Biodiversité, milieux naturels et paysages

Une mosaïque de milieux naturels qui présentent une richesse biologique très diversifiée et sur lesquels s’exercent de fortes pressions

Des milieux littoraux diversifiés qui présentent un grand intérêt en terme de biodiversité, de fortes pressions à gérer

Le littoral se compose de milieux littoraux très diversifiés et de larges estrans [1] sableux. Les milieux marins sont marqués par un fort courant du fait de « l’effet détroit » entre la Manche et la mer du Nord et de la houle. Si ceux-ci rendent difficile la lutte contre l’érosion, ils contribuent à la diversification d’habitats remarquables : peuplements de cailloutis, (éponges, vers marins, anémones, etc.), de sables fins et de bancs sableux dont l’unique haut fond rocheux important de la Manche orientale. Une importante population d’algues constitue de véritables nurseries pour les poissons. De nombreuses espèces de mammifères marins sont observées régulièrement sur les côtes régionales.

De manière générale, le littoral présente un intérêt ornithologique majeur. Les parois abruptes des caps et des falaises de grès ou de calcaire offrent de nombreux abris aux oiseaux côtiers, notamment le fulmar boréal et la mouette tridactyle. Côté terre, les pelouses herbacées primitives (euryhalines [2]) présentent des espèces et des habitats très diversifiés. S’y épanouissent plusieurs raretés botaniques, notamment des orchidées, la gentiane amère ou le chou sauvage dans les zones d’éboulis.

Les formations dunaires couvrent 9 600 ha sur 74 km du linéaire côtier. Au sud du cap Gris-Nez, les dunes picardes sont constituées de deux bourrelets, ancien et littoral plus récent, séparés par une plaine dunaire à caractère humide marqué (marais ou tourbières). Cette dernière joue un rôle essentiel pour les oiseaux migrateurs. Les dunes flamandes, cordon littoral unique et étroit, comprennent le massif de Wissant, du Fort-Vert et surtout les dunes de l’est dunkerquois. Elles accueillent des espèces exceptionnelles comme la parnassie et l’helléborine des marais, reliques glaciaires. La dune fossile de Ghyvelde, au nord du département du Nord, est constituée d’un cordon dunaire ancien qui s’étend loin à l’intérieur des terres (trois kilomètres environ). C’est un milieu rare et original à l’échelle européenne, caractérisé par des sables décalcifiés.

Les estuaires de la Canche, de la Slack et de l’Authie constituent également des milieux remarquables dont la morphologie évolue avec la conjonction des dynamiques marines et fluviales. Au sud, le poulier [3], colonisé par des espèces dunaires, s’engraisse par l’accumulation de sédiments transportés par la mer. Ceux-ci abritent en arrière des prés salés (ou mollières) riches en espèces halophytes : salicornes, obiones portulacoïdes, etc. Au nord, le musoir recule sous l’action des vagues. Le poulier de l’estuaire de la Slack, formé d’éléments grossiers, accueille, quant à lui, la flore originale des levées de galets [4]. Ces estuaires sont fréquentés par les phoques veau marin. La Canche et l’Authie sont considérées comme des zones importantes pour les populations de poissons migrateurs.

Si les deux tiers des 147 km de côtes sont encore considérés comme des espaces naturels de grande valeur écologique, les falaises, les marais arrière-littoraux et les dunes sont un patrimoine fortement convoité.

De nombreuses pressions s’y exercent liées aux activités industrialo-portuaires, notamment des trois grands ports de Dunkerque, Calais et Boulogne (impact du dragage et de l’immersion des sédiments sur la qualité des eaux, artificialisation des milieux liées aux extensions portuaires etc.), aux activités de pêche (développement de la pêche de loisir notamment), aux aménagements visant à stabiliser le trait de côte, à la pose et à l’entretien de câbles sous-marins ou au développement de l’énergie éolienne. L’essor du tourisme renforce également la très forte pression urbaine.

De manière générale, l’aménagement du littoral et des estuaires ainsi que la pollution des eaux compromettent le rôle de nurseries pour les poissons que jouent les algues et, par voie de conséquence, le renouvellement des ressources halieutiques. Les estuaires sont le siège de nombreux conflits d’usage entre l’activité cynégétique, les loisirs nautiques (jetski) et la gestion conservatoire.

