Tourisme

La volonté de miser sur la diversité de l’offre et de privilégier un développement qualitatif et durable du tourisme et des loisirs

Un patrimoine naturel, bâti et culturel riche et varié…

La région dispose de plusieurs atouts pour asseoir et poursuivre le développement du tourisme.

Elle est dotée d’une situation géographique favorable : elle présente un réseau d’infrastructures de transport très dense et constitue un lieu de passage obligé pour les Anglais se déplaçant par la route vers l’Europe continentale. De l’ordre de 100 millions d’habitants sont présents dans un rayon de 300 km.

Le Nord - Pas-de-Calais bénéficie d’une grande diversité de paysages et de milieux naturels. Dunes, falaises, estuaires et marais contribuent à la beauté du littoral, fortement attractif. De nombreux autres paysages s’offrent au visiteur : plaines et marais, collines et monts qui constituent autant de belvédères, notamment sur le bassin minier (monts de l’Artois, mont Cassel, mont de Flandre, etc.) ; paysages forestiers, de bocage (Avesnois, Boulonnais) : écrins verts dans un territoire densément peuplé et urbanisé ; vallées encaissées qui offrent des ambiances plus intimes : Authie, Canche, Wimereux, vallée de la Solre, etc. Les milieux remarquables contribuent à la beauté des paysages et constituent pour certains des lieux de découverte du patrimoine naturel.

Forêt domaniale de Raismes (Saint-Amand-les-Eaux).

Le patrimoine bâti est également riche et varié : musées, villes, patrimoine minier, maritime et industriel, moulins, carillons, patrimoine rural… La région compte cinq villes d’art et d’histoire (Cambrai, Boulogne-sur-Mer, Saint-Omer, Roubaix, Lille) et deux villes d’art (Arras, Douai). Elle comporte également de nombreux sites militaires et du souvenir et les traces d’un passé industriel et minier. En 2002, on recense ainsi près de 14,5 millions de visiteurs dans plus de 500 équipements touristiques culturels et de loisirs. La région compte un des premiers sites de loisirs visités en France : avec plus d’un millions d’entrées, le parc zoologique du bois de Boulogne, à Lille, est le cinquième site non culturel français visité en 2006 [1].

La région voit l’organisation régulière de grands évènements attractifs : braderie de Lille (deux millions de visiteurs), rencontres internationales de cerfs-volants de Berk (500 000 visiteurs), l’Enduropole du Touquet (course motocycliste dans les dunes et sur la plage, 300 000 visiteurs), les sculptures de sable d’Hardelot (80 000 visiteurs), les carnavals de Dunkerque (40 000 visiteurs), de Cassel (15 000 visiteurs). « Lille 2004 », évènement qui marquait le statut de la ville comme capitale européenne de la culture pour l’année, a mis un coup de projecteur sur Lille et la région. Les clientèles étrangères en particulier ont triplé ou quadruplé leur fréquentation habituelle, notamment les Belges, Néerlandais et Allemands, attirés par de prestigieuses expositions et des évènements de grande ampleur. Le principe a été repris à travers l’organisation de « Lille 3000 », nouvel événement culturel qui doit être organisé tous les deux ans à partir de 2006, dans le but « d’ouvrir les esprits à la modernité, aux diverses cultures, mais aussi d’organiser fêtes et spectacles pour le plaisir de tous ».

Une offre touristique et de loisirs qui se renforce avec la reconversion et la valorisation des territoires

L’arrêt de l’activité d’extraction minière et de nombreuses industries a entraîné une nécessaire reconversion des territoires. Celle-ci s’est accompagnée d’une évolution de l’identité et du regard porté sur le territoire. Les acteurs locaux et régionaux ont souhaité valoriser des sites et des bâtiments, pour certains à l’état de friche industrielle et signes d’un déclin et de difficultés économiques pour les transformer en témoins d’une culture, d’une histoire et de valeurs communes, garants d’une mémoire et leviers pour un nouveau développement.

PNR Caps et Marais d’Opale (Maraisaud)

Sur le bassin minier, un recensement des éléments de patrimoine a été réalisé : cités minières, terrils, chevalements, édifices et sites miniers, patrimoine naturel, de guerre, etc. Restaurés, ces éléments abritent de nouveaux usages ou deviennent progressivement des supports d’une offre touristique, de loisirs (centre historique minier de Lewarde, site de Wallers-Arenberg, fosse 9-9bis à Oignies, projet de la base 11/19, aménagement de cavaliers dans le cadre de la trame verte, etc.), d’évènements culturels, sportifs (raid bassin minier par exemple) localement et à plus grande échelle (mise en réseau de sites, création de circuits, etc.).

