Transports

Un fort impact environnemental et sanitaire des transports

Qu’il s’agisse de personnes ou de marchandises, les déplacements, dans la région comme ailleurs, sont toujours plus nombreux. Le mode routier, largement prédominant, engendre des impacts forts sur l’environnement : consommation d’énergie, contribution à l’augmentation de l’effet de serre, pollution de l’air, bruit, artificialisation des sols et fragmentation des milieux naturels, etc. Si les impacts de la circulation routière sont les plus prégnants, le bilan environnemental des transports en Nord - Pas-de-Calais doit également tenir compte des impacts des autres modes de transports : le fer, avec un réseau régional très dense, le trafic maritime avec trois ports d’envergure internationale, ainsi que le trafic aérien en développement.

Une circulation routière dont le coût environnemental et sanitaire est prépondérant par rapport aux autres modes de transport

L’augmentation de trafic routier dans la région a engendré jusqu’en 2003 une hausse des consommations énergétiques. Depuis 2003 est constatée une diminution des consommations, qui s’explique notamment par la limitation des vitesses de circulation sur les grands axes routiers et la hausse du prix du carburant. Cette baisse est particulièrement sensible dans la région, du fait de la présence importante de grands axes routiers, du niveau socio-économique plus faible que la moyenne nationale et des politiques de transports en commun au sein de territoires d’urbanisation dense. La baisse de consommation énergétique du secteur des transports a ainsi atteint 7 % dans la région en 2005 contre 0,8 % au plan national. La part du transport de marchandises dans la consommation énergétique de la circulation routière régionale est en augmentation.

La hausse du trafic conduit à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, encore aggravée par le niveau de congestion important du réseau. En 2004, l’émission régionale de CO2 par kilomètre de route était supérieure de 42 % à la valeur nationale.

Malgré ce trafic important, le secteur des transports représente en Nord - Pas-de-Calais une contribution moins forte que la moyenne nationale aux changements climatiques (17 % dans la région en 2005 contre 26 % au plan national) [1], du fait de la densité de population et de trajets donc plus réduits. Cette ambivalence rappelle les caractéristiques de l’Âle-de-France.

En revanche, l’impact sanitaire de la circulation routière en matière de pollution de l’air est particulièrement important dans la région. En effet, la population régionale, essentiellement urbaine, est fortement exposée aux émissions du trafic routier. De plus, de nombreux déplacements automobiles se réalisent sur des trajets courts, c’est-à-dire les plus polluants, et la congestion aggrave la pollution de l’air (pour certains gaz uniquement, les oxydes d’azote étant fonction de la vitesse).

De la même manière, la population urbaine subit les nuisances sonores générées par la circulation routière.
Moins apparents, les impacts liés aux processus amont et aval des cycles de vie des carburants, des infrastructures et des véhicules, comme l’émission de CO2 lors de la production ou le recyclage des automobiles, sont souvent ignorés mais loin d’être négligeables.

L’intensité du trafic induit un besoin important en infrastructures routières : le réseau du Nord - Pas-de-Calais est l’un des plus maillé de France. En 2004, on comptait 126 mètres d’autoroutes et de voies nationales par kilomètre carré, pour 67 au plan national. Quant au réseau routier départemental, il est également plus dense que sur l’ensemble de la métropole, avec 849 m / km2 contre 661 pour la France [2]. La construction de ces infrastructures a eu un impact fort sur le paysage mais également sur l’artificialisation des sols, la perturbation de l’écoulement des eaux et la fragmentation des milieux naturels. Par ailleurs, la circulation, mais aussi les activités de service liées au transport routier, comme les stations-service ou les garages, présentent des risques de pollution des sols.

Un trafic maritime dense qui génère des risques de pollution importants

Dans le détroit du Pas de Calais, le Cross [3] Gris-Nez a évalué, en 2005, le trafic annuel entre 250 000 et 290 000 bateaux et a enregistré un transit d’hydrocarbures de plus de 107 millions de tonnes pour les navires signalés [4]. Malgré la séparation du trafic dans le rail [5], les risques de collision et de pollution accidentelle sont particulièrement importants dans le détroit du Pas-de-Calais. En 2006, le Cross a signalé dans son bilan trois collisions importantes ayant nécessité son intervention. Aux risques de pollution accidentelle par les hydrocarbures s’ajoutent les risques liés au transport d’autres substances nocives (minerais, soufre, produits chimiques, glycol, etc.), mais aussi celui des pollutions produites lors des opérations de routine illicites (comme le déballastage et le lavage de citernes). En 2005 et 2006, 36 pollutions ont été observées, témoignant d’un recul significatif du nombre de pollutions signalées pour la première fois depuis quinze ans, ou la moyenne annuelle se situait autour de cinquante pollutions. C’est également le signe de l’effet dissuasif des condamnations judiciaires.

