Prévention des risques sanitaires et écologiques - Déchets

Gérer de façon sûre les déchets radioactifs

Selon le Code de l’environnement, le producteur de tout déchet radioactif est responsable de son traitement, conditionnement et devenir (élimination). Pour assumer correctement cette responsabilité, il doit s’efforcer de réduire les volumes et les toxicités, réaliser le tri et assurer la traçabilité de l’élimination. Par ailleurs, un contrôle est exercé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et, en particulier, la division de Douai de cette autorité.

Les déchets radioactifs doivent être traités par des filières spécifiques adaptées au risque qu’ils représentent. Deux paramètres permettent d’appréhender ce risque : l’activité, qui traduit la radiotoxicité du déchet, et la durée de vie, c’est-à-dire la période au bout de laquelle la radiotoxicité du déchet est divisée par deux. On distingue ainsi des déchets de courte période (moins de trente ans) ou de longue période (plus de trente ans).

Une quantité importante de déchets radioactifs liée aux activités actuelles mais également à des activités anciennes

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) dénombre, en région Nord - Pas-de-Calais, 31 producteurs ou détenteurs de déchets radioactifs répartis sur 20 sites géographiques. On trouve bien évidemment la centrale nucléaire de Gravelines, ainsi que les sites habituels liés au domaine médical et à la recherche. De plus, deux sites stockent les déchets liés à des activités anciennes. C’est le cas à Loos ou l’exploitation, de 1934 à 1964, d’un atelier de traitement de minerai a généré des résidus de très faible activité qui, après avoir été mélangés à d’autres déchets industriels minéraux, ont été stockés sur le site. 140 000 m3 de boues de filtration, contenant du thorium et de l’uranium, ont été mises en lagunes. Leur activité est estimée à 0,2 TBq. C’est aussi le cas de l’ancienne décharge de Menneville, fermée en 1994. Elle renferme 7 200 tonnes de déchets enfouis en 1985 et 1986 sous plusieurs mètres de terre présentant une activité de 2,2 TBq.

Enfin, à Maubeuge, une entreprise de maintenance de matériel nucléaire génère des déchets qualifiés d’irradiants : ils sont entreposés sur le site (6,31 m3 fin 2006), la phase finale de leur conditionnement est prévue au centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Gravelines.

Le centre nucléaire de production d’électricité de Gravelines, principal producteur régional de déchets radioactifs

La centrale nucléaire de Gravelines génère une quantité importante de déchets hautement et moyennement radioactifs à vie longue. L’essentiel des déchets de cette catégorie n’est pas produit sur le site de Gravelines, mais résulte du retraitement, à La Hague, du combustible usé. Le CNPE de Gravelines produit chaque année environ 100 tonnes de combustible usé qui, une fois retraitées, génèrent environ 40 m3 de déchets. D’abord sous forme liquide, ces déchets sont concentrés, vitrifiés et stockés dans des conteneurs spécifiques à La Hague. Plusieurs équipements du cœur de réacteur sont stockés dans les piscines des bâtiments combustibles prévues à cet effet.

L’activité de la centrale produit également des déchets radioactifs de faible ou moyenne activité et à vie courte. Leur volume a oscillé entre 1999 et 2006 entre 400 et 800 m3 par an. Ces déchets, après conditionnement, sont stockés en surface au centre de stockage de l’Aube ou destinés à l’incinération.

Un bâtiment de stockage intermédiaire a été mis en service sur le site en septembre 2003, afin de recevoir certaines catégories de déchets, présentant notamment de hauts potentiels calorifiques. De plus, le CNPE comprend depuis 2005 une aire pérenne de transit et regroupement de déchets très faiblement actifs (dite « aire TFA »). Cette action s’inscrit dans une démarche d’amélioration de la gestion de ce type de déchets, imposée par l’Autorité de sûreté nucléaire.

Un transport très encadré

L’Autorité de sûreté nucléaire contrôle le transport des matières radioactives et fissiles à usage civil. L’expéditeur est responsable de la sûreté du colis. Des contrôles sont effectués à l’arrivée et au départ des colis. Tous les moyens de transport peuvent être utilisés : route, train, air, mer, navigation fluviale. La région Nord - Pas-de-Calais est soumise à plusieurs flux. Comme pour le reste de la France, l’essentiel du flux est représenté par les nombreux petits colis de radio-isotopes à usage médical, pharmaceutique ou industriel qui transitent dans la région. Un autre flux résulte du transport des matières radioactives issues de la centrale électronucléaire de Gravelines : combustible, matériel d’entretien, etc. Enfin, il existe également un flux lié au transport international : le Nord - Pas-de-Calais étant une région de transit, les colis de combustibles irradiés à destination de Sellafield en Grande-Bretagne, provenant de Suisse ou d’Allemagne, sont embarqués dans le port de Dunkerque.