Ainsi, les intérêts touristiques, urbains et industriels vont souvent à l’encontre de la protection contre l’érosion, de la qualité de l’eau et du maintien la biodiversité. La maîtrise des pressions à la source et la mise en place de solutions alternatives aux pratiques polluantes ou consommatrices d’espaces fragiles restent des priorités en vue de la protection et de la reconquête des milieux naturels littoraux et estuariens.
Thierry Tancrez

Des milieux humides fortement menacés, à préserver et à restaurer

Des cours d’eau très artificialisés

Les caractéristiques des cours d’eau sont en grande partie liées à la topographie et à la géologie. La région se caractérise ainsi par l’absence de grand fleuve et de relief important.

On y distingue trois types de réseaux hydrographiques : un réseau dense de cours d’eau relativement vifs en Avesnois et dans le Boulonnais ; avec des pentes faibles et fortement drainés par un système de canaux et de canalisations dans le Bas Pays argileux ; sans pente, sur les sols crayeux du Haut Pays.

Les faibles pentes ont incité l’homme à canaliser les cours d’eau et à tisser un réseau maillé de canaux entre les différents bassins, conduisant aujourd’hui à l’existence d’un réseau très développé de rivières canalisées et de canaux. On peut noter le cas particulier du bassin minier dans lequel l’extraction minière, puis son arrêt, ont entraîné de profonds bouleversements tant du point de vue hydrographique que hydrogéologique.

Hormis pour les fleuves côtiers, la qualité des eaux superficielles est médiocre, voire mauvaise dans les régions industrielles et stagne en zone rurale. Certaines espèces nécessitent une vigilance particulière sur la qualité de l’eau et les aménagements de berges pour assurer leur conservation comme le cincle plongeur ou le martin pêcheur.

Les cours d’eau offrent un domaine de pêche assez étendu. Avec 650 km de cours d’eau et de canaux, la région Nord - Pas-de-Calais a un réseau de voies navigables sans équivalent en France. Dans l’objectif d’augmenter le transport fluvial, il a été décidé d’adapter le réseau au grand gabarit et de mieux le relier aux autres régions limitrophes (création du canal Seine Nord, en particulier).

L’entretien du réseau dense des canaux et des voies navigables génère des boues rejetées par l’activité industrielle passée qui sont fortement polluées en métaux toxiques et en matières inhibitrices. De nombreux cours d’eau et voies navigables doivent encore être curés. Ces boues sont stockées, souvent sur les milieux humides limitrophes.

Des zones humides remarquables en forte régression

En raison du faible relief de la région et de la nature géologique (argile, craie) de son sous-sol, le Nord - Pas-de-Calais comporte des zones humides de grand intérêt écologique, qui représentent environ 7 % des espaces naturels (6,6 % dans le Pas-de-Calais et 7,5 % dans le Nord [5]).

Trois unités importantes peuvent être distinguées : les baies et les marais arrière-littoraux, situés à l’arrière des cordons dunaires, les zones humides en fond de vallée et les étangs issus des affaissements miniers. Les zones humides les plus remarquables sont les marais de l’Audomarois, de Guines, le complexe alluvial de la Scarpe et de l’Escaut, la Sambre, les basses vallées de l’Authie, de la Canche et de la Slack. Deux zones humides sont reconnues d’intérêt national dans la région : l’ensemble des vallées alluviales de la Scarpe et l’Escaut (7 000 hectares classés), et la plaine maritime picarde avec les baies de la Canche et de l’Authie et les marais arrière-littoraux.

Roselières, tourbières alcalines, étangs et marais, prairies humides et mares prairiales constituent une mosaïque de milieux, véritables réservoirs de ­biodiversité. Hébergeant une flore et une faune très spécialisées, les zones humides permettent l’accomplissement du cycle de vie de nombreuses espèces (amphibiens, par exemple). Elles sont essentielles à la reproduction de nombreux oiseaux et à la sauvegarde des espèces migratrices. Par ailleurs, elles participent à l’alimentation des champs captants et jouent un rôle de stockage temporaire des eaux et de régulation des crues.

Mises à part quelques exceptions comme les terrains publics de Guines, la réserve naturelle nationale du Romelaëre et certaines zones de la vallée de la Scarpe et de l’Escaut (Chabaud-La-Tour), les zones humides sont encore peu protégées. Souvent perçues comme de peu d’intérêt d’un point de vue économique, elles sont l’objet de multiples pressions : drainage, mise en culture, développement d’activités de loisir, urbanisation etc., conjuguées à une diminution de l’activité d’élevage qui pose le problème de la conservation et de la gestion des prairies humides.

