Dynamique urbaine

La forte progression des espaces urbanisés

L’évolution la plus significative de l’occupation du sol régionale entre 1998 et 2005 concerne les espaces urbanisés. Au cours de cette période, ceux-ci ont connu une croissance globale d’environ 5,6 %. Ainsi, près de 10 000 ha du territoire régional ont été bâtis ou aménagés et viennent s’ajouter au très important réseau d’espaces anthropisés du Nord - Pas-de-Calais. Plus de la moitié de cette surface est consacrée à la construction de nouveaux lotissements. Une part significative de cette croissance est également imputable à la création de nouvelles zones industrielles / zones d’activités, de nouvelles routes, de logements individuels en milieux rural, de zones commerciales et d’équipements sportifs.

Cette forte croissance des espaces urbanisés est très préjudiciable pour le maintien de la biodiversité régionale car elle affaiblit encore un peu plus les connexions biologiques entre espaces naturels et vient renforcer l’emprise des éléments fragmentants.

Malgré tout, les effets de cette urbanisation sont quelques peu atténués dans le sens ou la plupart des nouveaux espaces urbanisés sont contigus d’éléments anthropiques préexistants. Ils viennent alors accroître et densifier les villes et villages. Cette croissance de l’urbanisation concerne globalement l’ensemble du territoire régional. Elle semble toutefois plus marquée dans la région lilloise, dans le bassin minier et dans son prolongement jusque dans le Calaisis. Le Boulonnais et le nord de l’Avesnois paraissent également exposés à une forte croissance de l’urbanisation.

Bien que la croissance de l’habitat rural ne représente que 6 % des nouveaux espaces urbanisés, le développement de ce type d’habitat est plus inquiétant du point de vue de la conservation de la biodiversité régionale. Effectivement, ce type d’urbanisation contribue au mitage des espaces naturels et à un accroissement considérable de la fragmentation des espaces naturels. Cette aggravation de la fragmentation des habitats se manifeste notamment à travers le développement de l’urbanisation linéaire.
Ainsi, dans de nombreux secteurs du Nord - Pas-de-Calais, l’habitat rural s’agglomère le long des routes existantes et forme peu à peu des barrières d’habitations souvent infranchissables pour la faune. Les secteurs du Nord - Pas-de-Calais qui semblent le plus affectés par ce type d’urbanisation entre 1998 et 2005 sont les vallées de l’Artois, la région audomaroise, le Valenciennois, l’est du Cambrésis et le nord de l’Avesnois.

Le graphique ci-dessous montre que les espaces détruits du fait de l’urbanisation étaient principalement occupés par des cultures intensives, des prairies ou des friches. Ainsi, les prairies sont fortement impactées par l’urbanisation. Cela s’explique par le fait que la plupart des prairies de la région s’organisent en ceintures bocagères autour des villages. Celles-ci sont donc fortement exposées à l’extension de ces villages.

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