Transports

Une population importante, un tissu économique dense et une position de carrefour européen qui génèrent des déplacements croissants

Les fortes densités de population et d’activités économiques génératrices de flux qui sont implantées en région font du Nord - Pas-de-Calais un territoire ou les déplacements sont particulièrement importants, aussi bien en termes de personnes qu’en termes de marchandises. La région se situe de plus en position de carrefour entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud : plusieurs axes majeurs de transport la traversent, tels que l’Euro-corridor Paris - Amsterdam ou le débouché du trafic transmanche (lien fixe et trafic maritime).

Le mouvement mondial de globalisation des échanges économiques, ainsi que la demande toujours plus forte de mobilité des populations, conduisent, dans la région comme partout en France et en Europe, à l’existence de déplacements toujours plus nombreux.

Une mobilité de la population croissante et un usage de l’automobile toujours prépondérant

Les mutations socio-économiques ont entraîné, au cours des dernières décennies, un développement spectaculaire de la mobilité des personnes. Au quotidien, les motifs de déplacements sont de plus en plus diversifiés et les lieux de vie et d’activités souvent de plus en plus éloignés : résidence, travail, formation, loisirs, consommation, etc. Base de la lutte contre les exclusions, la mobilité est aujourd’hui devenue un véritable droit accordé à chacun, quelque soit son âge, sa condition physique ou financière, son lieu de vie, etc.

La diversification des motifs de transport et de leur temporalité rend plus complexe la réponse par les modes de transports collectifs et conduit, en Nord - Pas-de-Calais comme dans les autres régions françaises, à une dépendance à l’automobile de plus en plus forte. Les enquêtes « Ménages déplacements » [1] mettent bien en évidence la place prépondérante de l’automobile dans les déplacements quotidiens urbains : à Lille, en 2006, 82 % de l’ensemble des déplacements en modes mécanisés, même sur des trajets très courts, sont réalisés en voiture. La part de marché des transports collectifs augmente cependant, passant de 9 % en 1998 à 14 % en 2006 : celle du vélo reste stable : 2% en 2006 pour 3% en 1998.

Le Nord - Pas-de-Calais présente un faible équipement en automobile des ménages, avec 77,5 % contre 80,5 % au niveau national en 2004. Toutefois, ce chiffre ne peut pas être interprété, comme en Âle-de-France, par une moindre dépendance à l’automobile. Dans une région marquée par un chômage élevé ou les migrations alternantes semblent jouer un rôle d’ajustement sur le marché du travail, l’absence de véhicule est souvent liée à un niveau insuffisant des revenus, et participe alors au phénomène d’exclusion sociale.

La forte densité urbaine de la région permet de contenir l’allongement des déplacements quotidiens. Pourtant, l’observation du parc automobile régional montre que les véhicules à la disposition des ménages ont parcouru 13 300 km par véhicule en 2006, soit l’équivalent de la moyenne nationale annuelle. Il apparaît donc que l’usage de l’automobile y est particulièrement important.

Malgré la tendance à l’individualisation des déplacements constatée ici comme partout en France, la région est caractérisée par des taux de remplissage plus forts (1,32 à Lille en 2006 contre 1,29 à Lyon par exemple), ce qui met en avant un usage plus rationnel des capacités des véhicules.

Une région particulièrement concernée par la croissance spectaculaire des flux de marchandises

L’ouverture et la globalisation de l’économie et des marchés ont conduit à une véritable explosion des déplacements liés aux flux de marchandises. Situé au carrefour de l’Europe du Nord et de l’Europe du Sud et présentant une très forte densité d’activités économiques et de population, le Nord - Pas-de-Calais est concerné en premier lieu par ce phénomène, et a vu depuis le début des années quatre-vingt-dix une croissance régulière et soutenue du transport national [2] et du transport international [3] de marchandises.

Dans les échanges internationaux, si l’on se limite aux échanges avec l’Union européenne, le principal mode de transport est la route, avec plus de la moitié des volumes échangés pour les importations comme pour les exportations. Le mode maritime occupe dans la région le deuxième rang, avec 21 % des volumes échangés, alors que le ferroviaire compte pour 11 % et la voie d’eau 6 %.