Globalement on assiste à une banalisation des milieux humides et à l’artificialisation de la circulation et du régime des eaux (pompages en nappe, détournement de l’eau des rivières vers des plans d’eau, imperméabilisation, etc.), de même qu’à un cloisonnement et une fragmentation des zones humides empêchant la circulation d’espèces (amphibiens notamment). Ces évolutions ont entraîné la disparition d’espèces comme la loutre ou le combattant varié et en menacent d’autres (le triton crêté, le vespertilion des marais, la couleuvre à collier [6], les butors [7], la rousserolle turdoïde).

Enfin, les zones humides sont particulièrement concernées par le problème des espèces invasives qui entrent en compétition avec les espèces présentes : jussie, renouée du Japon, rat musqué, ouette d’Égypte, bernache du Canada.
La préservation et la restauration des zones humides est un enjeu majeur tant au regard de la biodiversité que de la gestion des risques d’inondation. La réalisation d’un zonage des zones humides en vue d’une meilleure prise en compte de celles-ci dans les aménagements a été finalisée début 2008 par l’Agence de l’eau Artois-Picardie.

Des milieux ouverts fortement présents, qui abritent une faune et une flore spécifiques, appelant notamment une adaptation des pratiques agricoles

Une érosion de la biodiversité des milieux agricoles

Avec près de 70 % d’occupation du sol, l’activité agricole domine largement l’utilisation du territoire de la région Nord - Pas-de-Calais. Les terres labourables occupent 80% de la surface agricole utile (SAU) en 2005, contre 79 % en 2000 et 76 % en 1990 [8]. La production agricole s’est spécialisée par bassins de production et utilise une quantité importante d’intrants.

Les plantes messicoles [9], qui se développent dans les cultures de céréales, constituent un élément de la biodiversité liée aux milieux agricoles, contribuant à l’intérêt écologique et esthétique des campagnes.
En dehors des champs cultivés, les plaines se caractérisent par la présence de zones délaissées par l’agriculture qui ont un fort intérêt en terme de biodiversité par les habitats qu’elles constituent tels que bosquets, talus, banquettes herbeuses, etc.

Une partie de la faune est inféodée aux milieux ouverts comme le lièvre, la caille des blés ou la perdrix grise, animaux recherchés par les chasseurs de plaine. Opportunistes, d’autres espèces chassables ou non (sanglier, pigeon ramier, corneille noire, corbeau freux, bernache du Canada, cygne tuberculé, etc.), profitent des disponibilités alimentaires offertes par les milieux agricoles, créant des dommages aux récoltes. Les milieux ouverts sont aussi propices à la reproduction d’espèces autochtones peu communes comme le râle des genêts ou les busards cendré et Saint-Martin, leurs sites naturels de reproduction, les marais, étant de plus en plus rares.

Cependant, du fait de l’utilisation généralisée de produits phytosanitaires, les espèces messicoles ne subsistent qu’en population très réduite et fragmentée.
Plus de 25 % des espèces de flore disparues dans la région étaient inféodées aux cultures.

Par ailleurs, les zones délaissées par l’agriculture, souvent marginales, sont en régression. Enfin, la fragmentation des espaces agricoles par les infrastructures routières met en difficulté de nombreuses espèces comme l’œdicnème criard. Certaines pratiques agricoles ont également un impact sur la petite faune sauvage (fauche notamment). Des adaptations techniques peuvent en limiter les effets (fauche centrifuge).

La mise en œuvre de l’écoconditionnalité des aides de la politique agricole commune permet de retrouver des banquettes herbeuses le long des cours d’eau et en bord de champ. Par ailleurs l’amélioration de la gestion des intrants, les jachères environnementales faune sauvage (JEFS) ou la plantation et l’entretien des haies,réalisées dans le cadre des mesures agri-environnementales, vont également dans le sens d’un enrichissement de la biodiversité : nielle des blés, bleuets, coquelicots, etc.

Des milieux remarquables constitués par des landes et des pelouses liées à l’activité humaine, pour partie menacés

Comme pour les milieux humides, la majorité des pelouses sèches sont fortement liées aux activités humaines. Outre les pelouses dunaires, les pelouses euryhalines [10] et les pelouses sur schistes miniers, on trouve en Nord - Pas-de-Calais des pelouses calcicoles sur les coteaux crayeux et les affleurements calcaires issues du défrichement (environ un millier d’hectares) et, de manière plus ponctuelle, des pelouses silicicoles [11] sur sols acides et pauvres. Toutes deux ont été maintenues par le pâturage itinérant, activité pratiquement inexistante à l’heure actuelle. D’une façon générale, ces pelouses régressent sur le territoire national et notamment dans la région. De leur maintien dépend la conservation d’espèces peu courantes : aceras homme-pendu, orchis pourpre, orchis mouche, gentiane d’Allemagne, blaireau, etc.

