Industrie

Une industrie fortement présente, structurée autour de six pôles de compétitivité

Une histoire industrielle qui a façonné la région

Le développement industriel du Nord - Pas-de-Calais est le fruit d’une histoire qui a fait de la région, pendant un temps, la première région industrielle française.

L’histoire industrielle de la région trouve son point de départ à la Renaissance, avec le droit de « licitement draper et faire drap de toute laine » octroyé à Pierre de Roubaix en 1469 qui aboutit au développement de l’industrie textile. Elle est marquée, au XVIIIe siècle, par le développement de l’exploitation du charbon. L’aventure du charbon débute en 1720, avec la découverte des veines prolongeant celles du bassin de Wallonie. En 1930, l’extraction atteint son chiffre record avec 35 millions de tonnes, soit les deux tiers de la production nationale. L’exploitation minière attire de nombreuses industries, nécessaires à l’activité minière, fortes consommatrices en énergie, ou utilisant les sous-produits de l’activité minière : sidérurgie, carbo-chimie, plasturgie, mécanique. Au XIXe siècle, la région s’impose comme « la première usine de France ».

Peu après la seconde guerre mondiale, les trois piliers de l’industrie, à savoir le textile, le charbon et la sidérurgie entrent dans de profondes turbulences : délocalisations de la sidérurgie, fin de l’extraction minière et, petit à petit, extinction des industries anciennes. En 1960, au moment de l’amorce du déclin, les Houillères emploient plus de 120 000 personnes.
L’extraction du charbon s’achève en 1990 avec la fermeture du dernier puits.

Face à cette situation, un plan de sauvegarde est mis en œuvre à l’échelon national, entraînant l’implantation de nombreuses usines importantes (automobiles notamment).

La quatrième région industrielle française

Malgré des restructurations et des mutations technologiques depuis quatre décennies, le Nord - Pas-de-Calais reste fortement industrialisé. L’industrie y représente près de 20 % de l’emploi total, et au moins autant d’emplois induits [1].

Quatrième région industrielle française derrière l’Âle-de-France, Rhône-Alpes et les Pays de la Loire, le Nord - Pas-de-Calais occupe des positions solides dans de nombreux secteurs : il est la première région française pour la sidérurgie, le verre et l’industrie ferroviaire, la deuxième région pour l’automobile, le papier-carton et le textile. La région bénéficie en outre de la présence des centres de décision de plusieurs leaders européens ou mondiaux comme Arc International et, dans le secteur agroalimentaire, Roquette, Lesaffre et Bonduelle. L’industrie du Nord - Pas-de-Calais est diversifiée et seuls les secteurs de l’aéronautique, de l’électronique et dans une moindre mesure de la pharmacie-parfumerie-entretien sont sous-représentés.

Des disparités territoriales fortes

Fruit de l’histoire régionale, le niveau d’industrialisation des territoires régionaux est hétérogène : la part de l’emploi industriel dans l’emploi salarié y varie de 12 % (Lille), à près de 45 % (Saint-Omer). Berceau du développement industriel du Nord - Pas-de-Calais, la métropole lilloise s’est largement diversifiée dans le secteur des services aux entreprises : la part de l’industrie y est donc aujourd’hui relativement modeste. Résultat de vagues de restructurations successives, la place de l’industrie sur le littoral est aujourd’hui inégale. Le littoral possède néanmoins des spécialisations nettes (agroalimentaire, sidérurgie, etc.) et ses ports (parmi les premiers ports français pour le trafic de conteneurs, de voyageurs et la pêche respectivement) constituent un atout essentiel.

Historiquement fournisseur de l’activité minière, et utilisateur de sa production, le bassin minier présente toujours des taux d’emploi industriel élevés. Il est aujourd’hui caractérisé par la présence de grands établissements industriels, souvent liés à l’automobile, qui entraînent un tissu de PME diversifié.

Les zones plus rurales de l’ouest et du sud de la région présentent des profils variés. Certaines possèdent un riche tissu de PME, sans véritable locomotive industrielle (Arras, Boulogne, Sambre - Avesnois) ; d’autres sont au contraire fortement marquées par la présence d’un gros employeur, à l’image de Saint-Omer (Arc International) ou Berck-Montreuil (Valéo). La part de l’emploi industriel y est également hétérogène.

Des filières en émergence…

côté de ces points forts reconnus, la mobilisation des acteurs locaux a favorisé l’émergence de nouvelles filières. La région est en train de tourner la page de la « vieille » économie. Le tissu productif a montré sa capacité d’adaptation en créant des emplois et de nouvelles activités.

Le secteur des technologies de l’information et de la communication, par exemple, est aujourd’hui un important gisement d’emplois pour la région, avec près de 6 000 créations en dix ans. Le tissu économique voit coexister de grands acteurs mondiaux et une multitude de petites entreprises dynamiques sur des thématiques variées : jeux vidéos, conception de sites Internet, gestion de bases de données clients, sécurité des systèmes d’information. Il bénéficie de la présence de grands donneurs d’ordres dans la région, dont le pôle de compétitivité des industries du commerce et le pôle de compétitivité « i-trans ».

… mais un déficit d’innovation

Chaque année, la région consacre 555 millions d’euros à la recherche et au développement (R&D), contre 4 milliards d’euros pour Rhône-Alpes ou encore 2 milliards d’euros pour Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En pourcentage, cela correspond à 0,7 % du PIB régional, quand l’objectif de Lisbonne est de 3%…

Le constat ne date pas d’hier. Le plan de renforcement de la recherche et le programme régional d’innovation ont rythmé les dix dernières années, avec des résultats contrastés.

Le premier constat est positif : entre les recensements de 1990 et 1999, les effectifs de R&D ont augmenté de 50 % contre 30 % en moyenne au plan national. Par contre, malgré les efforts budgétaires publics consentis, les dépenses de R&D exprimées en pourcentage du PIB n’ont pas réellement progressé. L’effort de R&D privé a même plutôt tendance à baisser.

L’espoir réside donc - en partie du moins - dans la dynamique des pôles de compétitivité dont on peut mesurer les premiers effets. En moins de trois ans, ces pôles ont permis de rapprocher grandes entreprises, PME et laboratoires de recherche. Ils constituent le socle de la compétitivité du territoire.

Des domaines d’excellence régionaux consacrés par six pôles de compétitivitéà fort potentiel

Labellisés par le Comité interministériel pour l’aménagement et la compétitivité des territoires de juillet 2005, les pôles de compétitivité du Nord - Pas-de-Calais fournissent un cadre de travail privilégié pour six secteurs en développement ou en mutation qui représentent les principales activités industrielles en région, historiques ou en émergence : les transports terrestres (« i-trans »), les produits aquatiques, les industries du commerce, la nutrition-santé (« nutrition, santé, longévité »), la chimie des matériaux (« Maud ») et le textile (« up-tex »). Caractérisés par un tissu d’entreprises de niveau international, ces pôles permettent des interactions fortes entre entreprises, laboratoires et centres de formation.

Notes

[1-Source : DRIRE, Enjeux pour l’industrie régionale 2006

Vous êtes ici :