Biodiversité, milieux naturels et paysages

Préserver la qualité des paysages, améliorer leur prise en compte dans les aménagements

Des paysages d’une grande diversité, profondément marqués par l’activité humaine

Résultant du relief, de la géologie et de l’action de l’eau, le paysage a été également profondément façonné par la main de l’homme, et ce bien avant la révolution industrielle. L’empreinte de l’homme est tout particulièrement marquée dans le domaine de l’eau, avec les canaux, les rivières canalisées et les polders de Flandre maritime. Son intervention est aussi visible dans les vallonnements (digues, rehauts et terrils) qui constituent un héritage autant culturel, social, économique que géologique.

La région se distingue par des traits morphologiques et paysagers bien marqués entre le haut pays, au sud, correspondant à la marge septentrionale du vaste plateau crayeux du bassin parisien et le bas pays, au nord, formé de plaines et de basses collines, pays des sables et de l’argile.

Dans le haut pays, le contact entre plateau artésien et plaine flamande est le plus visible dans l’Artois. l’est, le socle ancien, recouvert de craie puis de lœss fertile, offre un paysage de plateau consacré à l’agriculture intensive (Cambrésis, Hainaut), tandis qu’à l’ouest, les collines crayeuses de l’Artois, sillonnées par les fleuves côtiers picards (Canche, Authie, Liane), sont dédiées à une activité de polyculture - élevage.

Le bas pays présente cinq types de paysages de plaine. La plaine maritime flamande est une zone de polders cultivés sillonnée d’un réseau complexe de canaux (watergangs) et de fossés. Elle comprend aussi des zones marécageuses remarquables (marais audomarois, marais de Guînes), aux mosaïques complexes (fossés, canaux, maraîchage, élevage, peupleraies, étangs, etc.). Au sud du Boulonnais, les Bas Champs, de structure identique, sont moins marqués par le travail de l’homme. Ils hébergent tourbières, prairies et bois. Les plaines argileuses de Flandre intérieure et du Pévèle, pays de polyculture, dominent les plaines alluviales de la Lys et de la Scarpe, anciens marécages aux prairies encore présentes mais en forte régression. Enfin, les imposants terrils coniques ou plats, la densité de l’urbanisation et l’industrialisation confèrent une identité marquée et très particulière aux plaines crayeuses du bassin minier.

Le haut pays et le bas pays sont séparés à l’ouest par les monts du Boulonnais [1] et à l’est par les collines de marnes et de calcaire primaire de la Thiérache. Du fait de leurs sols lourds se drainant et se réchauffant difficilement, ces reliefs ont conservé un maillage bocager ; les forêts et petits bois y sont nombreux.

Le littoral présente lui-même une grande variété de paysages. Le littoral flamand est formé d’un étroit cordon sableux qui protège les polders de la plaine maritime. Le littoral boulonnais est particulièrement diversifié : falaises de craie et de marnes du cap Blanc-Nez, dunes de Wissant, falaises argileuses du cap Gris-Nez, complexe de prés salés, de plages et de dunes de l’estuaire de la Slack. Le littoral picard est constitué d’un large cordon dunaire, entrecoupé par les estuaires de la Canche et de l’Authie.

Un référentiel régional issu du croisement de cultures : l’atlas des paysages, outil de connaissance à vocation pédagogique

Un schéma régional de protection des milieux et des paysages naturels a établi, en 1995, une typologie des paysages prenant en compte les caractéristiques de la géographie régionale. Une carte des paysages à protéger à court et à moyen terme a été établie à cette occasion. l’automne 2005 a été publié, par la DIREN, l’atlas des paysages du Nord - Pas-de-Calais, fondé sur une approche générale et culturelle. Celle-ci apprécie successivement la géographie des territoires, les représentations artistiques et touristiques, le sentiment d’appartenance ainsi que les paysages ruraux et urbains. Elle débouche sur l’identification de vingt-et-un grands paysages régionaux, devant faire l’objet de vingt-et-un cahiers.

L’atlas a une vocation essentiellement pédagogique. Il constitue un référentiel régional de l’analyse paysagère pouvant être utilisé pour tout projet de nouvelle infrastructure ou de nouvel équipement. Il contribue ainsi à la mise en œuvre de la « convention européenne sur les paysages » entrée en vigueur le 1er mars 2004 et ratifiée par la France en octobre 2005. Celle-ci vise à encourager les autorités publiques à adopter, aux niveaux local, régional, national et international, des politiques et des mesures de protection, de gestion et d’aménagement des paysages extraordinaires et ordinaires. Elle introduit la notion d’« objectifs de qualité paysagère » dans l’aménagement des territoires.

Une qualité des paysages à valoriser et à prendre en compte dans l’évolution des territoires

Plusieurs mesures de protection des paysages ont été prises en région Nord - Pas-de-Calais. Celle-ci compte ainsi 76 sites classés, 131 sites inscrits, 1 secteur sauvegardé et 36 zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) [2].

Outre les mesures de protection réglementaire, la préservation des paysages, souvent liée, pour les paysages naturels, à celle des milieux, est une des priorités des parcs naturels régionaux. La valorisation du patrimoine bâti, y compris du petit patrimoine en milieu rural, est également intégrée aux projets de valorisation du cadre de vie ou de développement du tourisme vert d’un nombre croissant de collectivités. Dans le bassin minier, les éléments qui, pendant un temps, symbolisaient les difficultés économiques (friches industrielles, etc.) sont progressivement valorisés en tant que patrimoine ou pour de nouveaux usages, notamment à travers le projet de trame verte et bleue (cavaliers, chevalements, fosses, etc.).

Outre la préservation de paysages remarquables et la valorisation d’éléments de patrimoine, caractéristiques de l’identité locale, l’enjeu est également de prendre en compte, dans les aménagements, la qualité des paysages dits « ordinaires » afin d’améliorer la qualité du cadre de vie quotidien et d’éviter une banalisation des paysages liées au développement des zones commerciales, d’activités, aux infrastructures de transport…

Notes

[1- La boutonnière du Boulonnais a été creusée par l’érosion dans le bombement crayeux de l’Artois.

[2- Source : DIREN Nord - Pas-de-Calais.

Portfolio

Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse (...) Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse (...)

Vous êtes ici :