Lutte contre le changement climatique

Une responsabilite humaine dans le réchauffement climatique

Les études de l’impact des changements climatiques réalisées par le GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et notamment le 4e rapport d’évaluation publié en 2007 confirment l’hypothèse de la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique.

Chacun des gaz à effet de serre (GES) exerce un effet positif sur le réchauffement appelé forçage radiatif. Jamais, depuis 650 000 ans, les concentrations de GES n’ont été aussi importantes dans l’air. L’augmentation des concentrations de ces gaz a accru la capacité de l’atmosphère à retenir les rayons infrarouges et engendré un effet de serre « additionnel ». Ainsi, durant le XXe siècle, le climat a changé. Alors que la différence de température entre une période glaciaire et une période tempérée est estimée à 5° C, à l’échelle du globe, la température moyenne mondiale a augmenté d’environ 0,6 °C depuis 1860, soit plus de 10 % de la différence entre une période glaciaire et tempérée. Le réchauffement s’est accéléré au cours des vingt-cinq dernières années. D’après les mesures, l’année 1998 est la plus chaude jamais enregistrée depuis 1860. Les années 2005, 2003 et 2002 sont respectivement les 2e, 3e et 4e années les plus chaudes [1].

Un certain nombre d’évolutions des activités humaines contribuent à une augmentation des émissions de GES. Ainsi, la courbe de la consommation des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) suit celle de l’accroissement du CO2 atmosphérique. Depuis la synthèse de l’ammoniac par Haber Fritz, l’agriculture moderne utilise des quantités toujours plus grandes d’engrais azotés, dont la décomposition produit toujours plus de protoxyde d’azote. En moyenne, les concentrations de ces trois gaz (gaz carbonique, méthane et protoxyde d’azote) ont augmenté respectivement, de 30 %, 150 % et 17 % entre 1750 et 2000. Par ailleurs, pour répondre à de nouveaux besoins de l’industrie, les chimistes ont élaboré de nombreux gaz de synthèse fluorés, qui se sont révélés être de grands perturbateurs de l’effet de serre naturel. La teneur en gaz carbonique en 1750, date retenue pour le début de l’ère industrielle, était de 270 parties par million (ppm, ce qui correspond à 1 cm3 dans 1 m3) alors qu’elle était restée comprise entre 200 et 280 ppm depuis plusieurs centaines de milliers d’années. En 2005, la teneur est passée à 379,1 ppm et était en augmentation de 0,5 % par rapport à celle de 2004. Elle est à 382 ppm en 2007. Cette concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère est la plus forte jamais mesurée, sachant que les carottes de glace des calottes polaires permettent de remonter jusqu’à 650 000 ans.

Les travaux du GIEC ont permis d’améliorer la compréhension de l’influence des activités anthropiques sur le climat : le rapport de 2007 confirme que les activités humaines ont un effet significatif sur le réchauffement du climat avec un degré de confiance désormais « très élevé ». Ce degré de confiance est estimé à 90 %, alors qu’il était de 60 % dans le rapport du GIEC de 2001.

Des impacts importants, la nécessité de lutter contre l’effet de serre et d’augmenter la capacité d’adaptation des territoires

Le quatrième rapport du GIEC évalue les impacts du réchauffement climatique déjà observés et estime la probabilité des impacts à venir en fonction du niveau de la hausse des températures. Il précise la nature des impacts dans les différentes régions du globe et évalue à la hausse les conclusions qui étaient déjà présentées dans le troisième rapport.

En Europe, les impacts négatifs incluent ainsi l’augmentation des risques d’inondation dans l’intérieur des terres, des inondations côtières plus fréquentes, voire l’inondation permanente d’espaces côtiers aujourd’hui à peine ou incomplètement émergés, notamment en Nord - Pas-de-Calais. Le réchauffement climatique devrait également entraîner une augmentation de l’érosion due aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer. La grande majorité des organismes et écosystèmes devrait avoir des difficultés à s’adapter aux changements climatiques. 27 % à 42 % des espèces végétales pourraient disparaître en raison de la baisse de la fertilité des sols et des ressources en eau pour une hausse de température comprise entre 1,8 °C et 3,6 °C entre 2000 et 2080. Les régions montagneuses seront confrontées au retrait des glaciers, à une réduction de la couverture neigeuse et à des extinctions d’espèces. Le réchauffement climatique aura une incidence sur la répartition d’espèces de poissons, les rendements agricoles (augmentation ou diminution en fonction des régions, diminution même là ou les premiers effets auront été positifs si les températures continuent à augmenter), la production sylvicole et la vie économique. Les impacts concerneront également la santé : malnutrition, accroissement des décès et maladies liés aux vagues de chaleur, à des concentrations d’ozone plus élevées, à la migration d’espèces végétales fortement allergisantes, résurgence de maladies liées à des vecteurs [2].

Si les efforts de réduction d’émissions les plus rigoureux ne peuvent éviter des impacts sur les changements climatiques dans les prochaines décennies, le GIEC estime que beaucoup d’impacts peuvent être évités, réduits, retardés ou atténués. Il est nécessaire pour cela d’augmenter la capacité d’adaptation en intégrant la prise en compte des impacts des changements climatiques dans la planification du développement.

Le développement durable peut réduire la vulnérabilité aux changements climatiques en améliorant la capacité d’adaptation et en augmentant la résilience [3]. noter que d’après le GIEC, il est très probable que le changement climatique ralentisse le rythme du progrès vers le développement durable, soit directement par une exposition accrue aux impacts défavorables, soit indirectement par une érosion de la capacité à s’adapter. Cette hypothèse renforce l’urgence de l’action.

Notes

[1- Source : L’environnement en France, IFEN, 2006.

[2- Maladies dues à la transmission d’un agent infectieux (virus, bactérie, protozoaire ou helminthe) par un vecteur (insecte ou acarien hématophage), comme c’est le cas pour le paludisme.

[3- En écologie, la résilience est la capacité d’un écosystème ou d’une espèce à récupérer un fonctionnement et/ou un développement normal après avoir subi un traumatisme.

Portfolio

D'après Météo-France Source : GIEC - Rapport 2007.

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