Sols et sous-sols

Prévenir et limiter les phénomènes d’érosion, à l’origine de dégats matériels et d’une dégradation de la qualité des sols

L’érosion est une des causes majeures de la dégradation de la qualité des sols car elle revêt un caractère d’irréversibilité. Elle a d’importantes conséquences humaines, matérielles et environnementales : coulées de boues pouvant entraîner des dégâts importants faisant l’objet de demandes d’indemnisation des particuliers ou des collectivités au titre des catastrophes naturelles, pertes de terres avec notamment la disparition des horizons fertiles, difficultés culturales, turbidité [1] et pollution des cours d’eau, colmatage des réseaux d’assainissements, etc.

Une part croissante du territoire régional concernée par les phénomènes d’érosion

La région est en grande partie couverte de sols limoneux de grande valeur agronomique ayant une bonne capacité de rétention en eau et en éléments chimiques. Ces sols sont très propices à l’érosion en raison de leur battance, notamment quand ils ne sont pas protégés par un couvert végétal suffisant en automne, en hiver et lors des semis de printemps au moment ou les précipitations sont importantes. En effet, sur les terrains nus ou peu couverts, imperméabilisés par une croûte de battance, une pluie faible déclenche un ruissellement, y compris sur des pentes faibles (inférieures à 1 %). Enfin, la diminution du taux de matière organique et du calcium, ainsi que le travail excessif du sol peuvent aussi accentuer l’érosion en raison de l’instabilité accrue de l’horizon supérieur du sol.

La région Nord - Pas-de-Calais fait partie des régions de France les plus concernées par l’aléa érosion en toutes saisons. Le ravinement est plus fort là ou les pentes sont plus prononcées comme dans les collines de l’Artois, le pays de Montreuil (vallées de la Canche et de l’Authie). Dans le Nord, autour de Lille, les sols sont peu sensibles à l’érosion (seules quelques coulées boueuses ont été déclarées) mais, comme la zone est urbanisée, les conséquences peuvent être importantes. l’est de la région, le bocage a protégé jusqu’ici les sols de la Thiérache. Néanmoins, en raison de la sensibilité potentielle de ces sols à la battance dans un relief ondulé, le risque d’érosion ne serait pas nul dans les secteurs ou le bocage et les aménagements hydrauliques seraient supprimés. Les observations sont identiques dans le Boulonnais et, dans une moindre mesure, dans la Flandre intérieure. On observe, depuis quelques années, des phénomènes d’érosion et de coulées boueuses dans des territoires jusque là peu concernés (dans le département du Nord notamment), principalement du fait de l’évolution des pratiques agricoles : diminution des surfaces en herbe, parcelles de plus grande taille, etc.

l’ouest, on assiste à des phénomènes d’érosion hivernale liés principalement à la déstructuration progressive des sols (battance). l’est, l’érosion et les coulées de boue surviennent davantage lors des orages d’été.

Des conséquences importantes sur la qualité des sols agricoles et de l’eau

Perte de terres, disparition d’horizons fertiles, perte de valeur agronomique : l’érosion et les coulées boueuses ont des conséquences importantes sur la qualité des sols agricoles. Les pertes annuelles moyennes de terre qui ont été mesurées sur le site expérimental de Tubersent près d’Étaples s’élèvent en moyenne à dix tonnes par hectare et par an. En situation orageuse, elles peuvent se chiffrer localement en centaines de tonnes par hectare. En décembre 1999, une station de mesure de l’agence de l’Eau installée à Attin a enregistré des quantités records de matières en suspension : 34 000 tonnes, soit l’équivalent de 10 hectares de terres arables, ont transité en trois jours. Un inventaire réalisé par l’Institut géographique national (IGN) en 1995 dans le pays de Montreuil a comptabilisé 350 kilomètres de traces d’érosion, soit environ 100 000 tonnes de terres emportées vers la Canche.

L’érosion peut également affecter la qualité de l’eau de certaines rivières à cause des matières en suspension mais également des pesticides qu’elle entraîne. Ainsi, les cours d’eau des bassins versants touchés par l’érosion présentent fréquemment des problèmes de pollution par les pesticides et les nitrates.

Des actions sont conduites en partenariat avec la profession agricole pour prévenir ces phénomènes [voir chapitre « Agriculture »].

Notes

[1- État d’un liquide trouble.

Portfolio

Source  : Inra, 2001. Source  : Inra, 2001.

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