Biodiversité, milieux naturels et paysages

Quelques exemples de la complexité de la gestion des zones humides

Les marais de Guines et de l’Audomarois (3 600 hectares), qui recèlent un patrimoine naturel exceptionnel pour la région, s’étendent sur 3 % du territoire du parc naturel régional des caps et marais d’Opale. Les phénomènes d’eutrophisation des eaux et la fermeture des milieux mettent en péril le marais de Guines 11. Les activités, qui garantissaient jusque-là l’équilibre du marais de l’Audomarois, déclinent : gestion hydraulique des wateringues, maraîchage, entretien des prairies. La proximité de la ville de Saint-Omer entraîne des phénomènes encore localisés de mitage et accroît la pression foncière.
La Plaine alluviale de la Scarpe forme, dans sa partie aval, une large dépression renfermant localement des lits de tourbe. La faible altitude et les pentes peu marquées associées à un réseau hydrographique d’une extrême densité sont les caractères physiques dominants de cette plaine. Les pratiques agricoles et sylvicoles ancestrales associées à la dynamique naturelle de la végétation se traduisent par une grande diversité de biotopes conférant à cette plaine alluviale une valeur paysagère et une richesse biologique de premier ordre. Ces même activités, aujourd’hui intensifiées, rendent ces milieux de plus en plus vulnérables. On peut citer comme sites d’un intérêt remarquable voire exceptionnel et très différents : les tourbières de Vred et Marchiennes, le complexe forestier de Saint-Amand - Raismes - Wallers, les landes tourbeuses de la sablière de Lièvre, la mare à Goriaux, zone d’affaissement minier, ou les nombreux marais et plaines inondables du cœur le plus humide de la vallée. La diversité des communautés végétales et des structures de végétation a permis l’installation d’une avifaune riche et variée tant qualitativement que quantitativement, ayant justifié la désignation en 2006 d’une vaste zone de protection spéciale du titre du réseau Natura 2000.

Les marais arrière-littoraux. Au sud du cap Gris-Nez, sur cinquante kilomètres, s’étendent les dunes picardes. L’orientation de ces dunes étant perpendiculaire aux vents dominants marins, elles pénètrent l’intérieur des terres sur plusieurs kilomètres, créant un écosystème complexe et varié. Entre la bande de dunes récentes face à la mer, et les dunes anciennes dans les terres, la plaine dunaire très humide abrite les marais arrière-littoraux. Tous les stades d’évolution co-existent dans les marais arrière-littoraux, depuis l’eau libre jusqu’aux zones humides boisées, abritant un grand nombre d’espèces et d’habitats patrimoniaux. Ces milieux privilégiés pour la biodiversité ont notamment un rôle essentiel d’accueil des oiseaux en halte migratoire et ont donné lieu à un fort développement de l’activité cynégétique. La conciliation des différents usages avec la protection de la biodiversité est un enjeu majeur.

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