Gouvernance et écocitoyenneté

Poursuivre les efforts réalisés pour l’éducation à l’environnement et l’émergence d’une écocitoyenneté

Un citoyen est un individu « informé, qui se sent responsable de ses actes en fonction de valeurs, de normes socialement partagées et reconnues par tous. Âtre un écocitoyen, c’est reconnaître la portée écologique de tous ses gestes quotidiens, des déplacements à la consommation en passant par ses rejets. L’écocitoyen est responsable et respecte l’environnement dans lequel il évolue » [1].

Dans son article 8, la charte de l’Environnement affirme que l’éducation et la formation à l’environnement contribuent pour chaque citoyen « à l’exercice des droits et des devoirs ». En effet, avoir des droits suppose aussi que l’on a des devoirs : comme le souligne l’article 2 de la charte, « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement ».

L’idée d’éduquer à l’environnement remonte au début des années soixante-dix avec le concept de « pédagogie de l’environnement ». Les établis­se­ments scolaires et les structures associatives se sont investis sur ce champ éducatif dans une perspective d’enseignement plutôt scientifique, centrée sur la découverte et l’apprentissage du fonctionnement d’écosystèmes ou de milieux particuliers.

CPIE Flandre maritime

Un tournant est marqué en 2004 avec la « stratégie nationale du développement durable » : dans le domaine de l’éducation à l’environnement pour un développement durable, l’État rappelle que le développement durable est l’affaire de tous, et que l’ampleur de la tâche nécessite une prise de conscience générale dès le plus jeune âge. Le besoin majeur d’engager un renouveau en matière de comportements individuels, notamment en matière de responsabilité éco-citoyenne est clairement mis en évidence. Ce besoin ne concerne pas uniquement les enfants, qui jusque-là avaient été les principales cibles visées. En effet, si les jeunes générations doivent apprendre à mieux se comporter aujourd’hui pour mieux gérer demain, la responsabilité immédiate des adultes est tout aussi importante.

Des institutions qui s’impliquent fortement dans la région pour l’éducation à l’environnement

En région du Nord - Pas-de-Calais, les collectivités territoriales, les services de l’État et établissements publics s’impliquent pleinement, et ceci depuis de nombreuses années, dans une politique d’éducation à l’environnement.

Dès 1999, le conseil régional de Nord - Pas-de-Calais adopte en séance plénière un document fixant les orientations stratégiques en matière d’environnement [2].
Ce texte fait de l’éducation, la sensibilisation et la formation à l’environnement une condition de la réussite de cette politique : « Informer, sensibiliser, éduquer et former la population constituent des applications très concrètes des principes de solidarité, de participation et de prévention. Ceci constitue un préalable indispensable au changement des comportements et favorise le développement de l’écocitoyenneté » [3]. Concrètement, entre autres exemples, la région finance le dispositif des chèques « Nature région », qui favorisent les actions d’éducation à l’environnement auprès des scolaires. Cette aide financière permet d’organiser des sessions d’éducation à l’environnement au sein d’organismes labellisés comme, par exemple, les centres permanents d’éducation à l’environnement (CPIE).

Le département du Nord s’est également investi sur la problématique de l’écocitoyenneté et de l’éducation à l’environnement pour un développement durable. Il propose aux collégiens un programme de découverte de la nature et de sensibilisation à l’environnement sur les sites classés « espaces naturels sensibles » et sur les chemins de randonnée. Ce programme est réalisé par des spécialistes de l’éducation à l’environnement, agents du département ou animateurs du secteur associatif. Les animations se déroulent dans le cadre du programme scolaire des sciences de la vie et de la terre ou de projets interdisciplinaires des collèges comme les « itinéraires de découverte ». Elles permettent d’appréhender la notion de développement durable en relation avec la préservation de la nature et de ses ressources, enjeu déterminant de la sauvegarde de notre terre pour les générations futures. Ces animations donnent lieu à la création d’un document écrit par la classe et envoyé au département.

Depuis sa création, l’agence de l’Eau Artois - Picardie mène une politique d’éducation et de sensibilisation à l’eau. Dans le domaine scolaire, cette politique est conduite en partenariat avec l’Éducation nationale. Elle s’articule autour de trois axes : la politique partenariale (projets permettant de faire découvrir une thématique locale de l’eau, proposés par des associations, des collectivités ou des établissements scolaires), les outils pédagogiques conçus ou sélectionnés par l’agence, et le « parlement des jeunes pour l’Eau » [voir hors-texte]. De plus, pour répondre à la réglementation en vigueur sur l’information du public sur l’environnement et à la circulaire de l’Éducation nationale sur le développement durable, le rectorat de l’académie de Lille, le rectorat de l’académie d’Amiens et l’agence de l’Eau ont installé un « comité scientifique et pédagogique Eau » en octobre 2005. Celui-ci est chargé de mener une politique durable et concertée d’éducation au thème de l’eau dans le bassin Artois - Picardie.

