Biodiversité, milieux naturels et paysages

Les terrils, un milieu original issu de l’activité humaine

La composition floristique et faunistique d’un terril dépend avant tout de la topographie, mais aussi de ses caractères physiques et chimiques, et de son environnement immédiat : granulométrie, orientation, abords naturels du terril, température, composition du substrat, etc. Tous ces facteurs interviennent dans la colonisation végétale du terril et sont à l’origine d’une grande variété de milieux et d’espèces entre les terrils, mais aussi sur un même terril. Compte tenu de la diversité et de l’originalité des espèces floristiques que l’on y rencontre, vingt-sept terrils ont été répertoriés à l’inventaire des ZNIEFF [1]
et un a été classé en arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) [2].

Les conditions spécifiques des terrils ont été favorables à l’installation d’espèces rares, voire même inconnues auparavant dans la région : l’oseille à feuilles d’écusson qui est une espèce protégée au niveau régional, le rosier agreste classé comme exceptionnel dans la région ou encore le chénopode pumilio introduit par l’intermédiaire de l’importation de laines provenant de Nouvelle-Zélande.

Les terrils peuvent également favoriser l’expression de nouvelles formes chez une même espèce. Ainsi, la vipérine, la valériane rouge ou la saponaire présentent par endroits un type à fleurs blanches. La zone en combustion se caractérise, comme dans les régions méridionales, par une flore herbacée aimant la chaleur : le pourpier potager, la digitale pourpre. On y trouve également deux champignons caractéristiques des zones à tendance désertique : le pisolithe et l’astrée hygrométrique.

Comme pour tout milieu naturel, la faune est inféodée à un type de végétation. Dans les zones dénudées, à végétation pionnière, on pourra rencontrer des espèces inféodées aux pierriers [3] et plans d’eau temporaires [4]. Les zones dominées par la friche haute vont profiter à de nombreuses espèces d’insectes [5] comme le criquet à ailes bleues qui est une espèce très rare dans la région en dehors des terrils. La température plus élevée profite au lézard des murailles qui se trouve d’ailleurs à sa limite nord de répartition. Les zones les plus boisées vont accueillir les espèces les plus forestières [6]. Enfin, par leur relief, les terrils représentent de véritables points de repère dans le paysage et de ce fait, des points d’arrêt pour les oiseaux en migration [7].

Aujourd’hui, les terrils sont devenus des refuges pour la faune et la flore sauvage de la région pour lesquelles ils offrent des zones de quiétude et sont dépourvus de pesticides ou autres substances chimiques. Ils sont des « poumons verts » dans un espace souvent fortement urbanisé. C’est ainsi que les terrils, par leur diversité floristique et faunistique et par leur spécificité, sont devenus de vrais terrains d’études et de conservation.

Notes

[1- Par exemple, le terril n°37 de Verquin, ou les terrils n°157 et 158 d’Haveluy.

[2- Par exemple, le terril de Pinchonvalles à Avion, le terril Renard à Denain.

[3- Tel que le traquet motteux qui profite de gros blocs schisteux comme abri pour son nid.

[4- Alyte accoucheur, pelodyte ponctué, crapaud calamite.

[5- Sur la carotte sauvage et le panais sauvage se développent les chenilles du machaon.

[6- Comme le pic vert, le pic épeiche, le pinson des arbres, les pouillots.

[7- C’est le cas du merle à plastron, de la bondrée apivore ou encore du martinet noir.

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