Entités paysagères

Éléments Forts de composition

- Une unité paysagère
liée au bocage, malgré la
diversité de ce dernier en
densité et en qualité
- Une proportion de bois
unique au niveau régional
- Une possibilité de mise
en relation des espaces
naturels et agricoles
favorisée par les grands
massifs, les grandes vallées
et les ensembles bocagers
- Une qualité paysagère et
patrimoniale qui justifie la
valorisation touristique du
Grand paysage régional
- Un territoire rural
qui associe paysage et
production agricole
(Maroilles, cidre)
- Un territoire avec
une très forte tradition
artisanale et industrielle
(forestière, marbrière,
textile, potière, verrière,
etc.) qui compose un
ferment de développement
complémentaire au
« tourisme vert »

Entités paysagères | "BD Alti" IGN

Mormal

Mormal | © DREAL 2008
La forêt de Mormal est le plus vaste massif forestier de la région Nord – Pas-de-Calais. Cette dimension pourrait à elle seule justifier l’identification d’une entité paysagère. Mais Mormal, c’est plus qu’une grande forêt de quinze kilomètres sur huit. Mormal, est un château d’eau. Mormal est un village. Mormal est une frontière. Mormal est une plaque tournante. Toutes ces identités sont unifiées par l’épaisseur des hautes frondaisons, car Mormal est également une forêt épargnée, une forêt qui ne fut pas complètement mise à terre lors des deux conflits mondiaux du XXème siècle. Toutes ces identités fondent l’identité de cette forêt, sa spécificité. La forêt de Mormal est située globalement sur une ligne de partage des eaux : au Sud-Est s’écoule la vallée de la Sambre et au Nord-Ouest un fin chevelu de ruisseaux naissent dans la forêt et poursuivent leur route après s’être rassemblés en ruisseaux puis en rivières vers la vallée de l’Escaut. Cette hydrographie dessine le relief intérieur du massif. Au cœur de ce dernier, le village de Locquignol niche ses quelques maisons dans une clairière prairiale plantée de vergers. Comme bien des forêts en Avesnois, Mormal est une forêt frontalière séparant le vaste territoire avesnois du plus vaste encore espace hennuyer. L’ancienne voie romaine, qui quittait Bavay en direction du Sud-Ouest, coupe au cordeau la lisière forestière et renforce ainsi par son aspect artificiel le sentiment de frontière. Plaque tournante enfin, l’idée renvoie à la diversité environnant Mormal qui voit se succéder des villes industrielles modestes ou plus importantes (Landrecies, Aulnoye-Aymeries), des bourgs ruraux (Maroilles), la belle plaine de la Sambre, des villages de lisière (Preux-aux-Bois, Hecq, Obies, etc.) et finalement cet étonnant ensemble des vallons et plateaux du Hainaut qui sont décrits dans le Grand paysage régional hennuyer.

La découverte de cet ensemble est splendide sur la RD 233
entre Le Quesnoy et Maroilles en passant par Locquignol.
D’innombrables voies forestières sillonnent la forêt et la
découpent comme tous les grands massifs de chasse à cour.
La RD 932 propose donc la lisière la plus mathématique,
mais sans doute pas la plus poétique ; il faut pour cela se
perdre dans les villages à la recherche de la ligne sombre
des bois et imaginer les défrichements qui permirent ces
implantations humaines.

Val de Sambre

Val de Sambre | © DREAL 2008
La vallée de Sambre est comme bien des vallées de la région, une vallée industrielle sur le cours d’un canal qui fut connecté à l’Oise dans le cadre d’un XIXème siècle « d’explosion industrielle ». La vallée est également le lieu de passage d’une voie ferrée importante reliant Paris à l’Europe de l’Est et au-delà à la Russie. Les pommes avesnoises ont ainsi pris le chemin de Moscou ! Jeumont, Maubeuge, Louvroil, Haumont, Aulnoye-Aymeries sont des communes de coteau sur une vallée assez étroite dans cette partie Nord de son cours. Adossées au canal, les industries ont privilégié les parties basses, se tassant sur l’espace disponible. C’est ainsi que l’impact paysager de sillon industriel de la Sambre est assez mesuré. Les champs et les prairies occupent les terres hautes et cèdent assez brutalement place à la ville. Cette dernière offre son paysage dense et reconstruit (en tout cas à Maubeuge) et ne révèle que tard ses vastes installations et autres cheminées. L’effet de contraste est très fort ici, renforcé par l’éloignement avec les grandes agglomérations régionales… Cet aspect ne compose qu’un des visages de la Sambre. Au Sud, les paysages ouverts de la petite plaine des abords de Maroilles offrent une véritable respiration entre collines bocagères et massif forestier. Les peupliers se multipliant, l’espace perd sa qualité essentielle d’ouverture.