Si les initiatives citées concernent principalement les enfants, en temps scolaire ou non, les actions à destination des adultes pour favoriser le changement de comportement existent aussi. Il s’agit par exemple d’opérations ou de campagnes de sensibilisation et de communication nationales déclinées à l’échelle régionale, comme la semaine de la mobilité, la semaine de la réduction des déchets ou la semaine du développement durable. Elles sont souvent organisées en partenariats entre les différentes institutions publiques, avec le plus souvent l’implication des collectivités locales. Ces dernières, lorsqu’elles sont engagées dans des démarches d’agendas 21, proposent d’ailleurs dans la plupart des cas un travail important de sensibilisation et de formation, à destination des élus, du personnel administratif, mais aussi des habitants ou des entreprises implantées sur le territoire.

Le milieu associatif, acteur essentiel de l’éducation à l’environnement, développe le travail en réseau

la fois structures d’éducation informelle auprès des enfants et relais importants auprès du grand public, les associations se sont très tôt investies dans la formation et la sensibilisation à l’environnement. Les initiatives foisonnent en Nord - Pas-de-Calais et l’offre pédagogique est importante sur de nombreuses thématiques. Ceci nécessite une structuration en réseau afin d’échanger, mettre en commun les expériences et donner une cohérence à l’ensemble des actions entreprises.

La Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES), située à Lille, regroupe une centaine d’associations qui interviennent dans les domaines liés à la Nature, l’Environnement, les solidarités et les droits de l’Homme et du Citoyen. Avec le soutien des pouvoirs publics, elle facilite l’animation d’une partie du réseau associatif (gestion de l’information, appui aux projets, mise à disposition de compétences, etc.), favorise les dynamiques inter-associatives et propose un certain nombre de temps forts ou d’événements rassemblant les structures associatives. Il s’agit par exemple du « forum régional des outils pédagogiques », organisé chaque année, ou les associations spécialisées dans l’éducation à l’environnement tiennent des stands présentant leurs activités et leurs outils pédagogiques au public.
Parallèlement, la MRES collabore à un projet d’échange franco-belge sur l’information, la documentation et l’évaluation en matière d’éducation à l’environnement. Ce projet a abouti à plusieurs réalisations concrètes dont « EnviroDoc », la base de données franco-belge d’éducation à l’environnement, regroupant des milliers d’outils pédagogiques référencés et commentés.

Par ailleurs, la région Nord - Pas-de-Calais compte cinq associations labellisées « centres permanents d’initiatives pour l’Environnement » (CPIE) [4], fédérées au sein d’une union régionale fondée en 2005 afin de favoriser un véritable travail en réseau. Les CPIE assurent un rôle d’expertise sur leur territoire, ainsi qu’un rôle de développement local par la promotion et la mise en œuvre de la sauvegarde patrimoniale. Ils réalisent également un travail de promotion de l’écocitoyenneté, grâce à des programmes d’information, de formation et de sensibilisation de tous les publics. Chaque CPIE possède sa propre identité et ses spécificités : le CPIE Val d’Authie, implanté à Auxi-le-Château, labellisé en 1979, fait connaître les milieux naturels, en particulier les zones humides. Le CPIE de la Chaîne des terrils, situé à Loos-en-Gohelle, a vocation à valoriser les terrils en tant qu’éléments du patrimoine naturel et industriel.
Quant aux CPIE Flandre maritime de Zuydcoote et Villes d’Artois, ils se positionnent respectivement sur l’étude et l’information sur le littoral, et sur l’écologie urbaine. Enfin, le CPIE Bocages de l’Avesnois axe ses activités, comme son nom l’indique, autour du bocage et de sa préservation.

Notes

[1- Anicet Le Pors (conseiller d’État), 1999. La citoyenneté. Que sais-je ? Puf, Paris.

[2- Caron J.-F., 1999. De la reconquête vers l’excellence, l’environnement au service d’un développement durable. Orientations stratégiques en matière d’environnement. Rapport présenté en séance plénière des 16 et 17 décembre 1999 du conseil régional Nord - Pas-de-Calais. Lille, 59 p. Voir http://www.cr-npdc.fr

[3- Caron J.-F., ibid.

[4- La création des CPIE remonte au début des années soixante-dix avec les premières associations spécialisées dans l’éducation à l’environnement. Le label a été créé à cette période par les ministères de l’Environnement, de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et de l’Agriculture.

Portfolio

Source : DIREN NPDC.

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