Dynamique urbaine

Une région densément peuplée et fortement urbanisée

Une population qui se stabilise et qui vieillit

Avec plus de quatre millions d’habitants [1], le Nord - Pas-de-Calais représente 6,7 % de la population française. Pour l’essentiel, la région doit son importante population à la Révolution industrielle : pendant des décennies, la richesse économique du Nord - Pas-de-Calais a attiré et maintenu sur place une population nombreuse. Mais, après une succession de crises économiques, le dynamisme démographique de la région s’est atténué. Ainsi, depuis plusieurs années, l’accroissement a fortement ralenti : le Nord - Pas-de-Calais n’a gagné que 60 000 habitants entre 1990 et 2006, et les projections à 20-30 ans du schéma régional d’aménagement et de développement du territoire validé en 2006 prévoient une stagnation de la population autour de quatre millions d’habitants. L’accroissement naturel reste pourtant significatif (0,49 % par an entre 1999 et 2006) et le taux de natalité, même s’il est en baisse, reste supérieur à la moyenne nationale. C’est le déficit migratoire qui est le grand responsable du ralentissement démographique (- 0,33 % par an entre 1999 et 2006). La région attire peu et n’arrive pas à maintenir sur son territoire certains segments de la population, les jeunes cadres diplômés par exemple. Cette situation démographique est surtout le reflet d’un manque d’attractivité liée pour partie aux difficultés économiques qu’elle connaît.

Avec 28 % de moins de vingt ans en 2004, la région est toujours la plus jeune de France. Cependant, ce pourcentage est en nette diminution (- 11,1 % entre 1990 et 2004). Comme dans l’ensemble des régions françaises, la population vieillit : la part des plus de soixante ans a augmenté de 7,9 % entre 1990 et 2004. Ainsi, en 2004, les plus de soixante ans représentent 17,6 % de la population régionale. Si l’espérance de vie a augmenté au cours des dernières années, elle reste inférieure à la moyenne nationale. C’est même, aussi bien pour les hommes que les femmes [2], la plus faible des régions françaises.

Un tissu urbain dense, multipolaire, dont l’étalement se poursuit

Le déplacement des activités entraîne celui des populations, attirées par le développement économique. Au moment de l’essor du charbon, le bassin minier était une zone densément peuplée et attractive. De l’après-guerre jusqu’à la fin des années soixante, avec la crise du charbon, les migrations internes régionales ont conduit les populations du bassin minier vers les agglomérations dynamiques : Dunkerque, Arras, Saint-Omer et bien sûr Lille. Puis, les villes-centres se dépeuplant au profit de leur périphérie, s’amorce dans les années soixante-dix le phénomène de périurbanisation. Il se ressent particulièrement dans la partie sud-est et au nord de l’agglomération lilloise, ainsi que sur la frange littorale et le sud de l’ancien bassin minier. Entre 1999 et 2003, la plupart des agglomérations perdent de la population. Si les zones urbaines et la proche banlieue de Lille gagnent quelques habitants, ce sont les parties périurbaines qui enregistrent le plus fort taux d’accroissement de la population.

La région compte six agglomérations de plus de 100 000 habitants, caractérisées par leur proximité, voire leur imbrication : Lille, Douai - Lens, Valenciennes, Béthune, Dunkerque et Calais. L’organisation urbaine de la région est dominée par trois grands systèmes transfrontaliers : le premier autour de Lille et de la zone métropolitaine, le deuxième sur le littoral autour de plusieurs pôles urbains (Dunkerque, Calais, Boulogne, Saint-Omer et Oostende en Belgique), le troisième étant le Hainaut - Cambrésis.

Ces différents bassins constituent autant de territoires bien identifiés, avec des fonctionnements et des dynamiques propres, et un certain cloisonnement des univers urbains [3], qui tend à diminuer, notamment grâce à la mise en place de coopérations métropolitaines [4].

En 2006, ce sont quatre millions d’habitants qui vivent sur 2,3 % du territoire métropolitain. La densité de population (325,7 hab./km2) est trois fois supérieure à la moyenne nationale, faisant du Nord - Pas-de-Calais la région la plus densément peuplée de province. Elle appartient de manière incontestable à la mégalopole de l’Europe du Nord-Ouest : zone de peuplement la plus dense d’Europe, elle représente un vaste ensemble comprenant le Randstad, la Rhur, la Belgique, le Nord - Pas-de-Calais, auquel se rattache le Grand Londres malgré la coupure maritime.

Avec plus de neuf habitants sur dix vivant dans un espace à dominante urbaine (au sens de l’INSEE), le Nord - Pas-de-Calais est aussi la région française la plus urbanisée et la plus artificialisée (près de 15 % du territoire en 2004) après l’Âle-de-France. Les zones urbaines diffuses ou se mêlent habitat, activités économiques, friches industrielles et terres agricoles forment un gigantesque espace à dominante urbaine. La culture de l’habitat individuel, comme partout en France, a contribué à la très importante périurbanisation : un tiers seulement des habitants vivent dans le centre des agglomérations, alors que 51 % de la population régionale résident en périphérie, contre 35 % en moyenne en France [5].

Notes

[1- La population est estimée au 1er janvier 2006 à 4 043 000 habitants.

[2- Pour les hommes, l’espérance de vie est de 73,6 ans contre 77,2 ans en France. Pour les femmes, elle est de 82,1 ans contre 84,1 ans (données INSEE 2004).

[3- Schéma régional d’aménagement et de développement du territoire, 2002. Rapport de synthèse du groupe « Région urbaine ».

[4- Les territoires « Flandre occidentale - Flandre Côte d’Opale » et « Aire métropolitaine lilloise » ont été retenus dans le cadre de l’appel à projet « coopérations métropolitaines » lancé par la DIACT en 2004.

[5- Au deuxième rang des régions françaises après l’Âle-de-France pour la population résidant en zone périurbaine.

Vous êtes ici :