Le train est une fois encore un excellent moyen de découvrir
les différents visages de la vallée. La RD 959 entre
Landrecies et Aulnoye puis Maubeuge et la frontière ne
permet pas une perception de l’intérieur - la route voyage
les pieds au sec – mais égrène ses villes et bourgades aux
qualités architecturales si contrastées.

| © DREAL 2008
| © DREAL 2008

Jeu de Cache-cache

La haie bocagère
présente le grand
intérêt de faciliter
« l’intégration » à faible
coût des installations
économiques ou
résidentielles. Les
paysages de bocage
présentent ainsi une
certaine plasticité
paysagère, l’usage interne
de la parcelle pouvant
évoluer au gré des
besoins.

Thiérache

Thierache | © DREAL 2008
La Thiérache est le cœur bocager d’un Avesnois qui revendique pour l’ensemble de son territoire cette caractéristique agricole. Mais c’est bien en Thiérache que ce bocage s’exprime dans sa plus complète plénitude. Les infinis vallonnements entre les deux Helpe sont au fondement de ce bocage, qui mêle à loisir haies basses et charmes têtards. Le Favril, Prisches, Etroeungt… sur la Petite Helpe sont au sommet de ce pays d’enclosure ou l’homme à cheval peut seul porter le regard par-delà les haies. Maroilles, Dompierre-sur-Helpe, Avesnes… sur l’Helpe Majeure ne déméritent pas, mais composent une limite septentrionale au « tout bocage » des terres du Sud. Toutes les communes évoquées ici – en dehors d’Avesnes, capitale de l’Avesnois et de Maroilles, ville abbatiale – n’offrent pas de véritables paysages urbains. L’habitat est aussi dispersé que les arbres fruitiers, les fermes comme habillées de leurs jupons d’aubépines.

La découverte de ces paysages, tellement décrits déjà dans
le cadre des pages précédentes, mérite de prendre le temps
de l’errance. Se perdre en pays bocager, rien de plus simple
et de plus agréable… le paysage tout entier est un vaste jeu
de piste avec un motif unique qui s’impose, mais une grande
variété de déclinaisons possibles, comme les combinaisons
entre pierre bleue et brique que l’on voit aux maisons.
Dans cette terre d’accueil touristique, les chemins balisés
foisonnent pour les piétons rêveurs, les cycles peu pressés,
les chevaux qui musardent… La RN 2, avec sa rectitude de
voie romaine propose un itinéraire utile à la perception des
grandes masses paysagères : du Sud au Nord, le gradient
bocager passe de son maximum à son minimum en ayant
traversé la belle ville d’Avesnes et plus au Nord sa « haie
défensive ».

| © DREAL 2008
| © DREAL 2008

Des routes rectilignes

L’Avesnois est traversé
par quelques belles
voies très rectilignes,
qui semblent tracées
au cordeau. Elles sont
fréquement l’héritage
des anciennes voies
romaines, devenues
au Moyen-Âge, sous
l’impulsion de la reine
éponyme, les chaussées
Brunehaut. Ces voies
sont l’occasion de belles
découvertes paysagères…
en promenade sur le dos
d’un dragon !

Fagnes

Les Fagnes | © DREAL 2008
Les Fagnes sont une forêt creusée de vastes clairières ourlées de bocage, illuminées d’étangs et ornées de villages. Si les mots pour décrire les Fagnes glissent si aisément vers la forme poétique, c’est que ce paysage prédispose l’âme à ce penchant. Le calme des bois, la sérénité des plans d’eau, la beauté des bourgs et des villages ne sont pas ici mièvres sensations. Le pays est isolé, la terre rude, la pierre bleue donc un peu froide… En effet, les Fagnes sont également terres de carrières qui exploitent ce matériau tellement important dans l’architecture régionale qu’il dépasse très largement ce petit territoire de naissance. Au Nord, les Fagnes s’organisent autour du bourg de Solre-le-Château et de la vallée de la Thure. Les carrières sont nombreuses, leurs activités marquent la vallée ; tandis que le clocher de Solre continue de se pencher sur le passage des jeunes avesnoises. Au Sud, c’est Trélon et Fourmies, mais aussi Sains-du-Nord, qui marquent un paysage surprenant d’industrie à la campagne et de campagne industrielle. Entre ces deux ensembles, la forêt de Trélon abrite le site du Val Joly, haut lieu du tourisme en Avesnois et pierre précieuse – de Liessies à Eppe-Sauvage ou Moustiers-en-Fagne – des paysages des Fagnes.

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