Des flux terrestres importants pour lesquels le mode routier est largement prédominant

En 2005, les flux terrestres internationaux (hors hydrocarbures énergétiques gazeux, comprimés ou liquéfiés) ayant transité en région ont représenté 63,6 millions de tonnes, soit 13,8 % des échanges internationaux de la France métropolitaine. Les trafics internationaux représentent ainsi 28,5 % de l’ensemble des trafics terrestres générés en région.

Les flux terrestres nationaux ont quant à eux représenté 159 millions de tonnes en 2005. En Nord - Pas-de-Calais, 59 % de ce trafic national sont constitués du trafic interne (marchandises en provenance et à destination de la région). Comme la distance moyenne parcourue au titre du trafic interne est seulement de 41 km par tonne transportée, il n’est pas surprenant d’y constater la prépondérance du mode routier : celui-ci assure en effet plus de 95 % du tonnage de ces flux terrestres (contre moins de 3 % pour le fer et moins de 2 % pour les voies navigables qui permettent notamment d’acheminer les minéraux bruts).

Une partie de ces flux internes routiers provient ou est dirigée vers des plates-formes logistiques intermodales et correspond donc à du transport combiné qui minimise les trajets routiers initiaux et terminaux. Il apparaît cependant que les transporteurs routiers utilisent peu le ferroutage. En effet, même en ce qui concerne les 41% du trafic national qui n’est pas interne à la région, pour lequel le fer est concurrentiel (la distance moyenne étant nettement plus importante), la route contribue encore pour 75,2 % des tonnages transportés. Les parts du rail et des voies navigables (23,4 % et 1,4 %) restent moyennes ou anecdotiques d’autant que les pondéreux (comme les minéraux bruts et les matériaux de construction) représentent plus du tiers des flux interrégionaux.

Des transports maritimes et des ports régionaux dynamisés par la mondialisation des échanges économiques

L’économie du Nord - Pas-de-Calais, région pourvue d’une large façade littorale, repose en partie sur l’activité portuaire. En 2006, ce sont 99,1 millions de tonnes de marchandises qui ont transité dans les trois ports de Dunkerque, Calais et Boulogne. Proches les uns des autres - moins de 50 km les séparent - chacun des ports a un profil très marqué qui tend à se renforcer :
  • Boulogne est spécialisé dans la pêche et le traitement du poisson ;
  • Calais, tourné vers le trafic transmanche, a longtemps eu une vocation de transport de passagers, mais depuis quelques années la fréquentation des voyageurs baisse régulièrement : - 3,4 % en 2004, - 11,8 % en 2005, - 2 % en 2006 avec 11,5 millions de passagers. Au sein du trafic transmanche, le fret, s’il connaît des évolutions inégales selon les années, se montre dynamique et en forte augmentation (+ 10,4 % entre 2003 et 2004). Les mouvements du port de Calais en marchandises diverses (exclusivement non conteneurisées) représentent, en 2006 avec 41,1 millions de tonnes, 34,4 % des mouvements portuaires nationaux de ce type de produits ;
  • Dunkerque, troisième port de commerce français, s’est spécialisé, en lien avec son importante zone industrialo-portuaire, dans le transport de fret. Il permet les entrées maritimes en France de 7,8 % des produits pétroliers (13,2 millions de tonnes en 2006) et surtout de 33,2 % du vrac solide (27,9 millions de tonnes), mais sa contribution au trafic des autres marchandises diverses (conteneurisées ou non) reste relativement faible.

La forte concurrence des ports voisins de Zeebrugge, Gand,
Le Havre, Anvers et Rotterdam influe sur les fluctuations des activités portuaires du Nord - Pas-de-Calais, qui doivent répondre aux attentes des armateurs et des chargeurs. Leur développement passe par une augmentation de leur capacité d’accueil, de manutention et d’entreposage ainsi que par des infrastructures terrestres. D’autres éléments, comme le coût de passage et les services (ravitaillement, fonctionnement de la douane, contrôle au port pour améliorer la sécurité maritime, etc.) participent à la compétitivité des places portuaires.

Notes

[1- Sources : INSEE, Enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005 ; CERTU/CETE Nord-Picardie, Enquêtes Ménages 2006 ; Comité des constructeurs français d’automobiles.

[2- Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage.

[3- Sources : d’après Bilan d’activités 2005 Cross Gris-Nez / MTETTM - Direction des affaires maritimes / Préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord

Portfolio

Source : SITRAM Source  : Cellule économique régionale des transports du Nord - Pas-de-Calais, (...)

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