Dans le bassin minier, notamment dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, on trouve des milieux très particuliers issus des anciennes activités industrielles et minières. Des espèces originales se développent sur les schistes des terrils et certains terrains pollués. On trouve des pelouses sur les schistes des terrils et des pelouses calaminaires à armérie de Haller sur les terrains pollués par les métaux lourds (zinc, plomb, cadmium).

Les interventions des gestionnaires des espaces naturels favorisent le pâturage sur les pelouses calcicoles et les landes dont ils ont la gestion : départements du Nord et du Pas-de-Calais, Conservatoire des sites naturels du Nord et du Pas-de-Calais [12], Syndicat mixte des parcs naturels régionaux. On peut enfin noter que certaines végétations du Nord - Pas-de-Calais sont considérées comme endémiques de cette région : pelouses du cap Blanc-Nez et du coteau de Dannes et Camiers, pelouses sur sables décalcifiés du pré communal d’Ambleteuse et la dune fossile de Ghyvelde.

Des forêts rares, diversifiées, essentielles pour la biodiversité

La surface boisée régionale couvre 7,69 % du territoire régional [13]et constitue la plus petite forêt française. Les surfaces boisées augmentent cependant d’environ 500 ha/an depuis une dizaine d’années grâce aux reboisements effectués.

La présence de sols fertiles sur des substrats variés [14] et les fortes différences de pluviométrie (de 500 mm à 1 100 mm) sont à l’origine d’une grande variété d’essences. La forêt se caractérise surtout par la présence de chênes (33 % en surface), de frênes (18 %) et de hêtres (15 %).

Les milieux forestiers ont une répartition hétérogène et assurent de nombreuses fonctions sur le territoire : production de bois, activités cynégétiques, protection des sols et des ressources en eau, accueil de la faune, accueil du public, préservation du patrimoine naturel et de la diversité biologique… On distingue des massifs comme les forêts domaniales de Mormal, Saint-Amand - Raismes - Wallers, Nieppe et des ensembles forestiers comme ceux de l’Avesnois, du Boulonnais ou du pays de Licques, essentiels pour la richesse écologique de la région ; des forêts ou la fonction d’accueil du public est importante, en péri-urbain au sens large ou à proximité du littoral : Phalempin, Raismes, Saint-Amand, Wallers, Hardelot, Rihault, Clairmarais etc. ; la populiculture en zones plus ou moins humides, stable depuis 1988, qui doit s’intégrer dans le respect du fonctionnement global des écosystèmes des zones humides.

Il faut souligner l’intérêt majeur des lisières et des habitats associés aux milieux forestiers (mares, clairières, etc.). La conservation de ces milieux est essentielle au maintien des espèces qui y sont inféodées ou à la re-colonisation par d’autres. Certaines espèces forestières ont une répartition limitée au Hainaut Avesnois comme la gélinotte des bois, le chat forestier, la cigogne noire ou le milan noir. La gagée à Spathe n’est connue que dans deux régions en France et présente la plus importante population française en bavaisis.

Des zones bocagères remarquables et difficiles à préserver

Mosaïque de milieux, le bocage est à la fois d’un grand intérêt écologique pour la biodiversité et d’un grand intérêt agronomique pour la protection des cultures et du bétail ainsi que pour la lutte contre l’érosion. Il a une vocation herbagère marquée et certaines parcelles souvent de petites tailles, sont encore plantées ­d’arbres fruitiers. Les haies forment un réseau écologique qui permet le déplacement de la flore et les échanges entre différents biotopes, essentiels à la reproduction des espèces. L’aubépine, le prunellier, le cornouiller sanguin, l’érable champêtre, les saules ou les charmes têtards en sont les espèces emblématiques.

PNR Scarpe Escaut - Samuel Dhote

Les haies constituent un biotope de substitution à la forêt pour de nombreuses espèces. Le bocage abrite ainsi des espèces inféodées aux boisements ouverts comme la pie-grièche écorcheur, des espèces des bosquets et des lisières (faisan de Colchide, merle noir, grive musicienne, tourterelle des bois, grive draine, pie bavarde, etc.), des espèces présentes dans les arbres têtards (pigeon colombin, huppe fasciée, rouge-queue à front blanc, chauves-souris, etc.), des espèces prairiales et des mares (thécla du bouleau vanneau huppé, lièvre d’Europe, poule d’eau, etc.).

