Enjeux régionaux

Crise industrielle et mutations

Dès les années soixante, la crise économique s’amorce avec le déclin de la sidérurgie dans la Sambre et la disparition programmée des mines de charbon. Le déclin s’accélère et se poursuit encore aujourd’hui (textile, dans le versant de la métropole). Entre 1962 et 1999, la région a perdu plus de 325 000 emplois industriels traditionnels.

Cette déprise provoque une importante crise sociale, environnementale et urbaine. Le Nord - Pas-de-Calais accuse encore un déséquilibre entre sa masse démographique et son poids économique. Son produit intérieur brut (PIB) régional représente en 2006, 5,15 % du PIB national alors que la région compte 6,6 % de la population métropolitaine. Actuellement, les friches industrielles totalisent 50 % du stock national. Les cent cinquante années d’industrialisation lourde ont laissé des traces sur l’environnement : sites et sols pollués qui compromettent la réaffectation de certains terrains, désordres du sous-sol liés à l’exploitation minière, sédiments toxiques et médiocre qualité de l’eau dans les canaux utilisés par l’industrie.

Les pouvoirs publics s’engagent rapidement dans une politique de reconversion industrielle, avec le développement du pôle de Dunkerque, l’implantation d’importantes unités de construction automobile (Douai, Valenciennes, Maubeuge), le développement de la pétrochimie (Dunkerque), la plasturgie (ouest de l’ancien bassin minier). Pour lutter contre la montée du chômage, la région maintient sa vocation industrielle et se lance dans un ambitieux effort de rattrapage en matière de services à la population (santé, éducation, culture) et aux entreprises. Ce redéploiement de l’emploi s’accompagne du renforcement des pôles urbains préexistants à la révolution industrielle, et d’un fort développement périurbain, à côté des zones de vieille industrie. La conversion déplace les pôles et se traduit par de nouvelles pressions ­foncières sur le littoral, au sud de la métropole lilloise, autour d’Arras, et au sud-est de Valenciennes. Tout à l’effort de reconversion, et dans le souci d’adapter la région aux nouveaux modes de production à flux tendus, les pouvoirs publics densifient le réseau routier. Le Nord - Pas-de Calais, dont l’économie se tertiarise de plus en plus, entend reconquérir sa place traditionnelle de région d’échange et de commerce au sein de l’Europe du Nord-Ouest et affiche une vocation de transports et logistique.

Parallèlement, la région devient pilote dans la politique de développement social et urbain. S’appuyant sur les fortes solidarités héritées du monde ouvrier, les acteurs locaux développent les outils de gouvernance et anticipent dès le début des années quatre-vingts sur les démarches contractuelles. Les pouvoirs publics s’efforcent par ailleurs de restructurer, resserrer et re densifier un tissu urbain dégradé.

L’ensemble de ces politiques (redéploiement industriel, recomposition régionale, développement des transports, concentration des efforts sur le social et le renouvellement urbain) rend la question du foncier particulièrement sensible : la consommation d’espace reste importante, et la région commence seulement à prendre conscience de la nécessité de préserver ses ressources et son patrimoine naturel relictuel. La vocation industrielle et l’accroissement des échanges posent également question au regard de l’effet de serre, de la santé publique, et conduisent à repenser les mutations en termes de développement durable.

Portfolio

Source : Insee - Météo-France - Ministères chargé du Tourisme, de (...)

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