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Les impacts sanitaires des différentes sources de pollutions dépendent :
- Des sources d’émissions : émissions atmosphériques, rejets dans les eaux, pollutions des sols…
- Des voies de transferts : par l’air, l’eau, les aliments…
- De l’exposition et du temps d’exposition : air et poussières respirés, contact cutané, ingestion d’eau et d’aliments ;
- Des propriétés des substances : capacité de transfert dans l’organisme et sur l’organe cible, effet toxicologique, capacité d’accumulation et rémanence dans l’environnement… Ces enjeux sanitaires peuvent impliquer une dégradation de la santé voire des décès dans certains cas.

Les principaux facteurs environnementaux de la région en termes d’enjeux sanitaires sont les suivants.

<picto|type=air_climat>La qualité de l’air est dégradée

Comme l’ont montré les enjeux liés à l’air, la pollution de l’air par les particules engendre des effets sanitaires très forts en région. Ainsi, pour mémoire (cf. enjeu <pastille_enjeux|texte=Ae1>), 8 % des décès chaque année en France seraient dus à la pollution de l’air par les particules. La région est particulièrement concernée. Les particules fines sont classées comme des cancérigènes certains par l’OMS (cf. classement du degré de cancérogénécité). On estime à 6 mois l’espérance de vie à gagner pour les personnes de 30 ans à Lille si une réduction de 6,6 µg/m3 (soit - 40 %) de la concentration en PM 2,5 est réalisée 1. 257 décès anticipés par an sont évitables dans l’agglomération lilloise si la réduction est de 5 μg/m3 (soit -30 % de la concentration en PM 2,5) 2. Plus immédiatement, la pollution de l’air par les particules contribue au développement d’allergies, d’asthme et peut même être à l’origine d’asthme chez l’enfant.

Par ailleurs, l’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine réalisée sur quatre agglomérations de la région Nord Pas-de-Calais (Valenciennes, Douai, Lens et Maubeuge) a quantifié le nombre de décès pour 100 000 habitants entre 11 et 14,3 selon ces villes 3.

La carte ci-contre présente la moyenne annuelle du nombre de jours pendant lesquels la concentration en particules fines PM 10, relevée sur les stations de mesure, a été supérieure à 50 µg/m3. Au delà de 35 jours par an où la concentration en poussières est supérieure à 50 µg/m3, la réglementation est dépassée : la carte montre que toute la région est exposée à cette pollution de l’air avec une moyenne du nombre de jours de dépassement très élevée.

En plus de ce sujet assez bien évalué, la qualité de l’air est également affectée par des polluants dont les émissions et l’exposition sont mal connues (pesticides par exemple).

La qualité de l’air intérieur constitue également un enjeu important de santé publique (cf. également les enjeux de connaissance et de gouvernance).

<picto|type=sol>De nombreux sols pollués

Plusieurs secteurs sont impropres aux cultures alimentaires en raison de pollutions historiques liées par exemple aux émissions atmosphériques d’industries essentiellement passées. La carte ci-contre représente les sites pollués ou potentiellement pollués.

La reconquête des friches polluées permet à la fois de retrouver des opportunités foncières et de restituer un site compatible avec ses nouveaux usages, en maîtrisant les risques sanitaires, tant au niveau du site qu’au niveau de son environnement (riverains, ressource en eau).

<picto|type=onde>Des zones conséquentes soumises au bruit

Le bruit fait partie des préoccupations environnementales des Français, il constitue une source de stress et de fatigue indiscutable. Les principales voies bruyantes sont mentionnées sur la carte.

<picto|type=eau>La ressource en eau est vulnérable

La ressource en eau (eaux souterraines et eaux superficielles) peut être affectée par la présence de micropolluants, dont certains possèdent des propriétés de perturbateurs endocriniens : pesticides, résidus médicamenteux, métaux…

Les niveaux d’exposition et les conséquences sanitaires sont mal connus.

Les usages des milieux aquatiques à des fins de loisirs (baignade, pêche) sont parfois remis en cause en région en raison de pollutions chimiques et/ou microbiologiques.

La carte ci-contre montre par exemple les secteurs de mauvaise qualité des nappes par rapport aux pesticides. Les eaux doivent donc être traitées ou diluées pour être rendues potables.

D’autres problématiques sont également à considérer :

<picto|type=eau>La pollution de la mer, des plages et des cours d’eau

Cette pollution est susceptible d’impacter :
- La qualité des coquillages (présence éventuelle d’agents pathogènes), qui doivent à ce jour être traités avant commercialisation ;
- La qualité des poissons (certains concentrent les polluants dans leurs tissus), des zones d’interdiction de consommation de poissons contaminés notamment au PCB ;
- La qualité des eaux de baignades, qui sont en région de qualité moyenne à bonne.

<picto|type=air_climat>Le changement climatique

Le changement climatique génère plusieurs effets potentiels sur la santé : (cf. description des pressions)

- Développement de vecteurs de maladies infectieuses venues du sud (exemple du moustique tigre) ;

- Développement des allergènes dont les effets peuvent être renforcés par les pollutions (notamment par la pollution chimique de l’air) ;

- Augmentation des épisodes de fortes chaleurs : par exemple plus de 5 jours supplémentaires de canicule par an sont attendus sur le territoire compris entre l’agglomération Lilloise et le Cambrésis en 2080.

<picto|type=onde>L’exposition aux ondes

L’exposition aux ondes est susceptible selon le type d’ondes et le niveau d’exposition, de générer des effets sur la santé (cf. synthèse des pressions) :

- Pour les ondes radioactives et sonores, les effets sur la santé sont bien connus ;

- S’agissant des ondes électromagnétiques, le sujet n’est pas encore totalement connu (cf. « zoom sur les sujets émergents »).

<picto|type=ressource>Certains modes de production d’énergie

Certains modes de production d’énergie sont à l’origine d’incidences potentielles sur la santé. On peut citer à titre d’exemple les installations de chauffage peu performantes, tels que les vieux équipements pouvant émettre du monoxyde de carbone, les foyers bois ouverts générant des poussières et des HAP et les petites centrales thermiques potentiellement émettrices de polluants atmosphériques (en l’absence de traitement des effluents gazeux). Les questions sanitaires doivent donc être considérées lors du choix du bouquet énergétique.

<picto|type=ressource_matiere>La gestion des déchets

La gestion des déchets doit permettre d’éviter les impacts sur la santé à deux niveaux :
- Lors de la collecte, du traitement et du stockage des déchets, notamment dangereux, pour éviter de polluer l’environnement avec des substances toxiques ;

- Lors de la création et de l’exploitation des installations de gestion de déchets en évitant tout impact sur la santé des populations voisines (limitation des rejets de polluants dans l’air, dans l’eau, etc.) et permettant un recyclage maximisé.

Notes et références

1étude Aphekom

2PSAS - suivi des objectifs annexés à la Loi de Santé Publique - rapport 2009 – 2010

3ARS NPdC

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