Message
Les médicaments sont par nature des substances ayant des effets sur l’organisme (c’est leur but). Par conséquent, il est légitime de s’interroger sur les impacts sanitaires des rejets médicamenteux dans l’environnement.
La connaissance de l’exposition et des effets des substances médicamenteuses dans l’environnement demeure faible. Quelques points de repères peuvent néanmoins être donnés.
Exposition
La campagne nationale de mesure des substances médicamenteuses dans les eaux destinées à la consommation humaine 1 donne les principaux résultats suivants :
- Parmi les 76 molécules prioritaires, 45 ont pu être dosées ;
- 30 molécules ont été détectées en eaux brutes et 19 en eaux traitées ;
- 75 % des eaux traitées ne contiennent aucune molécule quantifiable ;
- Des besoins d’investigations complémentaires sur certaines familles de médicaments (anticancéreux, antiparasitaires…) sont nécessaires ;
- Dans les stations d’épuration, la biodégradation et/ou l’adsorption des molécules conduisent à une élimination très variable (de nulle à plus de 90 %) selon les molécules.
Il y a plusieurs voies possibles de contamination de l’environnement 2 :
- Les rejets par excrétion suite à l’utilisation de traitements médicamenteux sont la principale source de contamination du milieu. Par exemple, 35 à 50 % des œstrogènes dans les rivières auraient pour origine l’utilisation de la pilule, ayant pour conséquence d’engendrer la « féminisation » des espèces ;
- Les rejets directs des médicaments non utilisés qui polluent via les déchets ménagers ou via les réseaux d’assainissement (source non négligeable et avec possibilité de contrôle à la source) ;
- Les rejets et les pertes lors des procédés industriels de fabrication (source mineure) ;
- Les rejets des stations d’élevage (traitements internes et externes avec produits vétérinaires, désinfectants et hormones naturelles animales).