Biodiversité, milieux naturels et paysages

La régression des milieux naturels ouverts

La régression des milieux naturels du Nord - Pas-de-Calais est dominée par la disparition d’espaces de prairies.
Ainsi, entre 1998 et 2005, plus de 2 % des prairies régionales ont été détruites, ce qui représente 4782 ha. Les espaces de friches industrielles ont également connu une forte régression (- 12 %). Pendant ce temps, en dépit de la tendance générale à la baisse des milieux naturels ouverts, les vergers et landes arbustives de la région connaissent une progression respective de 29 % et 15 %.

La forte progression des vergers met en évidence le succès des politiques de revalorisation de ce type de milieu (opération « Plantons le décor » du conseil régional, par exemple). Ainsi, dans de nombreux villages régionaux, des prairies et cultures proches des centres urbains des villages sont converties en vergers. La progression des landes arbustives peut quant à elle être attribuée à l’abandon de prairies isolées et à la mise en jachère prolongée de parcelles de cultures.

Si l’on s’intéresse aux causes de régression des milieux naturels ouverts, la figure ci-contre montre que la conversion des prairies en parcelles de cultures intensives, le reboisement et l’urbanisation constituent les trois principales causes de cette régression.

La destruction de prairies au profit d’espaces de cultures s’explique en partie par la rotation des espaces de jachère et la destruction régulière de prairies temporaires. Pour cette raison, parallèlement à leur destruction, de nombreux milieux naturels ouverts ont été créés dans la région Nord - Pas-de-Calais entre 1998 et 2005. Malgré tout, le solde de création et destruction des milieux naturels ouverts de la région est négatif. Aussi, la disparition d’une part importante des prairies est également à mettre en relation avec le moindre attrait des agriculteurs pour l’élevage. Ainsi, les régions bocagères, comme l’Avesnois ou le Boulonnais, subissent une érosion progressive de leurs espaces de prairie au profit de parcelles de cultures. De même, la plupart des ceintures bocagères des villages de l’Artois est peu à peu grignotée par les cultures intensives.

La plantation de boisements apparaît comme la seconde cause de régression des milieux naturels ouverts de la région. Cette part atteint 15 % de la surface des milieux ouverts disparus lorsque l’on cumule les reboisements récents et les peupleraies récentes.

Enfin, les nouveaux espaces urbanisés prélèvent une part conséquente des milieux naturels ouverts de la région. Si l’on cumule les parts de l’habitat résidentiel, des emprises industrielles, des zones de chantiers, de l’habitat rural et des équipements sportifs, la surface des milieux ouverts détruits entre 1998 et 2005 suite à l’urbanisation atteint près de 25 % et dépasse de loin la surface prélevée par le reboisement.