Des impacts des autres modes de transport moins significatifs mais à ne pas négliger

Les autres modes ne doivent pas être écartés du bilan environnemental. En effet, la responsabilité du transport ferroviaire régional est loin d’être négligeable en matière de nuisances sonores. Le cumul du linéaire des tronçons des différents types d’infrastructures (autoroutes, routes nationales, routes départementales, voies ferrées) montre en effet que le ferroviaire représente dans la région 60 % des 767 kilomètres de linéaires classés en catégorie 1 [6] par leur niveau sonore. La forte activité du fret ferroviaire participe au niveau élevé des émissions sonores en période nocturne, Dunkerque constituant la première gare de marchandises de France. Par ailleurs, le réseau ferré régional, comme le réseau routier, est particulièrement dense en région (116 m /km2 contre 57 m /km2 en France [7]).

Par ailleurs, les riverains de l’aéroport Lille-Lesquin sont exposés localement au bruit et à la pollution de l’air générés par les décollages et les atterrissages des avions.

Développer un système de transports plus durable : un enjeu majeur pour la région

Les tendances actuelles conduisent à envisager une poursuite de la croissance des déplacements de personnes et des trafics de marchandises. Si les progrès techniques et les efforts de rationalisation et d’organisation des transports sont réels, force est de constater que la réponse essentielle à l’augmentation des trafics reste la route. Or, tant du point de vue environnemental que du point de vue économique ou social, le trafic routier a des limites qui sont d’ores et déjà perceptibles : saturation des agglomérations et de leur périphérie, augmentation de la pollution de l’air et de la contribution à l’effet de serre, raréfaction de l’espace foncier disponible et difficultés de plus en plus forte de la population pour accepter de nouvelles infrastructures génératrices de nuisances, etc.

En région Nord - Pas-de-Calais, ces limites se traduisent de manière concrète par l’engorgement de la métropole lilloise, les difficultés à trouver des solutions visant à améliorer la connexion des ports maritimes avec le réseau terrestre, ou les débats concernant la nécessité de nouvelles infrastructures autoroutières.

Dans ce contexte, l’enjeu est de mettre en place un système régional de transports répondant aux réalités d’un développement économique globalisé et à une demande légitime de mobilité de la population, tout en prenant en compte la nécessaire limitation des impacts des transports sur l’environnement et les personnes.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre par les transports constitue un enjeu primordial dans le contexte actuel de changement climatique [voir encadré], mais la limitation des nuisances sonores, la diminution des rejets de polluants atmosphériques ou des impacts des infrastructures sur les milieux naturels et la biodiversité sont des enjeux tout aussi essentiels.

Notes

[1- Source Citepa.

[2- Sources : DRE Nord - Pas-de-Calais, Chiffres-clés du transport 2004 et 2005 / Citepa / Coralie / format Secten, Inventaire des émissions de polluants dans l’atmosphère en France, février 2007 / INSEE, Transports terrestres au 31 décembre 2004.

[3- Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage.

[4- Sources : Bilan d’activités 2005 Cross Gris-Nez / MTETTM, Direction des affaires maritimes / Préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord.

[5- Le trafic est organisé en autoroutes maritimes qui séparent les flux de sens inverse.

[6- Le calcul a été réalisé par les directions départementales de l’Équipement en mars 2003. Les infrastructures sont classées en cinq catégories. La catégorie 1 correspond à des niveaux sonores supérieurs aux points de référence : 83 db (A) en diurne et 78 db (A) en nocturne.

[7- Sources : DRE Nord - Pas-de-Calais, Chiffres-clés du transport 2004 et 2005 / Citepa / Coralie / format Secten, Inventaire des émissions de polluants dans l’atmosphère en France, février 2007 / INSEE, Transports terrestres au 31 décembre 2004.

Portfolio

Source  : DNP, ministère de l'Écologie, du Développement et de (...)

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