En 2002, l’association Bassin minier Unesco a lancé officiellement le projet de candidature du Bassin minier Nord - Pas-de-Calais à l’Unesco, candidature remise à l’État français en 2005 au titre de « paysage culturel évolutif » [2]. Une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco est susceptible d’améliorer l’image du Nord - Pas-de-Calais et d’avoir une répercussion sur le développement du tourisme, en particulier minier.

De nombreux territoires ruraux valorisent également leur patrimoine au titre de l’amélioration du cadre de vie, de la préservation de l’identité rurale dans un contexte de forte urbanisation et développent de façon conjointe, ou dans la continuité, une offre touristique. Paysages, milieux naturels, petit patrimoine (églises, chapelles, calvaires, corps de ferme, etc.), gastronomie, produits du terroirs, activités nautiques, circuits de randonnées, légendes, spectacles… sont le support d’une offre touristique ou de loisirs de proximité.

PNR Scarpe-Escaut - S. Dhote.

Le développement de la « trame verte et bleue », qui concerne le bassin minier mais également l’ensemble du territoire régional, aboutit à l’offre d’espaces de loisir de proximité ainsi qu’à la création de boucles de randonnées locales, parfois intégrés à des circuits à l’échelle européenne, comme les vélo-routes et les voies vertes. Des espaces de loisirs sont aménagés, voire étendus, avec l’acquisition progressive de terrils ou de friches (poursuite de l’équipement de la base de loisirs du Val Joly par exemple).

La volonté de poursuivre et de conforter un développement durable du tourisme et des loisirs

Faisant suite aux schémas des périodes 1989-1994 et 1995-1999, le schéma régional de développement durable du tourisme et des loisirs 2005-2020 propose un cadre de référence et une charte du tourisme pour les acteurs du Nord - Pas-de-Calais. Il propose de viser un tourisme plus qualitatif que quantitatif et faire du Nord - Pas-de-Calais une région « pilote » en matière de tourisme durable.

Le schéma identifie 18 filières de développement touristique et de loisirs, dont des filières « d’identité régionale » [voir hors-texte]. Il propose de miser sur la diversité des territoires en appelant chacun à se positionner sur une ou plusieurs filières et à créer des gammes de produits touristiques liées à leur identité. Il s’agit de prendre en compte la demande actuelle des touristes qui recherchent « du vrai, de l’authentique, le retour aux racines, le partage et les échanges », de se démarquer et d’éviter une banalisation de l’offre.

La filière « mer » est identifiée comme représentant un potentiel important (activités liées à la mer et au vent, sports, plaisance, patrimoine maritime, évènementiel maritime, connaissance des milieux marins, découverte économique, etc.). L’objectif est de développer cette filière en articulation étroite avec l’arrière-pays immédiat du littoral. Il s’agit également de conforter les filières touristiques liées aux séjours d’affaires, aux loisirs récréatifs et sportifs (loisirs simples, activités récréatives), au tourisme fluvial (loisirs de bord à voie d’eau, lieux de promenade), au golf, à la remise en forme et au bien être.

En terme de clientèle, la cible prioritaire est l’habitant régional. Celui-ci doit pouvoir profiter des efforts réalisés par les collectivités publiques et le schéma souhaite favoriser sa participation active au futur développement touristique régional. Il s’agit ainsi de répondre à la demande des régionaux à travers le développement de bases de plein air et de loisirs récréatifs à proximité des grandes agglomérations, de centres sportifs, d’équipements aqualudiques, de sentiers de promenade et d’espaces verts, notamment à proximité des canaux, de parcours de pêche, etc. Il s’agit également de permettre l’appropriation des projets, de susciter un changement de regard.

Concernant la clientèle britannique, le schéma régional propose de se concentrer prioritairement sur le marché du séjour et de prendre en compte des valeurs d’éthique, en hausse, dans la conception de l’offre et notamment en terme de demande croissante de produits impliquant le respect des populations, du commerce équitable et de l’environnement. Pour les clientèles à 250 km (45 millions de personnes), les acteurs régionaux souhaitent mettre en avant le littoral, ses aménagements urbains de qualité dans les villes et stations balnéaires, ses nombreux espaces naturels préservés ainsi que la destination culturelle que constituent Lille et les réseaux de ville d’art, d’art et d’histoire, fortifiées, comme le tourisme d’affaire.

Un des enjeux est de veiller à la préservation des ressources naturelles et environnementales, plus particulièrement pour les activités qui « se nourrissent de l’environnement ».

Notes

[1- Source : Mémento du tourisme 2007, ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, direction du Tourisme.

[2- Le « paysage culturel » est un ouvrage combiné de l’homme et de la nature. Il résulte d’une exigence à l’origine sociale, économique, administrative et/ou religieuse et a atteint sa forme actuelle par association et en réponse à son environnement naturel.

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