Énergie

Améliorer l’efficacité énergétique et valoriser les énergies renouvelables  : une région engagée, des actions à poursuivre

La région s’est attaquée très tôt à la maîtrise de l’énergie. En 1983, le Nord - Pas-de-Calais était l’une des premières régions à mettre en place un partenariat avec l’ADEME. La région s’est également impliquée dans le développement des énergies renouvelables, et notamment de l’éolien, dès 1990. Elle s’est dotée d’un observatoire des consommations d’énergie (Norener), créé à la fin des années quatre-vingt-dix. Le suivi annuel réalisé par secteur d’activité permet d’aider à orienter les politiques conduites.

Comme à l’échelle européenne et nationale, le Nord - Pas-de-Calais poursuit des objectifs d’économie d’énergie, d’amélioration de l’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables.

Des exercices de prospective qui ont contribué à orienter les actions conduites

Deux exercices de prospective ont été réalisés à l’initiative du conseil régional et ont permis de définir des actions. Le premier, effectué en 1997 à horizon 2015, montrait que le prolongement tendanciel des consommations d’énergie et des émissions de CO2 se confondait au scénario correspondant à l’absence d’effort significatif de maîtrise des consommations d’énergie. Il a contribué à alerter les pouvoirs publics et à engager des actions.

Le second exercice de prospective, réalisé en 2004, visait à répondre aux questions suivantes : la réduction des émissions de CO2 est-elle compatible avec la poursuite du développement économique et social ? Comment concilier une réduction massive des émissions de CO2 (énergie) avec le développement régional ? Deux scénarios déclinés par secteur (industrie, résidentiel, tertiaire, transport) ont été dressés à horizon 2030. Dans le scénario tendanciel (absence de nouvelles mesures), les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître. Le scénario alternatif correspond à la généralisation des meilleures techniques d’efficacité énergétique actuellement disponibles, sans renoncer à un développement économique et social. Il fait apparaître une baisse des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre à partir de 2010.

Pour développer le recours aux techniques actuellement disponibles, deux propositions se sont dégagées. Il est apparu nécessaire de créer les conditions d’une action concertée et partagée en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. l’échelle de la région, les partenaires institutionnels (État, conseil régional, conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais et ADEME) ont décidé de s’engager dans une démarche commune pour construire le plan « Climat » Nord - Pas-de-Calais.

Dans ce cadre doit être créée une instance de concertation et de coordination régionale ouverte à l’ensemble des acteurs concernés : CAP climat (comité d’animation partenarial « Climat », voir chapitre réchauffement climatique). Il est également apparu essentiel de développer de nouveaux outils d’intervention sortant des mécanismes classiques de subvention et reposant sur un partenariat public et privé (création de fonds d’investissement en partenariat public privé, crédits bonifiés, taux préférentiels, etc.).

Incitation et soutien des initiatives des collectivités, des particuliers et des entreprises : de l’expérimentation à la généralisation

Outre le recours aux financements européens (FEDER) ou la mise en place possible de contrats Atenee (actions territoriales pour l’environnement et l’efficacité énergétique), spécifiques aux territoires, la région et l’ADEME ont mis en place un fonds régional d’aide à la maîtrise de l’énergie et de l’environnement (FRAMEE). Celui-ci vise à accompagner les acteurs (collectivités, entreprises, particuliers) dans leurs actions d’amélioration de l’efficacité énergétique (économies d’énergie, maîtrise de la demande d’électricité), de développement des énergies renouvelables et dans la mise en place d’approches globales et territoriales de maîtrise de l’énergie (aménagement urbain, management environnemental, etc.). Ils s’appuient notamment pour cela sur l’accompagnement d’opérations exemplaires, des actions collectives, la structuration des réseaux et relais (par exemple les Espaces Info Énergie pour les particuliers).

Entre 2000 et 2006, plus de 1 700 opérations ont été soutenues concernant tant des collectivités que des entreprises et permettant, pour la majorité, d’éclairer des décisions d’investissement. 64 millions d’euros d’aides ont favorisé plus de 400 millions d’euros investis, confortant ainsi l’économie et l’ingénierie locale, avec la création de 400 emplois pérennes et de milliers d’emplois destinés au fonctionnement des installations, aux réseaux d’expertise et au développement des filières. 155 000 tep ont été économisées, soit le quart de l’augmentation de la consommation d’énergie régionale sur la période, contribuant à contenir l’augmentation des consommations d’énergie finale dans la région.

Sur la filière « énergies renouvelables », les installations aidées ont contribué à multiplier par cinq la production d’électricité à partir de renouvelables (éolien, solaire, bois, biogaz) [1]. En direction des particuliers, la prime solaire a permis de développer le marché du capteur solaire.

