission de maladies comme la leptospirose). Dans le cadre de la gestion des Espèces Exotiques Envahissantes, FREDON Hauts-de-France coordonne la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants, en menant un travail d’animation et de sensibilisation à l’attention des différents acteurs de la lutte sur les territoires concernés.
Ragondin :

Source : Jean-Luc Hervent, PNR Oise Pays de France
395 millions d’euros c’est le coût des impacts et de la gestion des EEE en France par an entre 1993 et 2018
Accompagner les acteurs pour une meilleure prise en compte de la biodiversité au quotidien (Mesure 9, 10, 12, 14, 15) :
L’accompagnement du secteur agricole dans sa transition écologique prend plusieurs formes :
- Nous pouvons citer la mise en place par des collectivités de paiements pour services environnementaux (PSE) auprès d’agriculteurs. Piloté par les agences de l’eau, ces derniers, sur la base de différents indicateurs, bénéficient de financements pour aborder des thématiques spécifiques comme l’érosion, la biodiversité, l’eau, etc. Un kit est proposé pour faciliter le processus.
- Autre exemple, le projet Clim’EauFil aide les filières agricoles du bassin Artois-Picardie à définir des stratégies d’adaptation au changement climatique, en conciliant productivité et gestion durable de l’eau, avec un plan d’action évolutif jusqu’en 2050.
12 PSE en cours sur la région en 2024
70 % du territoire régional est agricole
Au niveau régional, la préservation de la biodiversité et le développement des pratiques sportives et touristiques doivent s’articuler pour permettre une conciliation permanente des usages.
- Pour atteindre ces objectifs un réseau des acteurs de sports de nature a été créé et a pu évoquer, lors du dernier rendez-vous le 26 juin 2025, des initiatives inspirantes. Un appel à projet est également porté par la DRAJES afin de promouvoir des pratiques sportives respectueuse de l’environnement et accessibles à tous et toutes.
Colloque Sports de Nature : concilier pratiques sportives et préservation de l’environnement en Hauts-de-France :

Source : Comité National Olympique et sportif Français
En 2019, la production d’électricité renouvelable a progressé dans les Hauts-de-France avec une augmentation de l’éolien de +13,9% et du solaire de +7,2 %. Cependant, cet essor n’est pas sans conséquence sur la biodiversité et plus particulièrement sur les chiroptères et l’avifaune. A titre d’exemple entre 2014 et 2022, 143 faucons crécerelles ont été retrouvés morts à proximité de parcs éoliens. Pour limiter ces pressions sur la biodiversité, plusieurs actions sont mises en place :
- En amont, de manière préventive, avec la cartographie des zones à faible enjeu écologique, l’élaboration de guides régionaux et la standardisation de la séquence ERC (Éviter, Réduire, compenser), afin d’implanter les projets dans les secteurs les moins à risques, de rédiger des études d’impact plus précise et respectivement d’assurer une meilleure prise en compte de la biodiversité dès la conception des projets.
- Ces démarches préventives laissent place en phase d’exploitation des parcs éoliens à des mesures correctives, si besoin, selon l’analyse des suivis environnementaux (suivi de mortalité). Cette analyse permet l’identification des parcs les plus impactants et ainsi de réaliser des contrôles plus ciblés, afin de mettre en œuvre des ajustements techniques dans le but de réduire la pression sur la biodiversité.
Le développement d’infrastructures de transport provoque une imperméabilisation des terres, la dégradation et la destruction d’habitats, la mortalité d’espèces animales et constitue des barrières physiques, parfois infranchissables, pour la faune et la flore.
- Un réseau réunit, au niveau régional, les nombreuses structures, publiques ou privées intervenant dans le domaine des infrastructures linéaires de transport : il s’agit du réseau des gestionnaires d’infrastructures linéaires (Régil) porté par l’Agence régionale de la biodiversité (ARB) Hauts-de-France. Ce réseau constitue un espace de partage d’expertises et de bonnes pratiques. Lors du dernier Régil le 13 juin 2025 la Direction Interdépartemantele des Routes Nord a partagé l’exemple de l’aménagement du passage inférieur de la Drève de Bassy sur l’A23 qui a pour objectif la création de deux merlons végétalisés de part et d’autre du passage. Ce projet, et d’autres, visent à diminuer la pression que représentent les infrastructures de transport sur la biodiversité tout en promouvant la restauration des continuités écologiques.
3 opérateurs ont inscrit à ce jour des actions dans la feuille de route : la DIR Nord, VNF et le GPMD.

