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QU’EST-CE QU’UN ALÉA ?
L’aléa est une notion utilisée dans tous les domaines liés à l’évaluation des risques. L’aléa est le croisement entre la possibilité qu’un phénomène se produise et son ampleur. Ce n’est que si un aléa est mis en évidence sur une zone où il peut avoir un impact sur la sécurité des biens, des personnes ou de l’environnement qu’on parle alors de risque.

LES ALÉAS D’ORIGINE MINIÈRE EN NORD PAS-DE-CALAIS
Il s’agit ici de décrire sommairement les phénomènes susceptibles de se produire dans les anciennes zones d’exploitation minière :

  • L’émanation de gaz de mine
    Certains milieux géologiques peuvent être à l’origine de propagation de gaz explosifs ou nocifs. C’est en particulier le cas des gisements de houille et donc des mines de charbon qui sont le lieu d’émanation de méthane (grisou) pouvant se propager en surface. Dans le Boulonnais, l’aléa gaz de mine est lié à la possibilité d’émission de dioxyde de carbone (CO2).
  • L’effondrement localisé (ou fontis)
    Il s’agit d’un mouvement de terrain plus ou moins brutal qui est lié à la présence de zones exploitées à faible profondeur, il se manifeste par l’enfoncement brutal de plusieurs mètres d’une zone relativement limitée (dimensions pouvant aller du mètre à quelques dizaines de mètre). Ce type de phénomène peut également être lié à la présence d’un ancien puits.
  • L’affaissement
    Il s’agit d’un mouvement de terrain progressif qui est lié à la présence de grandes zones exploitées à plus grande profondeur (de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres), il se manifeste par le tassement progressif des terrains de surface et la formation d’une cuvette d’affaissement. Le retour d’expérience et les études réalisées sur les différents bassins miniers français et européens indiquent que les affaissements miniers se produisent durant l’exploitation et ne peuvent plus être distingués des mouvements naturels du sol cinq ans après l’arrêt de l’exploitation.
  • Le tassement
    Il s’agit d’un mouvement de terrain progressif qui s’apparente à un affaissement mais avec des effets de moindre ampleur. Ce phénomène est lié à un décompactage de matériaux soit à faible profondeur (galeries remblayées ou effondrées par exemple), soit sur des stockages de stériles (terrils, bassins à schlamms)
  • Les glissements de terrain
    Il s’agit de mouvements de terrain plus ou moins rapides entrainant un déplacement de matériaux. Les glissements sont dits superficiels lorsque peu de matière est entraînée (ravinage par exemple), ou profonds lorsque les volumes sont plus importants. Les glissements de terrains sont généralement rencontrés sur les ouvrages de dépôts (terrils, bassins à schlamms), ou les mines à ciel ouvert.
  • Échauffement (Combustion)
    Il s’agit d’un phénomène lié à la combustion des résidus de charbons contenus dans certains dépôts de stériles. Des températures très élevées peuvent alors être atteintes.

LES MESURES DE SURVEILLANCE ET DE PRÉVENTION
Afin de prévenir les aléas miniers dans la région un dispositif de prévention et de surveillance a été mis en place. Ce dispositif se compose :

  • d’un suivi de la remontée des eaux souterraines jusqu’à ennoyage complet des travaux miniers, à partir du réseau de suivi pièzométrique ;
  • d’un suivi de la pression de gaz en tète des puits matérialisés et des sondages de décompression ;
  • d’un suivi semestriel des colonnes de remblai et de l’atmosphère en tête des puits matérialisés ;
  • d’un suivi d’un réseau de mesure automatisé de la pression de gaz au niveau de dix puits et quinze sondages, auxquels il convient d’ajouter les six points de mesure de l’exploitant Gazonor ;
  • d’un suivi de l’état d’avancement de la combustion des terrils par contrôle thermographique aérien tous les deux ans et par des visites sur site pour les terrils relevant de la responsabilité de l’État ;
  • d’un suivi du bon fonctionnement des installations de relevage des eaux de surface par leur propriétaire ou responsable respectif. Ainsi les 54 stations appartenant jusque fin 2007 à Charbonnages de France font l’objet de visites régulières et d’un suivi permanent du bon fonctionnement des pompes par téléalarme.
    Ces mesures de prévention et de surveillance ont été transférées à l’État avant la dissolution de Charbonnages de France entrée en vigueur le 1er janvier 2008.

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