Plus de 150 opérations « haute qualité environnementale » ont été réalisées sur tous les usages du bâti : logement, bâtiment public, industriel, tertiaire. Pour soutenir ce développement, outre l’accompagnement financier, un partenariat institutionnel [2] et un référentiel régional HQE ont été mis en place. La région et l’ADEME ont ainsi contribué à l’émergence d’une véritable filière en visant à structurer une offre régionale d’éco-matériaux, à développer et à professionnaliser une ingénierie régionale et à diffuser et promouvoir la démarche HQE dans la construction et la réhabilitation.

Concernant les transports, le FRAMEE a fortement contribué à promouvoir l’utilisation de la voie d’eau pour le transport de marchandises, de produits parfois dangereux, de déchets, montrant le triple intérêt d’une solution alternative à la route (moins de camions, moins de pollution, moins de risques et un bénéfice économique).

L’aménagement et l’urbanisme influencent les consommations d’énergie liées au bâti et aux modes de déplacement. La promotion de l’analyse environnementale sur l’urbanisme a été confiée aux agences d’urbanisme, à la mission Bassin minier et à un réseau de bureaux d’études experts.

L’objectif est d’anticiper et d’inciter à l’aménagement de quartiers durables avec une mixité des fonctions plutôt que d’assister à la poursuite de l’urbanisation linéaire et de l’étalement urbain.

Le FRAMEE a également contribué à renforcer le travail en réseau, notamment à travers la constitution du Centre ressource du développement durable (CERDD) et du Centre de développement des éco-entreprises (CD2E). Fin 2006, ce sont vingt-cinq chargés de mission environnement qui promeuvent auprès des entreprises des dispositifs de management environnemental : près de 7 000 ont été sensibilisées et plus de 6 000 ont été accompagnées dans une démarche de management environnemental. Le réseau Énergie et Territoires (RENET) destiné aux collectivités s’est constitué.

Enfin, le réseau des conseillers Espace Info Énergie, à destination du grand public, s’est densifié et professionnalisé. Entre 2000 et 2006, 120 000 particuliers ont été sensibilisés aux problématiques de l’énergie dans l’habitat avec une forte montée en puissance.

L’engagement de la région et de l’ADEME se poursuit pour la période 2007-2013. Si le programme 2000-2006 a contribué au lancement d’actions pilotes, entraîné une prise de conscience et amorcé une dynamique, l’objectif du FRAMEE 2007-2013 est d’accélérer, de multiplier et de généraliser les actions avec l’objectif global de contribuer à diviser par quatre à l’horizon 2050 les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. 46 millions d’euros vont directement être consacrés à la lutte contre le réchauffement climatique, recouvrant des actions qui portent sur la maîtrise de l’énergie, la maîtrise de la demande d’électricité, le développement des énergies renouvelables (solaire, bois-énergie, biomasse), l’accompagnement des projets d’urbanisme et d’aménagement, la généralisation des démarches de management environnemental, etc. 24 millions d’euros seront utilisés sur le second volet « production et consommation responsables » qui vise à la fois la lutte contre les émissions indirectes liées à la production et à la consommation de produits et la maîtrise des consommations des ressources : éco-produits, éco-achats, éco-technologies, etc.

Une amélioration de la performance énergétique à poursuivre

Si l’efficacité énergétique stagne en 2005 [3], sur un laps de temps plus grand, l’intensité énergétique finale s’améliore en région (rapport de la consommation d’énergie finale au produit intérieur brut), mais plus lentement qu’à l’échelle nationale (elle a décru de 7 % entre 1990 et 2005 en région et de 10 % à l’échelle nationale). L’amélioration de l’intensité énergétique place la région sur une trajectoire de poursuite (lente mais réelle) du découplage de la croissance économique et de celle de la consommation d’énergie. Les progrès de la performance globale doivent être poursuivis.

Notes

[1- Source : plaquette Fonds régional d’aide à la maîtrise de l’énergie et de l’environnement, Programme 2007-2013.

[2- ADEME Nord - Pas-de-Calais, conseil régional, agences d’urbanisme, DRE, DDE, ANAH, Qualitel, ville de Lille, Lille Métropole communauté urbaine, communauté urbaine de Dunkerque et d’autres territoires.

[3- Dans l’industrie, le tassement de l’activité économique n’a pas encouragé les investissements d’efficacité énergétique. Dans les transports par contre, l’efficacité énergétique progresse sous les effets conjugués de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement de la vitesse de circulation. L’efficacité énergétique se détériore dans le résidentiel.

Vous êtes ici :