Les systèmes bocagers les plus exemplaires du Nord - Pas-de-Calais sont situés dans le Boulonnais et l’Avesnois. Le Boulonnais offre un paysage façonné par la diversité des substrats géologiques et par son histoire. Héritier de deux mille ans d’histoire agraire, les sols argileux et la topographie vallonnée y entretiennent une humidité favorable à la vocation herbagère. Dans l’Avesnois, les haies sont complétées par des alignements de charmes têtards. C’est une zone d’élevage et de production laitière qui se compose de parcelles souvent de petites dimensions et plantées de pommiers et de quelques cerisiers.

Les caractéristiques du bocage sont difficiles à préserver compte tenu de l’évolution des pratiques agricoles et de la régression de l’activité d’élevage. La diminution du bocage a ainsi provoqué une baisse considérable de population d’un grand nombre d’espèces (la pie-grièche grise), voire leur disparition (le sylvain azuré et la huppe fasciée). Des actions sont conduites localement pour inciter au maintien du bocage, principalement par les parcs naturels régionaux de l’Avesnois et des caps et marais d’Opale.

Des milieux urbanisés présentant une biodiversité capable d’adaptation

La région, première concentration urbaine après l’Âle-de-France, est très déficitaire en espaces verts au sein de ses villes. Un certain regain pour la campagne permet un entretien des milieux comme les jardins particuliers, les parcs, les abords des villages, qui offrent ainsi une mosaïque d’habitats pour la faune mais crée aussi une banalisation avec l’extension de la péri-urbanisation et accentue la fragmentation de l’espace. Un certain nombre d’espèces s’adaptent à ces milieux densément urbanisés : sur les toits vivent les goélands argentés, dans les combles et les fissures des bâtiments se reproduisent et hivernent des espèces de chauve-souris comme la pipistrelle commune. Mais, des espèces comme l’étourneau sansonnet, le goéland argenté ou le pigeon de clocher peuvent apporter des nuisances sonores et sanitaires (bruits, fientes, maladies). Les espèces exogènes (nouveaux animaux de compagnie et espèces ornementales) s’échappent ou sont fréquemment relâchées.

Si les milieux urbanisés peuvent abriter une biodiversité intéressante et que l’introduction du végétal en ville, la constitution de réseaux maillés de milieux ou d’éléments de nature contribuent à la biodiversité et à la qualité du cadre de vie, la préservation du patrimoine naturel passe également par la limitation de l’artificialisation des milieux via une gestion économe de l’espace (priorité au renouvellement urbain, maîtrise de l’urbanisation, urbanisation concentrique plutôt que linéaire etc.), enjeu majeur en Nord - Pas-de-Calais.
Thierry Tancre

Notes

[1- Estrans : portion du littoral entre les plus hautes et les plus basses mers

[2- Euryhalines : se dit des espèces capables de supporter de grandes variations de salinité.

[3- Poulier : accumulation de sédiments sous l’effet de la dérive littorale

[4- Ce milieu accueille une espèce rare protégée au niveau national : le crambe maritime.

[5- Source : Agence de l’eau, 2007.

[6- Groupe ornithologique et naturaliste du Nord - Pas-de-Calais.

[7- Blongios nain, grand butor.

[8- Source : Agreste

[9- Étymologiquement, les plantes messicoles habitent les moissons (messis signifie moisson, et colere, habiter). Ainsi, au sens strict, ces plantes occupent les champs de céréales d’hiver (blé, orge, avoine, seigle). Cependant, on généralise souvent le terme « messicole » aux espèces inféodées aux terrains cultivés, supportant également plantes sarclées, vignes, jachères, etc. Une espèce messicole ne peut se maintenir dans les milieux naturels et, de ce fait, les plantes se trouvant indifféremment dans les terrains cultivés ou dans les milieux plus stables (friches, prairies, etc.) ne sont pas considérées comme telles. Au cours du XXe siècle, ces espèces ont subi une forte régression du fait de l’intensification des pratiques agricoles.

[10- Euryhalines : se dit d’espèces capables de supporter de grandes variations de salinité.

[11- Avesnois

[13- Source : Exploitations forestières et scieries en 2005 en Nord - Pas-de-Calais, DRAF.

[14- Schistes des Ardennes, sables et argiles des Flandres, craies et argiles à silex de l’Artois et du Boulonnais, etc.

Portfolio

Source MNHN - IGN BD Carto - SIG DIREN NPdC. Source  : Teruti, 2004. Source  : Agence de l'Eau Artois Picardie

Vous êtes ici :