Gouvernance et écocitoyenneté

Repère

La gouvernance est un ensemble de transactions par lesquelles des règles collectives sont élaborées, décidées, légitimées, mises en œuvre et contrôlées. La gouvernance consiste donc à associer à la gestion des affaires publiques des acteurs de toute nature, membres de la société civile, professionnels, citoyens. Ainsi comprise comme démocratisation des processus de choix, la gouvernance est souvent présentée comme le « quatrième pilier » du développement durable [1].

Le thème de la gouvernance semble lié depuis quelques années aux interrogations de plus en plus fortes de la société sur les problèmes environnementaux : l’information environnementale doit être mise à la disposition de tout un chacun, dans un objectif de transparence de plus en plus grande de l’action publique, conformément à la convention d’Aarhus, accord international qui a en quelque sorte institué la « démocratie environnementale ».

Le Nord - Pas-de-Calais est un territoire que l’on peut considérer comme précurseur en matière de gouvernance. En effet, la présence dans la région de nombreux établissements industriels et surtout d’installations à risques a nécessité la mise en place d’organes d’information et de concertation spécifiques. De plus, des instances réunissant des acteurs diversifiés, le plus souvent informelles, ont été créées, notamment pour faire face aux problèmes de reconversion.

La région a ainsi pu mettre à profit cette pratique pour accroître l’efficacité des nouveaux dispositifs de concertation mis en place par la loi au cours des dix dernières années : ceux-ci ont permis à la société civile d’être impliquée non plus seulement sur des thématiques précises, mais également sur des démarches globales de projets de territoire et de développement durable, à l’échelle des agglomérations ou des pays par exemple, au travers des conseils de développement. Les démarches volontaires de certaines collectivités pour s’engager vers le développement durable, comme les agendas 21 locaux, ont souvent été accompagnées de la création de lieux de concertation propres. Cette situation conduit sur certains territoires à un foisonnement d’initiatives, qui peut rendre la lisibilité du dispositif difficile.

La diffusion de l’information, la participation, ainsi que les efforts de sensibilisation et d’éducation à l’environnement et au développement durable réalisés depuis de nombreuses années par les institutions et le monde associatif de la région, contribuent au développement de l’écocitoyenneté : mieux informé, le citoyen agit de façon plus responsable et respectueuse de l’environnement dans tous les actes de sa vie quotidienne, et se sent plus impliqué dans la vie de son territoire.

Notes

[1- Source : « Développement durable et territoires », dossier 2 : « Gouvernance locale et développement durable » de novembre 2003, revue électronique accessible sur http://developpementdurable.revues.org/sommaire106.html.
La revue DDT est une émanation du réseau Développement durable et territoires fragiles qui réunit une vingtaine de chercheurs en sciences humaines et sociales, issus des différentes disciplines et principalement des universités et laboratoires de recherches de la région Nord - Pas-de-Calais.