Dynamique urbaine

Un environnement urbain et un cadre de vie en cours de reconquête  : des efforts à poursuivre

Poursuivre la restructuration urbaine

Historiquement, l’urbanisation de la région s’est faite au service exclusif des activités industrielles. Les villes ont ainsi hérité d’une structure urbaine dispersée, constituée d’un assemblage de quartiers autour de centres de production aujourd’hui disparus. La région vit ainsi un paradoxe : malgré une population à très forte dominante urbaine, les villes ne présentent pas de réelles fonctions de centralité, ce qui constitue un handicap lourd en terme de développement urbain et social, comme l’a souligné le schéma régional d’aménagement et de développement du territoire. Ce manque de centralité a par ailleurs favorisé l’étalement urbain, et donc l’augmentation de la consommation d’espace et des déplacements.

Les agglomérations doivent également faire face à des problèmes de ségrégation sociale sur leur territoire. Cet enjeu ne concerne pas seulement les grands ensembles urbains nés dans les années soixante-dix, mais aussi des quartiers entiers, souvent plus anciens, dans les villes et les agglomérations industrielles de la région, qui doivent être totalement réhabilités.

La nécessité de restructurer et de renouveler le tissu urbain est donc un point commun que partagent la plupart des villes de la région. Cette reconquête passe notamment par une requalification des friches industrielles, qui est aujourd’hui bien engagée grâce à l’action de l’Établissement public foncier. Elle nécessite également une restructuration et une amélioration de l’offre d’habitat, afin de répondre, qualitativement et quantitativement, à la demande de la population. Dans « l’arc sud », le patrimoine du bassin minier peut contribuer à cet objectif : sa réhabilitation et sa remise à niveau, engagées depuis quelques années dans un contexte de restructuration urbaine, vont se poursuivre durant la période 2007-2013, en s’appuyant à la fois sur les crédits inscrits au contrat de projet État -Région et sur les moyens exceptionnels mis à disposition par l’ANAH (147 millions d’euros). D’importants programmes de démolition - reconstruction et de réhabilitation ont donc été lancés à l’échelle régionale. Face à l’ampleur des efforts à fournir, le contrat de projet État - Région 2007-2013 réaffirme l’importance du programme national de rénovation urbaine (PNRU) dans la région et, à travers un certain nombre de grands projets, donne aux collectivités les moyens d’agir. Le PNRU, décliné dans une convention régionale signée entre la région, l’État et l’ANRU, prévoit de soutenir une soixantaine de projets répartis sur 42 communes. Il y consacrera une enveloppe de 1,2 milliard d’euros d’ici à 2013. Il constitue un levier important pour le renouveau des quartiers les plus en difficulté et pour le changement d’image de la région. Le contrat de projet, par ailleurs, à travers plusieurs grands projets, donne les moyens aux collectivités d’intervenir sur leur aménagement et leur cadre de vie.

La restructuration du tissu urbain est également permise par la mise en place d’une offre d’équipements et de services adaptés et, notamment, une amélioration importante de l’offre de transport en commun. Des efforts considérables en faveur des déplacements interurbains par train ont été réalisés par la SNCF et le conseil régional, avec des trains plus nombreux et plus rapides. Une augmentation significative de la fréquentation a ainsi été enregistrée au cours des dernières années [voir chapitre « Transports »]. Sur la métropole lilloise, le PDU affiche l’ambition de stabiliser le trafic automobile généré par les habitants et de doubler l’usage des transports en commun à l’horizon 2015, tendance déjà amorcée avec une hausse des usagers des transports en commun qui a été constatée sur le territoire de Lille Métropole Communauté urbaine depuis début 2007.

Poursuivre l’amélioration de l’environnement urbain

Le développement des villes au cours de la période industrielle s’est fait en règle générale en dehors de tout souci de qualité de l’environnement urbain. Ainsi, c’est l’ensemble du tissu urbain de la région qui est concerné par l’enjeu de reconquête de son cadre de vie.

Une amélioration significative de l’environnement urbain de la région est déjà constatée depuis quelques années, notamment grâce à la diminution de la pollution de l’air d’origine industrielle, aux progrès dans la collecte et le traitement des déchets, ou à la recherche de l’esthétique du paysage urbain et de l’embellissement de certains espaces publics, qui est désormais une préoccupation forte des élus et des collectivités locales.

Cette amélioration nécessite également d’agir sur les déplacements, afin de satisfaire un besoin de mobilité toujours croissant, tout en limitant l’impact négatif des déplacements et des infrastructures de transports sur l’environnement et le cadre de vie urbain. Dans cet objectif, les plans de déplacements urbains des grandes villes de la région mettent l’accent sur les transports collectifs, et de premiers investissements en faveur des modes doux, et notamment le vélo, ont également été consentis récemment.

Développer le maillage écologique et paysager

La région Nord - Pas-de-Calais présente un déficit important d’espaces verts et récréatifs ainsi que de massifs boisés (2 % d’espaces verts par rapport aux espaces artificialisés en 2005). Les parcs, jardins, bois et même les espaces agricoles constituent pourtant des espaces de « respiration » essentiels au bien-être de la population.

Sous l’impulsion du conseil régional au travers de sa politique de « Trame verte et bleue », de nombreux espaces de nature ont été créés ou restaurés sur le territoire régional, avec un double objectif :

  • la préservation des milieux naturels et de la biodiversité par la restauration d’un maillage écologique constitué de cœurs de nature à protéger, d’espaces de nature plus « ordinaire » et de corridors biologiques permettant de relier ces espaces et donc de faciliter la circulation des espèces ;
  • le développement d’une offre d’espaces verts et naturels à vocation de détente et de loisirs, contribuant à améliorer les paysages et le cadre de vie et répondant à une demande sociale de plus en plus forte.
    Ainsi, des espaces boisés, des espaces verts ou des liaisons vertes ont été aménagés le long des rivières ou canaux, et de nombreux anciens sites industriels ou miniers ont été « renaturés », permettant de constituer des espaces de nature au cœur du tissu urbain ou périurbain, notamment dans le bassin minier ou sur l’agglomération lilloise.

La poursuite du développement de ce maillage écologique et paysager doit s’appuyer sur des opérations telles que l’aménagement des véloroutes ainsi que sur les opérations de renouvellement urbain, afin de mettre en place, parallèlement à la logique de corridors biologiques, une offre diversifiée d’espaces verts de proximité et à l’échelle des quartiers.

Cet enjeu prend toute son importance au regard du changement climatique et aussi de la remontée des migrations de certaines espèces.

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