Avec le retour du printemps et des beaux jours, les travaux d’entretien des jardins vont évidemment reprendre. Aussi, comme chaque année, pour de nombreux foyers, se posera la question de l’élimination des déchets verts résultant de ces travaux. Selon une étude de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) de mars 20231, 15 % des personnes interrogées déclarent encore brûler à l’air libre au moins un type de leurs déchets verts bien que cette pratique nocive et très polluante soit interdite…
1 Ademe, 2023, « Analyse sociologique des comportements liés au brûlage des déchets verts - Enquêtes auprès des particuliers et des collectivités »
Rappel de quelques faits et de quelques chiffres
D’après les données de l’Ademe, l’entretien du jardin génère en moyenne 160 kg de déchets verts par personne et par an.
Selon le Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), environ 830 000 tonnes de déchets verts sont encore brûlées annuellement en France par les particuliers (chiffre pour 2021).
Pourtant, cette pratique est interdite par le code de l’environnement (article L. 541-21-1), tout comme la vente, le prêt et l’utilisation d’incinérateurs de végétaux. Enfreindre cette interdiction est une infraction pénale constitutive d’une contravention de 4ème classe qui peut s’élever jusqu’à 750 euros.
Malgré son interdiction, la pratique du brûlage des déchets verts persiste, notamment en raison de la méconnaissance de la réglementation et de l’existence de solutions alternatives.
L’étude de l’Ademe de mars 2023 révèle aussi que les particuliers sont peu conscients de l’impact du brûlage à l’air libre sur la qualité de l’air et donc sur la santé.
Des enjeux environnementaux et sanitaires
Cette pratique de brûlage à l’air libre est source d’émissions de nombreux polluants atmosphériques (oxydes d’azote, monoxyde de carbone, dioxines, particules fines etc.) issus d’une combustion réalisée dans des conditions très dégradées.
Sont émises, entre autres, de grandes quantités de particules fines PM2,5 (particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 μm) particulièrement nocives pour la santé. Selon Santé Publique France, chaque année, dans notre pays, près de 40 000 décès seraient attribuables à une exposition de la population à la pollution de l’air aux PM2,5. Toujours selon Santé Publique France, l’exposition à ces particules par la pollution de l’air ambiant représente, en moyenne, pour les personnes de plus de 30 ans, une perte d’espérance de vie de près de 8 mois.
Même si le brûlage à l’air libre des déchets verts n’est pas la seule source d’émissions de ces particules, il est à noter que plus de 6 % des émissions annuelles de PM2,5 du secteur résidentiel (CITEPA, Rapport SECTEN pour l’année 2021) sont liées aux feux de déchets verts.
Des solutions alternatives au brûlage
Pour gérer les déchets végétaux issus de l’entretien du jardin, outre le dépôt en déchèterie ou le ramassage sélectif, certaines pratiques vertueuses pour la santé et l’environnement et simples à mettre en œuvre existent.
Ainsi, le broyage, le paillage et le compostage, en particulier quand ils sont réalisés in situ (à l’endroit où le déchet vert est produit) favorisent le retour au sol de la matière organique végétale.
Certaines collectivités ont d’ailleurs déjà mis en place un service de broyage en porte à porte ou le prêt d’un broyeur aux particuliers qui en font la demande.
Aussi, n’hésitez-pas à vous rapprocher de votre mairie pour connaître les services proposés et adaptés à vos besoins.
Pour notre air et notre santé, chaque geste compte. Adoptons les bons réflexes !