Agriculture et pêche

La nécessité de poursuivre les politiques de préservation des stocks halieutiques

Le secteur de la pêche est confronté à une baisse des stocks halieutiques. C’est le cas notamment des stocks de cabillaud, de merlan, de plie et de sole en mer du Nord et dans la Manche.

Face aux enjeux tant économiques qu’écologiques de reconstitution des stocks, des actions sont entreprises depuis plusieurs années. La préservation de la ressource halieutique est au cœur de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) en vigueur depuis le 1er janvier 2003. Celle-ci vise à mieux concilier le principe d’une gestion durable des ressources halieutiques avec les impératifs socio-économiques et territoriaux des activités de pêche. Il s’agit notamment de mieux adapter les instruments de régulation des captures en fonction de la situation biologique réelle de chaque stock : réduction des quotas de capture, réduction des nombres de jours de mer pour certaines flottilles, modification des engins de pêche, impossibilité de renouveler la flotte de pêche, etc. Ces mesures ont pour objectif d’arriver à un équilibre entre le volume pêché et les quantités de poissons pouvant être retirées de la mer sans mettre en danger l’avenir des stocks de poissons ou des écosystèmes.
Leur but est de réguler la mortalité par pêche et de permettre aux juvéniles de grandir et de se reproduire. Au-delà de la surpêche, d’autres facteurs peuvent cependant aussi jouer un rôle, comme la pollution, l’extraction de granulats ou le changement climatique.

CR NPDC - P. Morès.

Les mesures à court terme visant à préserver la ressource prises au fil des ans n’ayant pas permis d’atteindre les résultats escomptés, une approche globale et à long terme, basée sur l’adoption de mesures pluriannuelles, a été privilégiée.

Le cabillaud fait depuis 2003 l’objet d’un plan de reconstitution avec limitation du nombre de jours de mer et mesures techniques (limitation de maillage). Un plan de ce type est à l’étude pour la sole et la plie. Le merlan, maquereau, hareng sont des espèces sous quotas. La pêche au large boulonnaise est très dépendante de l’avenir qui sera réservé à la pêche des espèces de grands fonds (quotas en forte réduction).

Depuis plusieurs années, le Comité régional des pêches maritimes (CRPM) et la Direction régionale des affaires maritimes (DRAM) ont mis en place un système de licences contingentées permettant de contrôler l’effort de pêche au niveau local (licence fileyeur, permis de pêche à pieds et licences coques - moules, etc.). Cette démarche a notamment porté ses fruits en matière de pêche à pieds, couplée au recrutement par le CRPM de gardes jurés.

Coté État, un effort important a été réalisé en 2005-2006 en terme de police des pêches : renforcement des équipes de contrôle, mise en place de nouvelles procédures (sanctions), formation des professionnels aux exigences réglementaires, etc.

Des études ont été confiées à des ingénieurs spécialisés (Ifremer, notamment) pour mieux comprendre les mécanismes biologiques de certaines espèces et les impacts des pressions anthropiques (pollution, accidents maritimes, extraction de granulats, éoliennes offshore, gazoducs, câbles, changement climatique). Des études sur des espèces non soumises à quotas européens ont été lancées par les professionnels afin d’évaluer les stocks et envisager leur gestion (étude sur le rouget barbet financée par le CRPM, projet d’étude sur les espèces pérennes lancée par le pôle de compétitivité).

Le fonds européen pour la pêche (FEP) 2007-2013 prévoit une aide financière pour faciliter l’application de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) et soutenir les restructurations nécessaires liées à l’évolution du secteur. Le FEP peut accorder un soutien financier notamment pour atteindre des objectifs tels que : assurer la pérennité des activités de la pêche et l’exploitation durable des ressources halieutiques, réduire la pression sur les stocks en équilibrant les capacités de la flotte communautaire par rapport aux ressources disponibles de la mer et favoriser la conservation et la protection de l’environnement et des ressources de la mer. L’article 38 du règlement 1198/2006 prévoit le financement par le FEP de mesures spécifiques destinées à la protection et au développement de la faune et de la flore aquatique.

Vous êtes ici :